Trump déplore les guerres au Moyen Orient et accuse Clinton
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Trump déplore les guerres au Moyen Orient et accuse Clinton

Le texte préparé pour le discours de jeudi soir ne mentionne Israël qu’en passant, critique l’accord iranien, et double la mise sur le slogan controversé ‘America First’

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle, pendant un meeting de campagne à Concord, en Caroline du Nord, le 7 mars 2016. (Crédit : AFP/Sean Rayford/Getty Images)
Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle, pendant un meeting de campagne à Concord, en Caroline du Nord, le 7 mars 2016. (Crédit : AFP/Sean Rayford/Getty Images)

CLEVELAND – Le nominé républicain Donald Trump prévoit de fustiger l’implication militaire américaine au Moyen Orient sous les deux derniers présidents, et de promettre de travailler avec Israël pour améliorer les crises régionales, selon un projet de discours distribué jeudi soir à la presse.

Le texte, qui ne compte qu’une référence à l’Etat juif, accuse les administrations de George W. Bush et de Barack Obama de la vague croissante d’extrémisme autour du monde.

« L’Iran est sur la voie de l’armée nucléaire. La Syrie est embourbée dans une guerre civile, et une crise des réfugiés menace à présent l’Occident, est-il écrit dans le texte. Après quinze ans de guerres au Moyen Orient, après avoir dépensé des milliards et perdu des milliers de vies, la situation est pire qu’elle ne l’a jamais été auparavant. »

La majorité du projet de discours était dédiée à décrire sa rivale, la probable nominé démocrate Hillary Clinton, ayant un mauvais jugement sur les sujets de politique étrangère et faisant partie de l’establishment de Washington qui a créé les crises.

« C’est l’héritage d’Hillary Clinton : la mort, la destruction, et la faiblesse », est-il écrit.

La candidate démocrate Hillary Clinton à la Conférence de l'AIPAC 2016 à Washington, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)
La candidate démocrate Hillary Clinton à la Conférence de l’AIPAC 2016 à Washington, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)

Alors que le discours ne mentionne Israël qu’en passant, il remarque brièvement que les Etats-Unis devraient travailler avec l’Etat juif pour combattre le terrorisme.

« Nous devons avoir la meilleure opération de collecte de enseignements du monde. Nous devons abandonner la politique, qui a échoué, de construction de nation et de changement de régime qu’Hillary Clinton a avancé en Irak, en Libye, en Egypte et en Syrie, est-il écrit. A la place, nous devons travailler avec tous nos alliés qui partagent notre objectif de détruire ISIS [acronyme anglais du groupe terroriste Etat islamique] et éradiquer le terrorisme islamique. […] Cela comprend de travailler avec notre plus grand allié dans la région, l’Etat d’Israël. »

Le milliardaire a également dédié trois paragraphes à la fustigation de l’accord nucléaire iranien, qui « ne nous a rien donné » et « restera dans l’histoire comme l’un des pires accords jamais conclus. »

Le projet de discours soulignait également le thème de la campagne ‘America First’ (l’Amérique en premier). Le slogan avait entraîné la consternation de la communauté juive américaine, car il fait écho à la campagne présidentielle de Charles Lindbergh en 1940, et sa commission America First. Lindbergh était un isolationniste et un sympathisant nazi, dont les discours étaient imprégnés d’antisémitisme.

Jonathan A. Greenblatt, président de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)
Jonathan A. Greenblatt, président de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

Quand Trump a présenté son slogan pour la première fois, la Ligue anti-diffamation (ADL) l’avait exhorté à l’abandonner.

« Pour beaucoup d’Américains, les termes ‘America first’ seront toujours associés et tâchés par cette histoire », avait déclaré Jonathan Greenblatt, le président de l’ADL.

« Dans une saison politique qui a déjà déplacé la conversation nationale vers la civilité et la tolérance, choisir un appel à l’action historiquement associé à l’incivilité et à l’intolérance me semble une mauvaise idée. »

Trump avait repoussé les critiques de Greenblatt, et le projet de discours d’acceptation de la nomination de la Convention nationale républicaine fait souvent référence au slogan et aux priorités politiques qu’il reflète.

« La différence la plus importante entre notre projet et celui de nos opposants, c’est que notre projet placera l’Amérique en premier. L’américanisme, et pas le mondialisme, sera notre credo, est-il écrit. Tant que nous serons dirigés par des politiciens qui ne placent pas l’Amérique en premier, alors nous pouvons être certains que d’autres pays ne respecteront pas l’Amérique. Tout cela changera en 2017. »

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