Trump tient les Palestiniens à l’écart, – pour le moment
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Trump tient les Palestiniens à l’écart, – pour le moment

Rencontrant des représentants non-officiels d’Abbas, Jason Greenblatt indique que l’administration s’engagera auprès de l’AP après la rencontre entre Trump et Netanyahu, le 15 février

Le président américain Donald Trump, le 3 février 2017 (à gauche), et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 30 janvier 2017. (Crédits :  Mandel Ngan/AFP ; Zacharias Abubeker/AFP)
Le président américain Donald Trump, le 3 février 2017 (à gauche), et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 30 janvier 2017. (Crédits : Mandel Ngan/AFP ; Zacharias Abubeker/AFP)

Deux semaines après l’investiture du nouveau président, l’administration de Donald Trump semble ignorer totalement les autorités palestiniennes.

Vendredi, le journal arabophone A-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, a expliqué que Washington n’avait pas répondu aux ouvertures de l’Autorité palestinienne, répétant les affirmations à ce sujet du négociateur Saeb Erekat au début de la semaine.

Le Times of Israel a appris que Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales de Trump, avait rencontré vendredi trois hommes d’affaires palestiniens étroitement liés au président de l’AP Mahmoud Abbas.

Il leur a dit que l’administration n’a pas l’intention de construire des relations avec l’AP pour le moment. Selon des sources palestiniennes, les trois hommes ont rencontré Greenblatt en tant qu’hommes d’affaires et non comme représentants officiels de l’AP, même si Abbas les avait autorisés à assumer ce rôle.

Les sources ont indiqué que les trois Palestiniens ont indiqué à Greenblatt qu’ils pensent qu’une économie palestinienne forte est essentielle à la réalisation d’une solution à deux états.

Jason Dov Greenblatt, avocat en droit de l'immobilier de Donald Trump et juif orthodoxe, est l'un des trois conseillers du président élu sur Israël. (Crédit : JTA/Uriel Heilman)
Jason Dov Greenblatt, avocat en droit de l’immobilier de Donald Trump et juif orthodoxe, est l’un des trois conseillers du président élu sur Israël. (Crédit : JTA/Uriel Heilman)

Selon des sources palestiniennes, Greenblatt a déclaré aux trois hommes que, pour le moment, l’administration n’a aucunement l’intention de s’engager auprès de l’AP.

Il semblerait que l’administration ait prévu seulement de le faire après la rencontre qui est prévue, le 15 février, entre Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les trois Palestiniens n’ont pas répondu à nos demandes de contact dans la soirée de samedi.

Les relations américaines avec l’AP pourraient être bientôt mises à l’épreuve, au vu des promesses répétées de Trump de relocaliser l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. La perspective d’un déménagement a suscité la colère des chefs palestiniens et arabes, ces derniers affirmant qu’une telle initiative pourrait créer une crise régionale.

Depuis son investiture, Trump a paru faire machine arrière. Il a ainsi déclaré dans une récente interview que cette initiative « n’était pas facile » et qu’elle aurait peut-être la « chance » de se réaliser.

Autre développement susceptible d’encourager l’AP, la Maison Blanche a indiqué jeudi que l’expansion des implantations « pourrait ne pas aider les choses », ce qui représente un coup asséné aux dirigeants israéliens qui considéraient que l’administration Trump soutenait totalement ces entreprises de construction.

A la fin du mois de janvier, une source proche des responsables palestiniens avait indiqué au Times of Israel que Washington avait procédé au gel d’un transfert de 221 millions de dollars, somme qui avait été allouée par l’administration Obama très peu de temps avant son départ.

Des responsables américains avaient fait savoir au Premier ministre de l’AP Rami Hamdallah qu’il n’était pas prévu que les fonds soient débloqués dans un avenir proche, avait indiqué la source, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Erekat a riposté lundi à la Maison Blanche, disant à Newsweek que si les premiers jours de la présidence de Trump devaient représenter la tendance adoptée par son mandat : « Que Dieu nous vienne en aide, que Dieu vienne en aide au monde entier ».

« Nous leur avons envoyé des lettres, des messages écrits, ils ne prennent pas la peine de seulement nous répondre », a-t-il dit de la nouvelle administration.

« Il est temps que le président Trump… s’intéresse à ce dont a besoin cette région », a ajouté Erekat. « Ce dont nous avons besoin dans cette région, c’est de paix. Ce dont nous avons besoin dans cette région, c’est de dialogue. Ce dont nous avons besoin dans cette région, c’est que les Israéliens et les Palestiniens reviennent à la table des négociations ».

Jeudi, Trump a rencontré le roi Abdallah II de Jordanie à Washington, lors du petit déjeuner-prière. Selon un communiqué de l’agence de presse officielle jordanienne, les deux hommes « ont convenu de la nécessité d’intensifier les efforts pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien ».

Stuart Winer a contribué à cet article.

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