Trump sur l’antisémitisme : « C’est très triste, je n’aime pas voir ça »
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Trump sur l’antisémitisme : « C’est très triste, je n’aime pas voir ça »

Le président a été interrogé par les journalistes sur les dangers de l’extrême-droite, à la lumière du massacre de la synagogue de Pittsburgh, où 11 juifs ont trouvé la mort

Le président américain Donald Trump durant une conférence de presse à l'issue des votes des midterms, à la Maison Blanche le 7 novembre 2018. (Crédit : MANDEL NGAN / AFP)
Le président américain Donald Trump durant une conférence de presse à l'issue des votes des midterms, à la Maison Blanche le 7 novembre 2018. (Crédit : MANDEL NGAN / AFP)

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il rejetait la suprématie blanche et l’antisémitisme, mais n’a pas indiqué comment il comptait contrer ce phénomène. Il a également furieusement rejeté la théorie selon laquelle son discours alimentait les dissensions.

Les journalistes ont assailli Trump de questions sur une variété de sujets dans une conférence de presse en roue-libre mercredi, après que le parti républicain a perdu le contrôle de la Chambre des représentants, mais a gagné des sièges au Sénat la veille.

Plusieurs reporters ont interrogé Trump sur les dangers de l’extrême-droite, notamment à la lumière du massacre de la synagogue de Pittsburgh, où 11 Juifs ont trouvé la mort, dans la pire attaque antisémite de l’histoire des Etats-Unis.

« C’est très triste, je n’aime pas voir ça », a-t-il dit au sujet de l’antisémitisme, avant d’évoquer les éloges du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

« De nombreux présidents ont dit qu’ils construiraient l’ambassade à Jérusalem, [ça n’est] jamais arrivé, mais c’est arrivé avec moi », a-t-il dit.

Interrogé par les journalistes sur les dissensions et l’antisémitisme aux Etats-Unis, Trump a déclaré que le succès grandissant de l’économie américaine aidera, et a ajouté qu’il redressait le déséquilibre commercial avec la Chine.

Un journaliste a demandé si Trump restaurera le financement de la surveillance de l’extrême-droite qui a été suspendue par le département de la Sécurité intérieure.

« Je pense que toute haine est problématique, je pense que c’est un problème et c’est un problème que nous allons résoudre », a-t-il dit.

Quand le journaliste lui a demandé d’être plus spécifique, Trump a répondu : « C’est un problème que je n’aime pas du tout ».

Le tueur de Pittsburgh accusait Trump d’être trop proche des Juifs mais avait pris au mot l’avertissement du président, qui affirmait qu’un convoi de migrants était sur le point « d’envahir » les Etats-Unis. Immédiatement après la fusillade, le tireur s’en est pris à HIAS, une organisation juive qui défend les migrants. La veille de la fusillade, un sympathisant de Trump a été arrêté car il était soupçonné d’avoir envoyé une quinzaine de bombes artisanales à des progressistes, des démocrates et à CNN, qui faisaient tous, nommément, l’objet d’attaques verbales ou via les réseaux sociaux de la part de Trump.

Le président américain et son épouse Melania déposent une gerbe de fleurs à Pittsburgh pour rendre hommage aux victimes de la fusillade de la synagogue Tree of Life, en présence du rabbin Jeffrey Myers, le 30 octobre 2018 (Crédit : AP/Keith Srakocic /Andrew Harnik)

Dans les derniers jours de la campagne des midterms, Trump a approuvé une publicité qui associe un homme de type hispanique inculpé du meurtre de deux policiers américains pour décrire les politiques d’immigration des démocrates. CNN a refusé de diffuser le spot, affirmant qu’il était raciste, et NBC a retiré la séquence vidéo après l’avoir diffusée pendant un match. Fow News a également indiqué qu’il ne diffuserait pas ce spot publicitaire.

En août, Trump avait tweeté qu’il avait demandé au secrétaire d’Etat Mike Pompeo d’étudier « les meurtres à grande échelle » des fermiers blancs en Afrique du Sud, citant un reportage par l’animateur Tucker Carlson de Fox News, qui l’a alerté sur ce problème. Les suprématistes blancs ont longtemps raconté l’histoire, infondée, d’un « génocide blanc » en Afrique du Sud.

Trump s’est emporté contre les journalistes qui lui ont demandé si son discours encourageait les nationalistes blancs. Yamiche Alcidor, un journaliste afro-américain pour PBS, lui a demandé si sa récente adhésion au « nationaliste » était un signe pour les suprématistes blancs.

« C’est une question tellement raciste », a répliqué le président. « Ce que vous venez de dire est très blessant pour moi. »

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