Tsahal cherche un drone capable d’explorer les tunnels de Gaza
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Tsahal cherche un drone capable d’explorer les tunnels de Gaza

Un drone développé par des étudiants israéliens pourrait éviter les accidents et transmettre des images et des données

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Le quadcopter du JCT (Crédit : Autorisation)
Le quadcopter du JCT (Crédit : Autorisation)

Quoi qu’il y paraît sur les vidéos YouTube, piloter un véhicule aérien sans pilote – un drone – n’est pas aussi facile qu’il n’y semble, selon Shimon Mizrahi de la faculté technologique de l’Institut universitaire de Lev à Jérusalem (JTC).

« Il faut une quinzaine de jours de pratique intense pour être en mesure d’éviter les obstacles et les murs, et même là, vous devez être très rapide. Et dans les quartiers fermés, il est très difficile, même pour un opérateur expérimenté d’éviter les accidents ».

Donc, une équipe du JTC dirigée par Mizrahi a développé un système de navigation simple pour un drone avec capteur et appareil photo intégré qui peut être utilisé dans divers cas de sécurité et de sûreté.

« Notre quadcopter à quatre hélices est conçu pour une utilisation par une personne ordinaire pas qualifiée pour utiliser des télécommandes avancées », a déclaré Mizrahi.

« C’est le premier drone d’intérieur et il s’agit de la solution idéale pour une utilisation dans les structures ou des scénarios où il serait dangereux pour les personnes de s’aventurer davantage ».

Cela inclut, a poursuivi Mizrahi, les tunnels de terreur de Gaza. « Trouver les tunnels est en fait la partie plus facile pour faire face à cette menace », a déclaré Mizrahi.

« L’armée israélienne et le ministère de la Défense ont obtenu des milliers de propositions au cours des deux dernières années. Elles prétendent être la solution à la localisation des tunnels, basée sur les ultrasons et d’autres technologies, et il y a des solutions pratiques avancées en cours d’élaboration à cet effet. La question est : qu’est-ce que vous faites avec un tunnel une fois que vous l’avez trouvé ? Voilà le problème que notre solution traite, et il est le premier qui peut faire cela ».

Dans la recherche des tunnels, ainsi que l’exploration du tunnel, le problème n’est pas la technologie – c’est l’interface, a précisé Mizrahi.

« Les capteurs et les caméras pour les drones ne sont pas le problème, mais le contrôle du drone pour vous assurer que l’équipement accomplisse ce qu’il est censé faire est le défi majeur. Vous devez regarder cela du point de l’opérateur, qui dans ce cas est un gosse de 18 ou 19 ans dont la précédente expérience avec une télécommande était celle avec une télécommande de télévision ou une manette de jeu vidéo. L’interface doit être assez facile pour que ce soldat l’utilise sur le terrain, sans détruire l’équipement coûteux qu’il utilise ».

Dr. Shimon Mizrahi (Crédit : Autorisation)
Dr. Shimon Mizrahi (Crédit : Autorisation)

Pour ce faire, le quadcopter JCT contient un élément d’ « auto-préservation » qui lui permet d’éviter de se bloquer dans les murs ou d’autres obstacles.

« Le drone est équipé de capteurs qui renvoient des données sur les conditions environnementales à l’intérieur, comme l’atmosphère, la température, et d’autres données, ainsi que des caméras qui renvoient des photos et des vidéos », a expliqué Mizrahi.

« Le drone est bien sûr contrôlé par son opérateur, qui est en dehors de la structure à examiner. Dans un petit espace étroit comme un tunnel, les chances de percuter un mur sont très élevées – mais notre quadcopter contient un mécanisme qui assure que cela ne se produise pas. Même si les actions de l’opérateur le font avancer vers un obstacle, le drone reculera ou effectuera d’autres manoeuvres pour éviter le problème ».

Le drone répond à une sorte d’instinct universel de survie – une « première directive » – qui met sa survie au rang d’objectif principal.

« Bien sûr, cela est programmé dans le quadcopter », a assuré Mizrahi.

« Le défi est de veiller à ce qu’il puisse remplacer l’erreur des utilisateurs. De nombreuses entreprises et organismes de recherche ont travaillé sur ce problème depuis longtemps. Nous sommes les premiers à démontrer que cela est possible ».

JCT a présenté sa solution au ministère de la Défense ainsi qu’à d’autres organismes de secours – comme les pompiers – qui pourraient utiliser le quadcopter pour explorer les lieux dangereux, tels que les bâtiments en feu.

« Actuellement, c’est une preuve du concept, mais on nous a manifesté beaucoup d’intérêt de la part des groupes – public et privé – qui veulent aider à développer davantage cette question. Nous travaillons avec l’armée israélienne et d’autres organisations de défense sur le développement de ce projet », a déclaré Mizrahi.

« Quand les gens pensent aux systèmes de défense, ils pensent à de grands projets comme le Dôme de fer, mais pas aux petits projets – à la fois dans l’échelle et dans le budget – qui peuvent sauver beaucoup de vies ».

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