Treize minutes de silence pour la Journée contre les violences faites aux femmes
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Treize minutes de silence pour la Journée contre les violences faites aux femmes

Le pays a rendu hommage aux 13 femmes tuées par des proches en 2019 ; des immeubles ont été illuminés en rouge, et la Knesset a organisé des audiences sur la violence domestique

Des femmes manifestent place Safra à Jérusalem contre les violences faites aux femmes, le 4 décembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des femmes manifestent place Safra à Jérusalem contre les violences faites aux femmes, le 4 décembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les Israéliens ont marqué la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ce lundi par une grève dans l’ensemble du pays en mémoire des 13 femmes tuées par un membre de leur famille depuis le début de l’année 2019, dont 3 le mois dernier.

La grève a eu lieu à 10 heures du matin. De nombreux immeubles et structures ont été illuminés en rouge dimanche soir en l’honneur de cette journée, notamment le Pont des Cordes à Jérusalem.

La Knesset a également entendu lundi des agences gouvernementales et des organisations consacrées aux violences domestiques. Les auditions ont été menées par des élues de diverses formations politiques, notamment Miki Haimovitch, Pnina Tamano Shata et Orna Barbivai (Kakhol lavan), Michal Shir et Keren Barak (Likud), Aida Touma Souleiman (Liste arabe unie), Revital Swed (Alliance travaillistre-Gesher) et Yulia Melinovsky (Yisrael Beytenu), selon la Douzième chaîne.

Les auditions de lundi comprendront des témoignages de victimes de violences domestiques.

Benny Gantz, président de Kakhol lavan a appelé à des solutions pratiques pour lutter contre le phénomène en Israël.

« Nous avons tous vu les chiffres choquants, mais nous devons garder à l’esprit que les statistiques ne sont qu’un outil et que derrière ces statistiques, il y a des gens, il y a des femmes. La protection de l’Etat est un besoin fondamental et profondément enraciné dans chaque individu », a-t-il dit durant une conférence sur la question à Jérusalem.

« Nous serons un meilleur pays une fois que nous aurons introduit des solutions pratiques contre les violences faites aux femmes », a-t-il ajouté.

Lundi, la Knesset a également organisé une projection du film « Refuge » par la réalisatrice Ayelet Dekel, qui suit des femmes d’origines diverses – arabes, ultra-orthodoxes et séculaires – dans leur parcours dans les foyers pour femmes battues.

A la mairie de Tel Aviv, dans le cadre d’une exposition intitulée « Elle est partie », les vêtements de femmes tuées par leurs conjoints ont été exposés.

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a été établie par l’Assemblée générale des Nations unies en 2013 pour sensibiliser aux violences faites aux femmes, tout particulièrement celles commises par leur famille et leurs proches.

Ces violences, estime la professeure et thérapeute de couple Mally Shechory Bitton, concernent toutes les populations et tous les milieux socio-économiques.

A lire : Des femmes ultra-orthodoxes se lèvent contre les violences domestiques

Mais dans les sociétés traditionalistes comme les communautés ultra-orthodoxes et arabes, elles font l’objet d’un tabou et d’une omerta, déplorent les experts.

Michal Sela, retrouvée poignardée à mort chez elle, près de Jérusalem, le 3 octobre 2019. (Facebook)Au début du mois, Eliran Malul, 34 ans, a été mis en examen pour le meurtre de sa femme, Michal Sela, 32 ans. Cette affaire avait secoué les Israéliens

L’an dernier, 25 femmes ont été tuées en Israël lors d’incidents de ce genre, un chiffre record qui a donné lieu à de nombreuses manifestations et appels à l’action face à la violence croissante dirigée contre les femmes en Israël. De nombreuses victimes avaient porté plainte à la police avant leur décès, car elles craignaient pour leur sécurité.

En octobre, le ministère des Affaires sociales a émis un rapport sur la violence conjugale en 2018, lequel a mis en évidence une augmentation du nombre de signalements.

Selon le ministère, le nombre de femmes appelant les numéros d’appel dédiés ont augmenté de 160 % entre 2014 et 2018, et plus de 6 000 victimes de violences domestiques ont été soignées l’an dernier. En 2018, 1 219 femmes ont contacté le service pour signaler des violences conjugales.

Selon le rapport du ministère; 163 femmes ont été tuées par leur mari depuis 2004 – sept en 218, neuf en 2017, 11 en 2016, 12 en 2015, 10 en 2013 et 10 en 2014. Ce chiffre ne concerne que les femmes tuées par leur époux, pas celles tuées par d’autres membres de leur famille.

Un quart des femmes tuées pendant cette période étaient de nouvelles immigrantes d’ex-URSS, 20 % étaient originaires d’Ethiopie, 20 % étaient Arabes et 34 % étaient nées en Israël.

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