Trump : Les sanctions contre l’Iran vont bientôt être « considérablement » durcies
Rechercher

Trump : Les sanctions contre l’Iran vont bientôt être « considérablement » durcies

Emmanuel Bonne est arrivé mardi après-midi à Téhéran pour tenter de calmer les tensions entre Téhéran et Washington

Le président américain Donald Trump pendant une conférence de presse en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon, le 29 juin 2019 (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Le président américain Donald Trump pendant une conférence de presse en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon, le 29 juin 2019 (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Les sanctions contre l’Iran vont bientôt être « considérablement » durcies, a averti mercredi le président américain Donald Trump, après que Téhéran a annoncé que ses réserves d’uranium enrichi avaient dépassé la limite imposée par l’accord de Vienne de 2015.

« L’Iran ‘enrichit’ (de l’uranium) depuis longtemps en secret, en violation totale de l’horrible accord à 150 milliards de dollars conclu par (l’ancien secrétaire d’Etat américain) John Kerry et l’administration Obama », a tweeté M. Trump en référence au pacte sur le nucléaire iranien, dont Washington s’est retiré l’an dernier.

« Les sanctions vont bientôt être durcies, considérablement ! », a-t-il ajouté.

« L’Iran fait beaucoup de mauvaises choses en ce moment, ils feraient mieux de faire très attention », avait déclaré mardi M. Trump, interrogé sur le non-respect par l’Iran de ses engagements prévus dans l’accord international sur son programme nucléaire, dont les Etats-Unis se sont retirés.

Dans un climat de tensions exacerbées, l’Iran a annoncé lundi produire désormais de l’uranium enrichi à au moins 4,5 %, au-delà de la limite autorisée par l’accord nucléaire conclu à Vienne en 2015.

En face, Washington poursuit une stratégie de « pression maximale » sur Téhéran, en renforçant ses sanctions économiques.

En riposte au retrait américain de l’accord, l’Iran avait annoncé s’affranchir progressivement de certains de ses engagements jusqu’à ce que les autres partenaires de l’accord prennent les mesures qu’il réclame pour que soient garantis ses intérêts.

Le retrait américain de l’accord prive en effet la République islamique des bénéfices qu’elle escomptait de ce pacte par lequel elle a accepté de brider son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions internationales la visant.

Mercredi, le conseiller diplomatique du président français Emmanuel Macron était à Téhéran pour tenter de préserver l’accord de 2015 et chercher un moyen d’apaiser les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis.

Emmanuel Bonne est arrivé mardi après-midi à Téhéran, a indiqué le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian.

Sa mission est « d’essayer d’ouvrir l’espace de discussion pour éviter une escalade non contrôlée, voire même un accident », a ajouté M. Le Drian, alors que l’exacerbation des tensions entre Téhéran et Washington fait craindre une embrasement dans la région du Golfe.

M. Le Drian a qualifié de « dépassements légers » les manquements de l’Iran à ses engagements. « Ce ne sont pas des dépassements de rupture », a-t-il dit.

Dans un communiqué commun, Berlin, Londres, Paris et l’Union européenne ont relevé mardi la volonté iranienne de « rester dans le cadre » de l’accord de Vienne. L’Iran « doit agir en conséquence en revenant sur ces activités et en se conformant de nouveau pleinement et sans délai » aux termes de l’accord, ajoute le texte.

M. Bonne devrait rencontrer mercredi matin l’amiral Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien. Le reste de son programme n’a pas été rendu public.

« Nous sommes dans une phase très critique », commente-t-on à la présidence française : « Les Iraniens prennent des mesures qui sont en violation (de l’accord) mais qui sont très calibrées et par ailleurs (le président américain) Donald Trump est un dealmaker » (négociateur).

« Les Iraniens exagèrent, mais pas trop, et Trump met la pression maximale mais il exerce cette politique jusqu’au moment où il peut dealer », ajoute-t-on de même source.

M. Trump répète qu’il veut forcer l’Iran à négocier un « meilleur accord », ce que Téhéran rejette. « L’Iran fait beaucoup de mauvaises choses en ce moment, ils feraient mieux de faire très attention », a déclaré le président américain mardi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...