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Trump affirme pouvoir contrôler les actions de Tsahal au Liban car les Israéliens le respectent

Toutefois, Israël aurait rejeté une demande privée des États-Unis de se retirer du Liban ; le président déclare que ses relations avec Benjamin Netanyahu sont "bonnes, mais qu'il faut le rappeler à la raison"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se saluant lors d'une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se saluant lors d'une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Le président américain Donald Trump a déclaré cette semaine qu’il serait en mesure d’empêcher Israël de lancer de nouvelles attaques au Liban, car ce pays lui témoigne un grand respect en raison de ses politiques antérieures à l’égard de la République islamique d’Iran.

Lors d’une interview accordée à Axios et enregistrée jeudi pour une diffusion vendredi, on a demandé à Trump s’il serait en mesure « d’empêcher Israël d’attaquer le Liban », alors que Washington et Jérusalem ont publiquement exprimé leur désaccord quant à la décision de lier l’offensive israélienne contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah au protocole d’accord controversé entre les États-Unis et l’Iran.

« Oui, je le pourrai », a répondu le président.

« Ils me respectent énormément et font ce que je leur dis », a-t-il ajouté, rappelant comment il avait retiré les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, connu sous l’acronyme JCPOA, orchestré par l’administration Obama et auquel Jérusalem était opposée, ainsi que l’attaque de grande envergure qu’il avait autorisée contre les trois principaux sites nucléaires iraniens lors de la guerre de douze jours qui a opposé Israël à la République islamique d’Iran en juin dernier.

Trump s’est agacé de l’ampleur des attaques israéliennes au Liban ces derniers jours, affirmant qu’elles avaient entravé les efforts visant à conclure et à maintenir un accord avec l’Iran.

Israël a accepté de s’abstenir d’attaquer Beyrouth en réponse à cette colère américaine, mais a maintenu ses troupes dans une vaste zone tampon au sud du Liban, ce qui semble violer les termes de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, qui stipule que toutes les opérations militaires au Liban doivent cesser.

Les secouristes et la population recherchant des survivants sous les décombres d’un bâtiment détruit, touché par une frappe aérienne israélienne dans le village de Qannarit, au sud du Liban, le 20 juin 2026. (Crédit : Mohammed Zaatari/AP)

Le protocole d’accord, signé par le président américain et son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, vise à mettre fin à un conflit qui a débuté le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Il prévoit la cessation des combats entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés sur tous les fronts, y compris au Liban. Il prévoit également la réouverture du détroit d’Ormuz et le lancement de 60 jours de négociations sur des questions plus larges, notamment le programme nucléaire de Téhéran.

Israël n’a pas pris part aux négociations menant à cet accord et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, s’en est distancié. Néanmoins, les termes de la clause d’ouverture, qui mettent définitivement fin à la guerre et excluent toute reprise des hostilités, indiquent que cet accord lie les États-Unis, l’Iran et leurs alliés. Les responsables israéliens s’opposent farouchement à cet accord, car il ne répond à aucun des objectifs clés de la guerre, notamment l’élimination des programmes nucléaires et de missiles balistiques de l’Iran et la création de conditions favorables à la chute du régime.

Indépendamment de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, un responsable américain a annoncé vendredi un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, qui aurait pris effet à 16 h, heure locale. Si des sources israéliennes et du groupe terroriste chiite libanais ont par la suite confirmé cet accord à Reuters, les deux camps ont continué à s’échanger des tirs vendredi soir et samedi, chacun accusant l’autre d’avoir violé les termes du cessez-le-feu.

En réponse à la présence continue de l’armée israélienne au Liban et aux attaques contre le Hezbollah, proxy de Téhéran, l’Iran a annoncé, samedi, qu’il refermait à nouveau le détroit d’Ormuz. Samedi soir, les États-Unis n’avaient toujours pas appelé publiquement Israël à retirer ses troupes du Liban.

Des responsables américains auraient formulé cette demande en privé, mais se seraient heurtés à un refus, ce qui contredirait directement l’affirmation de Trump selon laquelle Jérusalem peut faire ce qu’il veut en ce qui concerne le Liban.

Interrogé par Axios sur ses relations avec Netanyahu, le président américain a répondu qu’elles étaient « bonnes, mais qu’il fallait le raisonner un peu ».

Les relations entre les deux dirigeants semblent de plus en plus tendues depuis que les États-Unis ont imposé un cessez-le-feu à Israël au milieu des affrontements avec l’Iran en avril, Trump l’ayant notamment qualifié de « fucking crazy » et déclaré qu’il n’avait « aucun putain de jugement », entre autres. Mais il a également fait l’éloge de leur relation, la qualifiant de « très bonne » et « d’incroyable ».

Vendredi, le président américain a une nouvelle fois semblé tenter d’apaiser les tensions avec le dirigeant israélien.

Le président américain Donald Trump prononçant un discours après avoir visité le tout dernier avion de la flotte présidentielle, à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, le 19 juin 2026. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via AFP)

« Nous nous sommes très bien battus aux côtés d’Israël et nous entretenons d’excellentes relations avec ce pays », a-t-il déclaré lors d’une allocution prononcée à l’occasion de l’inauguration d’un nouvel Air Force One offert par le Qatar aux États-Unis.

Faisant le bilan de ces semaines de combat contre l’Iran, Trump a salué les alliés de Washington dans le Golfe pour avoir « combattu à nos côtés », ainsi que le « Premier ministre guerrier Netanyahu ».

« Ils devraient lui en accorder le crédit », a-t-il déclaré à propos de Netanyahu.

« Nous nous sommes vraiment battus avec acharnement aux côtés d’Israël. »

Mais à peine un jour plus tard, il a partagé sur son compte Truth Social un article intitulé « Trump tient les cartes dans les chances de réélection incertaines de Netanyahu ».

Il n’a pas ajouté de commentaire supplémentaire, mais semblait apprécier la conclusion de l’article selon laquelle c’est lui qui tient le destin de Netanyahu entre ses mains.

Jeudi, il a en effet déclaré à la chaîne publique Kan qu’il soutiendrait « très probablement » Netanyahu lors des élections israéliennes prévues plus tard cette année, mais qu’il souhaitait d’abord voir qui d’autre se présenterait contre lui.

« Je vais devoir voir qui se présente, mais j’apprécie beaucoup Bibi », a-t-il déclaré.

« Je le soutiendrais très probablement. »

Les adversaires de Netanyahu sont actuellement l’ancien chef d’état-major de Tsahal et chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, ainsi que l’ancien Premier ministre et chef du parti « BeYahad », Naftali Bennett.

Les propos de Trump font suite à un reportage diffusé en Israël en début de semaine, selon lequel le Likud de Netanyahu aurait mis en pause une campagne électorale prévue, censée mettre en avant les liens entre le Premier ministre et Trump, car il a été estimé que cela ne lui serait d’aucun secours compte tenu des retombées nationales liées à l’accord entre les États-Unis et l’Iran.

Un sondage publié jeudi par la chaîne N12 a en effet révélé que seuls 13 % des Israéliens font confiance à Trump pour défendre les intérêts de l’État juif, tandis que 71 % ont déclaré ne pas y croire. L’enquête a également révélé que 52 % des personnes interrogées estimaient que la conduite de Netanyahu avait nui aux intérêts israéliens dans le cadre de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, tandis que 24 % considéraient qu’elle y avait contribué et 24 % déclaraient ne pas savoir.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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