Trump évoque avec Netanyahu un possible « traité de défense mutuelle »
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Trump évoque avec Netanyahu un possible « traité de défense mutuelle »

Pour la presse israélienne, il s'agit d'un stratagème électoral - l'idée d'un pacte de défense liant formellement les deux pays étant en réflexion depuis des mois

Le président américain Donald Trump accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 5 mars 2018 à Washington (Crédit : AFP PHOTO / Mandel NGAN)
Le président américain Donald Trump accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 5 mars 2018 à Washington (Crédit : AFP PHOTO / Mandel NGAN)

Samedi, le président américain Donald Trump a dit qu’il avait parlé avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu au téléphone au sujet d’un potentiel traité de défense mutuelle entre les deux pays, et qu’il a espéré poursuivre les négociations après les élections de mardi.

« Aujourd’hui, j’ai eu un appel téléphonique avec le Premier ministre Netanyahu pour discuter de la possibilité de faire avancer le Traité de défense mutuelle entre les Etats-Unis et Israël, qui renforcerait encore plus l’alliance phénoménale entre nos deux pays », a-t-il tweeté.

« J’ai hâte de continuer ces discussions après les élections israéliennes quand nous allons nous rencontrer plus tard ce mois », a-t-il ajouté, dans un commentaire qui a été interprété en Israël comme une indication qu’il espérait que Netanyahu remporte les élections de mardi.

Dans un communiqué, Netanyahu a remercié Trump, qu’il a qualifié de « cher ami », ajoutant qu’il avait hâte de poursuivre la discussion pour faire avancer « un traité historique de défense ».

« L’Etat juif n’a jamais eu de plus grand ami à la Maison Blanche », a tweeté le Premier ministre.

Selon les médias israéliens, l’idée d’un traité de défense liant formellement les deux pays est en réflexion depuis des mois et ne devrait pas aboutir prochainement.

Les deux pays sont de facto déjà étroitement liés, avec le partage d’informations, des exercices militaires communs et une collaboration entre leurs armées. Un traité pourrait créer de nouvelles obligations, notamment impliquer une intervention automatique des Etats-Unis en cas d’attaque contre Israël.

Tout pacte potentiel de défense est perçu de façon très polémique au sein des milieux israéliens de la Défense. Des officiels sont entre autres préoccupés du fait qu’une coopération plus étroite en matière de défense pourrait lier les mains de l’armée israélienne pour mener certaines opérations, ou au moins réduire sa liberté d’agir en toute indépendance.

Samedi soir, le ministre des Affaires étrangères Israël Katz a soutenu l’idée d’un tel accord tant qu’il était limité dans sa portée précisant qu’un pacte « avec la plus grande puissance mondiale serait une réussite historique et sans précédent » qui renforcerait Israël.

Israel Katz participe à une réunion de cabinet au Bureau du premier ministre à Jérusalem le 17 février 2019. (Sebastian Scheiner/Pool/AFP)

Dans le même temps, l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, un des candidats en tête de liste de Kakhol lavan, a qualifié l’annonce de « coup » électoral, prévenant sur Twitter qu’un tel pacte pourrait limiter la liberté d’action d’Israël dans ses opérations militaires.

Seulement deux semaines après les élections d’avril, Trump a reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, dans un bouleversement de la politique américaine au Moyen-Orient. Un jour avant le vote, l’administration a désigné les Gardiens de la révolution iranienne comme une organisation terroriste – une autre réussite diplomatique, selon Netanyahu.

Netanyahu a fait plusieurs voyages éclairs ce mois-ci. Ces déplacements ont très largement été considérés comme une tentative visant à renforcer son image de poids lourd diplomatique qui entretient des liens étroits avec les dirigeants du monde.

Benjamin Netanyahu mise sur sa proximité avec Donald Trump, mais aussi avec le président russe Vladimir Poutine à qui il a rendu visite la semaine dernière à Sotchi, pour emporter le scrutin de mardi qui s’annonce pour le moins serré.

Le président russe Vladimir Poutine, (à droite), salue le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant leur rencontre à Sotchi, en Russie, le 12 septembre 2019. (Crédit : Shamil Zhumatov/Pool Photo via AP)

Les deux hommes ont discuté de la coordination militaire entre Moscou et Jérusalem et des efforts d’Israël pour empêcher Téhéran de s’implanter militairement en Syrie.

Plus tôt ce mois, Netanyahu s’est rendu à Londres pour une réunion de trente minutes avec le Premier ministre Boris Johnson. Les deux hommes ont discuté de l’Iran et du conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu au 10 Downing Street, le 5 septembre 2019 (Crédit : Haim Tzach/GPO)
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