Trois arrestations pour des attaques lors de manifestations anti-Netanyahu
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Trois arrestations pour des attaques lors de manifestations anti-Netanyahu

Un homme est soupçonné d'avoir lancé du gaz lacrymogène sur les manifestants à Ramat Gan et deux autres auraient agressé des participants dans le sud du pays & à Jérusalem

Capture d'écran d'une vidéo d'un conducteur qui aurait lancé des gaz lacrymogènes présumés par la fenêtre d'une voiture vers des manifestants anti-Netanyahu, au carrefour Adulf Sadeh, le 25 juillet 2020 (Crédit :  Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo d'un conducteur qui aurait lancé des gaz lacrymogènes présumés par la fenêtre d'une voiture vers des manifestants anti-Netanyahu, au carrefour Adulf Sadeh, le 25 juillet 2020 (Crédit : Twitter)

La police a arrêté trois personnes dans la nuit de samedi ainsi que dimanche matin. Les individus sont soupçonnés d’être impliqués dans des agressions – notamment une agression au gaz lacrymogène et une attaque à l’arme blanche présumée – contre des activistes qui participaient à des manifestations d’ampleur contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ces violences sont survenues alors que des milliers d’Israéliens réclament la démission du Premier ministre et dénoncent son gouvernement sur les places des villes, aux intersections centrales et aux abords de ponts autoroutiers samedi dans tout le pays, dans le cadre d’un mouvement de protestation croissant.

Ces mouvements de protestation ont entraîné l’opposition de certains partisans du Premier ministre et certaines agressions qui ont été commises ont été attribuées à des soutiens de Netanyahu. Des politiciens, notamment certains issus de la coalition au pouvoir du Premier ministre, ont condamné les attaques contre des citoyens, rappelant le droit à manifester.

Un résident de Ramat Gan, âgé de 34 ans, a été arrêté pour avoir lancé des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui s’étaient installés aux abords de l’échangeur Aluf Sade, a indiqué la police dans un communiqué émis dimanche. Le suspect devrait être présenté à une audience de mise en détention qui aura lieu devant la cour des magistrats de Tel Aviv dans la journée et la police a noté qu’elle demanderait son maintien derrière les barreaux.

Une vidéo de l’incident a montré une voiture ralentissant alors qu’elle passait devant les protestataires, le gaz s’échappant de la fenêtre ouverte. Quelques instants plus tard, les manifestants se détournent, cherchant visiblement à se soustraire à l’effet de ce dernier.

Dans le sud du pays, un résident local âgé d’une vingtaine d’années a été arrêté, soupçonné d’être impliqué dans une altercation survenue au carrefour de Shaar HaNegev qui a entraîné une blessure légère à la nuque chez un manifestant, commise apparemment par arme blanche.

La police a fait savoir qu’elle réclamerait le prolongement de la détention du suspect et qu’elle cherchait actuellement d’autres personnes qui auraient été impliquées dans l’incident.

L’homme qui a été blessé, Nir Saar, a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne qu’il était en train de participer, avec un petit groupe, à un mouvement de protestation pacifique au carrefour et alors qu’ils s’apprêtaient à partir, deux hommes étaient arrivés et avaient commencé à déchirer les panneaux brandis par les personnes présentes.

Cinq voitures étaient arrivées en renfort, amenant 15 personnes de plus, âgés en majorité d’une vingtaine d’années. Ils étaient également accompagnés par des quadragénaires et des quinquagénaires, a ajouté Saar qui a été pris en charge pour de légères lacérations à la nuque.

« Ils cherchaient la bagarre », a continué Saar. « Ce n’est pas comme si j’avais dit quelque chose et qu’on m’ait répondu ensuite, avec une situation qui dégénère. Non : Ils étaient venus pour se battre et ils avaient l’air parfaitement organisés ».

« Ils nous sont rentrés dedans, ils nous ont insultés – c’était vraiment déplaisant », s’est-il souvenu. « La blessure que j’ai à la nuque n’est rien en comparaison du sentiment de terreur qui vous envahit quand on vous menace, et que vous êtes à côté de vos enfants. Les enfants hurlaient, ils pleuraient ».

Saar a ajouté que l’un de ses amis – qui se trouvait également avec ses enfants – avait été agressé et que lorsqu’il était allé vers lui pour tenter de l’aider, « j’ai senti soudainement un coup fort qui m’a été porté à la nuque ».

Une image partagée sur les réseaux sociaux a montré une blessure profonde et sanguinolente logée dans le cou de Saar.

A Jérusalem, des manifestants qui quittaient un rassemblement anti-Netanyahu aux abords de sa résidence ont indiqué qu’ils avaient été harcelés ou attaqués par un groupe de personnes habillées de noir sur la rue Lincoln, une artère voisine.

Une personne a déclaré au quotidien Haaretz qu’elle et un ami avaient été arrêtés par le groupe et attaqués après leur refus de dire s’ils étaient des partisans ou des détracteurs du Premier ministre.

Après avoir pris en charge l’incident, la police a expliqué qu’un homme de 27 ans avait été arrêté sur la rue Lincoln en possession de gaz lacrymogènes et de stupéfiants. Cinq autres individus ont été emprisonnés pour troubles à l’ordre public.

Un témoin oculaire a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne que six hommes vêtus de noir avaient attaqué un manifestant, le frappant et brisant une bouteille de verre sur lui.

Jeudi, des manifestants anti-Netanyahu qui quittaient les abords de la résidence du Premier ministre Netanyahu après un rassemblement auraient également été agressés par un groupe de personnes habillées en noir, membres du gang La Familia au sein des supporters du club de football du Beitar Jerusalem, qui s’étaient rassemblés en soutien à Netanyahu. Le groupe est connu pour ses implications dans des agressions racistes et homophobes dans la ville, ainsi que pour ses violences contre les soutiens d’autres équipes de football.

Des manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de sa résidence officielle à Jérusalem, le 25 juillet 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Parmi ceux qui ont condamné les attaques commises à l’encontre des manifestants, le ministre de la Défense Benny Gantz qui a écrit sur Twitter, dimanche matin, que « le droit à manifester est sacré ».

« Tous ceux qui s’en prennent à des manifestants et les menacent de violences doivent être sévèrement punis », a-t-il écrit.

Le ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, a pour sa part écrit sur Twitter qu’il condamnait avec force les attaques contre les protestataires et il a demandé à la police d’enquêter sur les incidents.

Il a vivement recommandé une « tolérance zéro pour les violences sous toutes leurs formes, et ce avant qu’il ne soit trop tard. Les citoyens, dans ce pays, ont le droit d’aller manifester et je garantirai qu’ils conserveront ce droit par tous les moyens possibles ».

Le ministre de l’Economie Amir Peretz a, lui aussi, dénoncé l’attaque.

« Le droit à manifester est un droit fondamental accordé à tous les citoyens israéliens », a-t-il écrit, appelant la police à protéger les manifestants et à « passer à l’acte rapidement contre les agresseurs ».

Ces événements ont eu lieu quelques jours après des plaintes du ministre de la Sécurité intérieure, Amir Ohana, qui aurait déploré que la police traitait les manifestants anti-Netanyahu avec trop de douceur.

Netanyahu et certains de ses partisans se sont exprimés en condamnant les manifestants qu’ils ont qualifiés « d’anarchistes ».

Ce mouvement de protestation a attiré des milliers d’Israéliens furieux contre la corruption gouvernementale, la gestion de la crise du coronavirus, et autres maux sociétaux. Les rassemblements de samedi ont semblé être les plus importants depuis que les mouvements de protestation ont commencé à augmenter, au début du mois.

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