Peretz subit un « lynchage » selon Smotrich
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Peretz subit un « lynchage » selon Smotrich

Suite à la polémique autour de Rafi Peretz, qui a soutenu la thérapie de conversion homosexuelle, le ministre des Transports a pris sa défense et évoqué une dictature de la pensée

Rafi Peretz, (à droite), et Bezalel Smotrich de l'Union des partis de droite lors d'un événement de campagne à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Rafi Peretz, (à droite), et Bezalel Smotrich de l'Union des partis de droite lors d'un événement de campagne à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich a pris la défense, dimanche, du responsable politique Rafi Peretz – qui, comme lui, appartient à la formation de l’Union des partis de droite. L’homme a suscité une vive controverse après avoir exprimé son soutien à la thérapie de conversion pour les homosexuels.

Peretz, à la tête de l’Union des partis de droite et ministre de l’Education, a déclaré samedi lors d’un entretien télévisé qu’il pensait qu’il était possible de convertir les homosexuels via une thérapie et que lui-même avait expérimenté cette pratique auprès d’étudiants.

Ces propos ont entraîné des appels à sa démission de la part des députés de l’opposition et des groupes de défense des droits LGBT.

Il a été de surcroît réprimandé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a nommé Peretz à la barre du ministère de l’Education le mois dernier.

Smotrich, qui avait gardé le silence sur l’interview de Peretz pendant 24 heures et qui n’avait pas répondu aux questions concernant sa propre opinion sur la thérapie de conversion, a expliqué que les critiques de son partenaire politique s’apparentaient à un « lynchage ».

« Dans la mesure où ne pas faire part de mon opinion personnelle serait interprété comme un abandon du rabbin Rafi face au violent lynchage médiatique qu’il subit depuis hier, sachez que je me tiens dès maintenant à ses côtés », a écrit Smotrich sur Twitter.

S’il a indiqué ne pas être d’accord avec toutes les déclarations de Peretz – il n’a pas donné plus de détails -, il a accusé les critiques du ministre de l’Education « d’hypocrisie ».

Le ministre des Transports et chef de l’Union nationale Betzalel Smotrich pendant une conférence à l’université d’Ariel en Cisjordanie, le 20 juin 2019. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

« Je ne suis simplement pas prêt à accepter une réalité dans laquelle les ‘partisans de la libre expression’ et du libéralisme prouvent une fois encore qu’ils ne font qu’exercer une dictature de la pensée qui tire ses balles dans le cœur de quiconque ose exprimer quelque chose qui n’est pas conforme au discours dominant », a-t-il continué.

Smotrich a ses propres antécédents de propos controversés. Il a notamment affirmé, le mois dernier, qu’Israël devait se soumettre à la loi juive.

Il s’était également enorgueilli d’être un « homophobe fier de l’être » et, en 2006, avant son entrée en politique, il avait organisé une contre-manifestation à la Gay pride de Jérusalem, où des activistes avaient défilé dans la ville avec des chèvres et des ânes pour souligner ce qu’ils avaient qualifié « d’actes déviants » de la part des homosexuels.

Les propos de Smotrich ont été tenus après que Peretz a réagi aux critiques entraînées par ses déclarations. Il a affirmé qu’elles avaient été mal comprises et mal représentées.

Dans un long message publié sur Facebook, Peretz a clamé que ses paroles avaient été mal interprétées et sorties de leur contexte, accusant ses critiques de faire une « utilisation cynique » des prochaines élections à la Knesset et de « chercher à tirer des profits politiques au détriment de la communauté LGBT ».

« Depuis que je suis entré en politique, j’ai appris qu’un certain type de propos relevait de la liberté d’expression et qu’il y avait une liberté d’incitation contre ceux qui font état d’un point de vue différent », a-t-il écrit.

Peretz a expliqué que durant la longue interview qu’il avait accordée, il avait cherché à exprimer une vision nuancée sur la communauté LGBT et que les gros titres choisis « ne correspondent pas à la réalité ».

« Lorsque j’ai été interrogé sur la thérapie de conversion, j’ai répondu en faisant part de mon expérience personnelle, quand des étudiants sont entrés en contact avec moi et qu’ils m’ont demandé des conseils. J’ai dit que, à leur demande, je les avais dirigés vers des professionnels, et que j’avais vu que c’était possible », a-t-il écrit.

Des membres de la communauté LGBT et des militants manifestent contre le ministre de l’Éducation Rafi Peretz à Tel Aviv, le 14 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

L’Association pour l’égalité LGBTQ en Israël, Aguda, a organisé dimanche un rassemblement à Tel Aviv appelant au limogeage de Peretz tandis que les associations professionnelles ont averti que soumettre les jeunes à des thérapies de conversion pouvaient entraîner des dépressions et même le suicide.

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