Trois Érythréens inculpés à Tel Aviv du meurtre d’un quatrième, soutien d’Asmara
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Trois Érythréens inculpés à Tel Aviv du meurtre d’un quatrième, soutien d’Asmara

Un quatrième Érythréen a également été mis en examen pour agression ; le sud de Tel Aviv est actuellement le théâtre de heurts entre les pro-régime érythréen et leurs opposants

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des migrants érythréens manifestent devant l'ambassade de l'Union européenne à Ramat Gan, près de Tel Aviv, demandant à l'UE de juger les dirigeants érythréens pour crimes contre l'humanité, le 21 juin 2016 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des migrants érythréens manifestent devant l'ambassade de l'Union européenne à Ramat Gan, près de Tel Aviv, demandant à l'UE de juger les dirigeants érythréens pour crimes contre l'humanité, le 21 juin 2016 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Trois demandeurs d’asile érythréens ont été mis en examen pour le meurtre le mois dernier à Tel Aviv d’un quatrième migrant qui soutenait le régime du pays d’Afrique.

Les actes d’inculpation, déposés mardi devant le tribunal de Tel Aviv, accusent ces derniers d’avoir poignardé et passé à tabac Kiros Barigever, le 3 décembre 2019, le blessant grièvement. Barigever est mort quelques jours plus tard à l’hôpital.

Un quatrième migrant érythréen a été inculpé pour agression.

Selon les documents judiciaires, les accusés ont tendu une embuscade à leur victime alors qu’elle descendait la rue Hativka à Tel Aviv. Ils l’ont attaquée avec des barres de fer et un couteau qu’ils avaient apportés.

Après cette agression, le groupe a continué à attaquer d’autres demandeurs d’asile érythréens dans la même soirée, selon les documents d’inculpation, a rapporté le site d’information Ynet.

L’attaque est intervenue dans un contexte de violence continue au sein de la communauté de demandeurs d’asile érythréens entre ceux qui soutiennent le régime de leur pays d’origine et ceux qui s’y opposent. Les affrontements, devenus de plus en plus violents, ont conduit à une guerre de terrain dans laquelle chaque camp contrôle certaines rues du sud de Tel Aviv, où vivent ces migrants, a rapporté Haaretz.

Le décès du mois dernier constitue la première victime de ces heurts.

Alors que les migrants qui soutiennent le régime érythréen, et ne sont donc pas menacés de persécution, ne sont pas en théorie concernés par le statut de réfugié selon les règles des Nations unies, les autorités israéliennes ne font pas de distinction entre demandeurs d’asile en se basant sur leurs affiliations politiques, a expliqué Haaretz.

Des demandeurs d’asile érythréens à l’extérieur du centre de détention de Holot dans le sud d’Israël, 29 janvier 2018 (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)

Environ 40 000 migrants soudanais et érythréens sont arrivés en Israël, souvent dans le sud de Tel Aviv. Alors que des organisations non gouvernementales en Israël et des groupes juifs de défense de droits civiques les considèrent comme des réfugiés, leurs opposants les perçoivent comme des « infiltrés » qui se sont installés en Israël pour des raisons économiques, et non pour fuir les persécutions.

La majorité des demandeurs d’asile africains aujourd’hui présents dans le pays sont arrivés entre 2006 et 2012. En 2010, au sommet de la vague des demandeurs d’asile traversant le Sinaï à destination d’Israël, 1 300 personnes ont franchi illégalement la frontière chaque mois.

Une fois de l’autre côté de la frontière, ils étaient arrêtés par des soldats et conduits vers des centres de détention coordonnés avec l’Autorité de population. Ensuite, beaucoup ont reçu des tickets de bus pour rallier Tel Aviv, mais aucune autre aide.

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