Tillerson : Le Hezbollah a un rôle politique au Liban
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Tillerson : Le Hezbollah a un rôle politique au Liban

"Nous croyons que les Libanais seraient dans une meilleure situation sans le terrorisme du Hezbollah et son influence nuisible," a affirmé Steve Goldstein

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson lors d'une conférence de presse à Buenos Aires le 4 février 2018 (AFP PHOTO / ALBERTO RAGGIO)
Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson lors d'une conférence de presse à Buenos Aires le 4 février 2018 (AFP PHOTO / ALBERTO RAGGIO)

Les Etats-Unis « se tiennent au côté » du Liban, a affirmé jeudi le secrétaire d’Etat Rex Tillerson après avoir rencontré à Beyrouth le président Michel Aoun, à l’occasion de la première visite d’un responsable américain de ce rang depuis quatre ans.

Ce déplacement, dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient, intervient sur fond de tensions entre le Liban et Israël, mais aussi sur le rôle du Hezbollah, poids lourd du gouvernement libanais et allié de l’Iran, classé « groupe terroriste » par Washington.

« Les Etats-Unis se tiennent au côté du peuple libanais, pour un Liban libre et démocratique », a affirmé le chef de la diplomatie américaine, dans un message rédigé dans le livre d’or de la présidence libanaise, souhaitant « stabilité et prospérité pour l’avenir » du Liban.

A l’occasion de sa visite au Liban qui devrait être de quelques heures seulement, M. Tillerson a rencontré le président du Parlement Nabih Berri, dont le parti politique est allié au Hezbollah. Il devait encore prendre part à une conférence de presse avec le Premier ministre Saad Hariri.

La veille, à Amman, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué à propos du Hezbollah qu’il fallait « reconnaître la réalité », le fait que la puissante formation pro-iranienne faisait partie « du processus politique au Liban ».

« Nous savons que le Hezbollah libanais est influencé par l’Iran, une influence que nous considérons nuisible pour l’avenir du Liban à long terme », avait-il toutefois précisé.

La justice américaine a mis en place en janvier une équipe spéciale chargée d’enquêter sur le financement du « narcoterrorisme » présumé du puissant mouvement chiite.

Le Hezbollah est également pointé du doigt pour son rôle dans le conflit qui ravage la Syrie voisine, où ses combattants sont engagés au côté du régime de Bachar al-Assad, dont le départ est réclamé par Washington.

Pendant la visite au Liban du secrétaire d’Etat américain, Beyrouth compte par ailleurs dénoncer les « menaces israéliennes » à la frontière entre les deux pays, selon des sources diplomatiques.

Les autorités libanaises ont haussé le ton ces dernières semaines contre la construction par l’Etat hébreu d’un mur frontalier en béton qui, selon Beyrouth, empiéterait en partie sur son territoire.

Les deux voisins, techniquement en état de guerre, s’affrontent aussi sur le dossier des explorations d’hydrocarbures en Méditerranée, une question épineuse qui devrait être également évoquée, selon les diplomates libanais.

Le Liban vient de signer son premier contrat de prospection. Deux blocs sont concernés, notamment le bloc 9, dont une partie se trouverait dans une zone maritime disputée avec Israël.

Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a admis mercredi que le puissant parti libanais pro-iranien Hezbollah, faisait partie du « processus politique » au Liban, à la veille d’une visite à Beyrouth dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient.

M. Tillerson, qui répondait aux questions des journalistes lors d’une visite en Jordanie, a affirmé le soutien de Washington à « un Liban libre, démocratique et échappant à l’influence des autres ».

« Et nous savons que le Hezbollah libanais est influencé par l’Iran, une influence que nous considérons nuisible pour l’avenir du Liban à long-terme ».

Cependant, a souligné le responsable américain, « nous devons aussi reconnaître la réalité, le fait qu’il (le Hezbollah) fait également partie du processus politique au Liban ».

Ce déplacement, dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient, intervient sur fond de tensions entre le Liban et Israël, mais aussi sur le rôle du Hezbollah, poids lourd du gouvernement libanais et allié de l’Iran, classé « groupe terroriste » par Washington.

Considérée par les Etats-Unis comme un groupe terroriste, la formation chiite armée est un poids lourd de la vie politique libanaise mais elle a également joué un rôle clé dans la région notamment dans le conflit en Syrie.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri pendant une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron à l’Elysée, le 1er septembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

L’influence du Hezbollah était au cœur d’une crise politique au Liban qui a vu le Premier ministre, Saad Hariri, démissionner en novembre avant de revenir sur sa décision après avoir obtenu des partis libanais la réaffirmation d’une « distanciation » du Liban par rapport aux crises régionales, le bras de fer irano-saoudien notamment.

Le secrétaire d’Etat américain doit avoir des entretiens à Beyrouth « sur l’avenir du Liban », a-t-il expliqué, affirmant le soutien de Washington au « processus démocratique là-bas et au renforcement des forces armées libanaises, afin qu’il y ait une force de sécurité légitime sous le contrôle du gouvernement du Liban ».

Peu après les déclarations de M. Tillerson sur le poids politique du Hezbollah au Liban, le sous-secrétaire d’Etat américain, Steve Goldstein, a durci le ton sur la formation pro-iranienne affirmant : « Nous croyons que les Libanais seraient dans une meilleure situation sans le terrorisme du Hezbollah et son influence nuisible ».

Il a aussi promis que les Etats-Unis « poursuivraient leurs efforts pour soutenir la souveraineté et la stabilité du Liban ».

Par ailleurs, le chef de la diplomatie américaine a appelé au retrait de Syrie de toutes les milices pro-iraniennes, après une rencontre en Jordanie avec une délégation de négociateurs de l’opposition syrienne.

Steve Goldstein (Crédit : State Department)

Il a indiqué que son pays était « très préoccupé » par la récente confrontation entre Israël et l’Iran, après que l’Etat hébreu a bombardé le 10 février des cibles iraniennes en Syrie, perdant un F-16 touché par la défense anti-aérienne syrienne.

« Cela illustre de nouveau que la présence de l’Iran en Syrie déstabilise la région », a dit M. Tillerson lors d’une conférence de presse.

« Nous pensons que l’Iran doit retirer ses militaires et ses milices de la Syrie pour qu’un processus de paix puisse avoir lieu », a t-il ajouté.

Des milices pro-iraniennes, comme le Hezbollah libanais ont joué un rôle clé dans les victoires militaires remportées ces derniers mois par le régime syrien sur plusieurs fronts.

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