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Tourisme: Les hôteliers doutent que l’allègement des règles fasse une différence

Selon certains professionnels du secteur, le nouveau plan d'ouverture des frontières aux étrangers établit des exigences trop strictes en termes de vaccination

Des clients à la réception d'un hôtel de Tel aviv, le 27 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/ FLASH90)
Des clients à la réception d'un hôtel de Tel aviv, le 27 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/ FLASH90)

L’initiative prise par le gouvernement d’ouvrir les frontières d’Israël à certains visiteurs a entraîné le scepticisme de certains professionnels de l’industrie du tourisme qui estiment que les exigences en termes de vaccination qui figurent dans le plan limitent grandement la liste des personnes qui seront autorisées à entrer sur le territoire, a fait savoir Reuters dans la journée de dimanche.

La vaste majorité des touristes a été, dans les faits, interdite d’entrée au sein de l’État juif depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus, au mois de mars 2020. La réouverture des frontières a été reportée à de nombreuses reprises pendant l’année.

La semaine dernière, le bureau du Premier ministre a annoncé que le cabinet s’était accordé sur une réouverture des frontières d’Israël en date du 1er novembre pour les touristes vaccinés contre la COVID-19 ou ayant guéri de la maladie.

Il y a néanmoins un certain nombre de conditions à respecter, comme avoir reçu au moins une dose de rappel au cours des six mois précédents. Les touristes ne doivent pas non plus arriver en provenance des pays dits « rouges », où le taux d’infection à la maladie est élevé.

Le calendrier implique que tout touriste dont l’injection de rappel la plus récente a eu lieu avant le 1er mai sera interdit d’entrée sur le territoire israélien.

Les gérants d’hôtel à Jérusalem, Tel Aviv, Nazareth et Bethléem, en Cisjordanie, n’ont pas connu de bond du nombre de réservations, remarque l’agence de presse.

La directrice-générale de l’Association des hôtels israéliens, Yael Danieli, déclare à Reuters que de nombreux pays n’ont pas lancé de campagne de rappel de vaccin sur les populations. Si Israël, pour sa part, a mené une campagne pionnière d’administration d’une troisième dose à ses citoyens au mois d’août, les autres pays se conforment plutôt à un régime de seulement deux doses.

« Combien de touristes dans le monde ont donc reçu des rappels, ou se trouvent actuellement dans la période de six mois qui suit l’administration de leur deuxième dose ? », s’interroge-t-elle.

Autre contrainte : les enfants de moins de douze ans ne sont pas éligibles à la vaccination et il leur est donc interdit d’entrer en Israël même si leurs parents, eux, en ont le droit, remarque-t-elle.

Danieli explique que le gouvernement doit permettre aux touristes individuels de bénéficier des mêmes règles que celles qui ont été mises en place pour les petits groupes touristiques qui ne sont pas soumis à cette obligation des six mois – à condition que les membres participant à ces voyages organisés effectuent un test de dépistage au coronavirus toutes les 72 heures pendant les deux premières semaines de leur séjour dans le pays.

« Nous voulons juste faciliter les choses pour que les touristes reviennent », poursuit-elle. « Il est impossible de dire combien vont pouvoir venir avec ces mesures ».

Les règles régissant l’accès au territoire israélien ont aussi un impact sur la Cisjordanie, les visiteurs devant franchir les contrôles aux frontières qui sont effectués par les Israéliens.

Joey Canavati, manager de l’Alexander Hotel de Bethléem, dit à Reuters que même si le plan mis en place pour le mois de novembre est « une initiative formidable », il n’attend pas beaucoup de changement concernant la fréquentation touristique avant l’année prochaine.

« Aujourd’hui, nous voulons juste cesser l’hémorragie, nous voulons cesser de puiser dans nos économies », s’exclame-t-il.

Sous ces nouvelles règles, seuls les touristes qui ont été vaccinés au cours des 180 jours précédant leur embarquement dans l’avion seront autorisés à entrer en Israël. Dans le cas du vaccin Pfizer, sept jours doivent s’être écoulés entre la deuxième injection (ou rappel) et l’entrée en Israël. Dans le cas de Moderna, Astrazeneca, Johnson & Johnson (une dose unique), Sinovac et Sinopharm, ce délai sera relevé à 14 jours.

Après avoir annoncé son plan, la semaine dernière, le bureau du Premier ministre a fait savoir que ce dernier – qui doit encore être approuvé par le cabinet Corona – pourrait être réactualisé pour prendre en considération toute menace posée par de nouveaux variants du virus. Plusieurs cas du nouveau variant AY4.2 ont d’ores et déjà été enregistrés au sein de l’État juif.

En vertu de la réglementation actuelle, les touristes n’ont commencé à arriver en groupes organisés qu’au mois de mai, mais de manière très limitée. Seuls les proches au premier degré de citoyens ou de résidents israéliens ont dû demander des visas spéciaux pour se rendre dans le pays, après avoir fournir de multiples documents.

Selon les règles actuelles et nouvelles, tous les voyageurs en Israël doivent se soumettre à un test PCR 72 heures avant leur départ et ils sont à nouveau dépistés lors de leur atterrissage à l’aéroport Ben-Gurion. Les voyageurs vaccinés doivent rester à l’isolement pendant vingt-quatre heures ou jusqu’à réception d’un résultat de test négatif. Les nouveaux-arrivants non-vaccinés doivent se mettre en quatorzaine pendant deux semaines, une période qui peut être raccourcie à sept jours avec deux résultats négatifs de tests au premier et au septième jours 1 et 7.

Israël semble s’extraire de sa quatrième vague de coronavirus et le nombre de nouvelles infections et de cas graves a nettement baissé ces dernières semaines.

Le tourisme a chuté de 80 % pendant l’année 2020 – un plongeon par rapport au nombre-record de touristes qui avait été enregistré en 2019. L’industrie, cette année-là, avait ramené 7,2 milliards de dollars à l’économie.

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