Triple attentat-suicide à l’aéroport d’Istanbul
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Triple attentat-suicide à l’aéroport d’Istanbul

L'EI pointé ; Tous les vols suspendus à l'aéroport Atatürk - le plus grand aéroport de Turquie et le 11e dans le monde ; vague d'attentats qui a fait plus de 200 morts et des dizaines de blessés en Turquie

Des policiers mettent en place un périmètre de sécurité après le triple attentat suicide de l'aéroport Atatürk d'Istanbul, le 28 juin 2016. (Crédit : AFP/Ilhas)
Des policiers mettent en place un périmètre de sécurité après le triple attentat suicide de l'aéroport Atatürk d'Istanbul, le 28 juin 2016. (Crédit : AFP/Ilhas)

Tous les vols ont été suspendus mardi soir a l’aéroport international Atatürk d’Istanbul, le plus grand de Turquie, après un triple attentat suicide qui a fait au moins 36 morts et 88 blessés, selon le dernier bilan.

Un précédent bilan fourni par le gouverneur de la première mégapole de Turquie, Vasip Sahin, faisait état de 28 morts et de 60 blessés.

« Selon les dernières informations, 36 personnes ont perdu la vie », a dit Binali Yildirim devant la presse sur les lieux de l’attaque, indiquant que « les indices pointent Daech » (acronyme arabe du groupe Etat islamique). Il a fait état de « nombreux blessés ».

Turkish Airlines a suspendu ses embarquements à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv après l’attentat.

« Les deux seuls vols de ce soir entre Atatürk et Tel Aviv ont déjà atterri. Un vol pour Istanbul a décollé il y a environ une heure, et atterrira probablement dans un autre aéroport. Deux vols Turkish Airlines devaient décoller ce soir pour Istanbul, et nous recommandons aux personnes devant voler avec la compagnie de s’informer sur internet », a déclaré l’autorité israélienne des aéroports.

Cet aérodrome situé sur la partie européenne de la mégapole est l’un des plus fréquentés au monde. Un deuxième aéroport se trouve dans la partie asiatique de la ville habitée par quelque 15 millions de personnes.

« Trois kamikazes ont mené une attaque », avait indiqué Vasip Sahin aux journalistes.

Les trois kamikazes ne sont pas repris dans le bilan des morts.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté à une « lutte commune » internationale contre le terrorisme, dans un communiqué publié après l’attentat d’Istanbul.

« J’espère vivement que l’attaque visant l’aéroport Ataturk sera un tournant, une charnière, pour la lutte commune à mener, avec en tête les pays Occidentaux, sur toute la planète contre les organisations terroristes », a estimé le chef de l’Etat turc dans un communiqué publié par son service de presse.

Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/Adem Altan)
Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/Adem Altan)

Selon les autorités, des explosions ont d’abord eu lieu à l’entrée du terminal des vols internationaux vers 22H00 (19H00 GMT). Les assaillants ont mitraillé des passagers ainsi que des policiers en faction, une fusillade a éclaté et les kamikazes se sont fait sauter.

L’attentat n’avait pas été revendiqué trois heures plus tard et des responsables turcs ont estimé prématuré de l’attribuer au jihadisme, tandis que l’agence de presse Dogan évoquait la piste du groupe Etat islamique, en citant des policiers.

La télévision a diffusé des images très impressionnantes sur lesquelles on voit un policier tirer sur un terroriste puis celui-ci, blessé, tomber au sol en actionnant sa charge.

Un grand mouvement de panique s’est emparé du terminal des vols étrangers lorsque deux violentes explosions suivies de coups de feu ont d’abord été entendues.

Plus d’une dizaine d’ambulances ont été dépêchées sirènes hurlantes vers le terminal des vols internationaux, a indiqué la chaîne d’information CNN-Türk, tandis que de nombreux policiers se trouvaient sur les lieux.

« C’était très fort, tout le monde a paniqué et s’est mis à courir dans toutes les directions », a déclaré l’un d’eux sur CNN-Türk au sujet des deux violentes déflagrations.

Rebelles kurdes ou jihadistes

Tous les vols ont été suspendus au départ d’Ataturk, le plus grand aéroport de Turquie et le 11e dans le monde, qui a vu transiter l’an dernier quelque 60 millions de passagers.

« Je peux confirmer que tous les vols vont être reroutés sur les aéroports environnants », a déclaré un responsable aéroportuaire à l’AFP.

Le Premier ministre Binali Yildirim est immédiatement parti d’Ankara pour Istanbul tandis qu’une réunion de crise a été organisée dans la capitale autour de plusieurs ministres.

Binali Yildirim, le Premier ministre turc. (Crédit : capture d'écran AFP/chan)
Binali Yildirim, le Premier ministre turc. (Crédit : capture d’écran AFP/chan)

De nombreux policiers déployés sur les lieux ont établi un périmètre de sécurité, selon les images, au tour duquel étaient rassemblés des groupes de personnes.

Des photos diffusées sur les réseaux sociaux montraient d’importants dégâts matériels à l’intérieur du terminal et des passagers gisant au sol.

Abdullah Agar, un expert des affaires de sécurité et de terrorisme, interrogé par CNN-Türk, a privilégié la thèse d’un attentat jihadiste.

« Cela ressemble beaucoup à leurs méthodes », a-t-il dit, en référence aux attaques survenues dans l’aéroport et le métro de Bruxelles. L’aéroport de la capitale belge, frappé le 22 mars dernier, a d’ailleurs adressé ses condoléances à la Turquie sur Twitter.

Un autre aéroport d’Istanbul, Sabiha Gokcen, avait été la cible en décembre d’un attentat qui avait fait un mort, un employé.

Les consulats américain et français ont conseillé à leurs ressortissants de ne pas se rendre dans la zone de l’aéroport.

« Je veux condamner fermement cette attaque », a déclaré le chef de l’Etat français, qui redoute que « ces actes terroristes qui viennent après d’autres n’aient comme conséquence que de rendre la situation encore plus difficile en Turquie ».

« Nous avons appris qu’il y avait eu un attentat très grave à Istanbul avec au moins 28 morts au moment où je m’exprime sans qu’il soit possible de savoir encore l’identité des victimes », a-t-il indiqué.

« L’aéroport international Ataturk, comme l’aéroport de Bruxelles qui a été attaqué plus tôt cette année, est le symbole des connexions internationales et des liens qui nous unissent », a affirmé le porte-parole de l’exécutif américain Josh Earnest.

« Nous restons loyaux dans notre soutien à la Turquie, notre allié et notre partenaire dans l’Otan, comme avec tous nos amis et alliés dans le monde, alors que nous continuons à affronter la menace du terrorisme ».

L’ambassade d’Israël en Turquie a « durement condamné l’odieux attentat terroriste qui a eu lieu hier à l’aéroport Atatürk d’Istanbul et a emporté les vies de personnes innocentes. Nous transmettons nos condoléances au gouvernement turc, au peuple turc, et aux familles de ceux qui ont perdu la vie ; et nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. »

İsrail, dün İstanbul Atatürk Havalimanında gercekleşen ve birçok masum insanın hayatını kaybetmesine yol açan çirkin…

Posted by İsrail Türkiye'de on Wednesday, 29 June 2016

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a « condamné l’attaque terroriste » de mardi à l’aéroport d’Istanbul et réclamé une coopération internationale accrue pour combattre de tels actes.

Dans un communiqué, M. Ban exprime « sa profonde sympathie et ses condoléances » aux familles des victimes et au gouvernement turc.

Il « espère que les auteurs de ce crime seront identifiés et poursuivis en justice ».

Il déclare « se tenir fermement aux côtés de la Turquie face à cette menace » et il souligne « la nécessité d’intensifier les efforts régionaux et internationaux pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent ».

Le président français a dit ignorer encore « bien sûr (qui étaient) les terroristes qui ont pu commettre cet acte abominable ».

Le Premier ministre français Manuel Valls (L), et le président français François Hollande (R), reviennent à pied à l'Elysée le 15 juin 2016, à Paris, après une cérémonie au ministère de l'Intérieur pour rendre un hommage à un policier français et sa compagne, qui ont été tués le 13 Juin par un homme se réclamant du groupe Etat islamique. (Crédit :  AFP/ ALAIN JOCARD)
Le Premier ministre français Manuel Valls (L), et le président français François Hollande (R), reviennent à pied à l’Elysée le 15 juin 2016, à Paris, après une cérémonie au ministère de l’Intérieur pour rendre un hommage à un policier français et sa compagne, qui ont été tués le 13 Juin par un homme se réclamant du groupe Etat islamique. (Crédit : AFP/ ALAIN JOCARD)

Il s’agit désormais de « faire en sorte que nous puissions connaître exactement les auteurs pour, qu’ensemble, nous puissions faire tout ce qu’il est possible d’engager contre le terrorisme, notamment dans cette région », a souligné François Hollande.

« Nous devons agir – c’est ce que nous faisons aussi pour l’Europe et la France -, coordonner encore davantage nos services et mener autant qu’il est possible les actions nécessaires contre le terrorisme et les trafics », a-t-il plaidé.

Le Premier ministre français Manuel Valls a également réagi.

« Horrifié par l’attentat barbare à l’aéroport d’#Istanbul. La France avec les Turcs contre le terrorisme. », a-t-il écrit sur twitter.

Les deux plus grandes villes de Turquie, Istanbul et Ankara, ont été secouées depuis l’an dernier par une vague d’attentats qui a fait plus de 200 morts et des dizaines de blessés.

Ceux-ci ont souvent visé des lieux touristiques emblématiques — provoquant une chute rapide du tourisme – ou les forces de sécurité turques.

Ils ont été attribués à l’EI — qui n’en a jamais revendiqué aucun – ou aux rebelles kurdes, notamment aux TAK, une émanation du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan qui a repris les armes il y a un an contre le pouvoir turc après un cessez-le-feu de deux ans.

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