Tsahal commence à distribuer les insignes de campagne aux troupes du Sud-Liban
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Tsahal commence à distribuer les insignes de campagne aux troupes du Sud-Liban

Lors d'une cérémonie reconnaissant l'occupation de 18 ans comme une campagne militaire, Benny Gantz et Aviv Kohavi sont revenus sur leurs années passées dans la "zone de sécurité"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à gauche, et l'ancien chef d'état-major de TsahaI Shaul Mofaz, au centre, remettent au chef d'état-major actuel Aviv Kohavi la première médaille de campagne marquant les 18 ans d'occupation du Sud-Liban par Israël, lors d'une cérémonie au nord de Tel Aviv le 7 juin 2021. (Crédit : armée israélienne)
Le ministre de la Défense Benny Gantz, à gauche, et l'ancien chef d'état-major de TsahaI Shaul Mofaz, au centre, remettent au chef d'état-major actuel Aviv Kohavi la première médaille de campagne marquant les 18 ans d'occupation du Sud-Liban par Israël, lors d'une cérémonie au nord de Tel Aviv le 7 juin 2021. (Crédit : armée israélienne)

Le chef d’état-major Aviv Kohavi a été le premier à recevoir lundi soir une médaille de campagne pour son service au Sud-Liban pendant l’occupation de la région par Israël de 1982 à 2000, après des années d’efforts de la part des anciens combattants pour que cette période soit reconnue comme une campagne officielle.

En juillet dernier, après le 20e anniversaire du retrait de l’armée israélienne de la zone de sécurité du Sud-Liban, l’armée a mis en place une commission dirigée par l’ancien chef d’état-major, Shaul Mofaz, qui a supervisé le retrait du Liban, afin d’envisager de reconnaître officiellement cette période de 18 ans comme une campagne militaire distincte, séparée de la première guerre du Liban de 1982 et de la deuxième guerre du Liban de 2006.

Au cours des 11 derniers mois, la proposition a reçu toutes les approbations nécessaires – de la part de la commission, de Kohavi, du ministre de la Défense Benny Gantz et enfin par une commission ministérielle en mars – et la période au Sud-Liban est devenue la neuvième campagne de ce type à être reconnue par l’armée, avec la guerre d’indépendance de 1948, la guerre du Sinaï de 1956, de la guerre des Six Jours de 1967, la guerre de 1967-1970, la guerre du Kippour de 1973, la première guerre du Liban de 1982, la deuxième guerre du Liban de 2006 et la guerre de Gaza de 2014, connue officiellement sous le nom d’opération Bordure protectrice.

Pour Kohavi et Gantz, ainsi que pour la plupart des hauts gradés actuels de Tsahal, la période du Sud-Liban a été leur premier grand contact avec le combat.

Des soldats israéliens ouvrent les portes pour le passage d’un char lors du retrait de Tsahal du Liban, le 22 juin 2000. (Flash90)

« Comme beaucoup d’entre vous, c’est là, au Liban, que l’on m’a tiré dessus pour la première fois. Là-bas, j’ai frappé l’ennemi pour la première fois, et là, pour la première fois, j’ai entendu le dernier souffle d’un ami. C’est là que j’ai appris ce qu’était le leadership de la manière la plus pratique et c’est là que, comme tout le monde, j’ai mûri au-delà de mes années », a déclaré Kohavi au cours de la cérémonie, à laquelle ont assisté de nombreux hauts responsables militaires et anciens officiers supérieurs.

Dans son discours, Gantz a évoqué le fait qu’en tant qu’officier de liaison de Tsahal avec l’armée du Sud-Liban, il a été le dernier soldat israélien à quitter le Sud-Liban, fermant littéralement la porte derrière lui lorsqu’il est rentré en territoire israélien.

« C’est un moment émouvant pour moi en tant que personne et surtout en tant que soldat », a déclaré Gantz, affirmant que la remise de la médaille de campagne mettait un terme à une période litigieuse et difficile pour de nombreux Israéliens.

« Aujourd’hui, nous rouvrons la porte que j’ai moi-même fermée – aux souvenirs, à la reconnaissance, à l’approfondissement des blessures, à l’étreinte des soldats », a-t-il dit.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une cérémonie de remise d’insignes pour la campagne marquant les 18 ans d’occupation du Sud-Liban par Israël, lors d’une cérémonie au nord de Tel Aviv le 7 juin 2021. (Crédit : armée israélienne)

Le ministre de la Défense a également profité de l’événement pour adresser un avertissement au gouvernement libanais et au groupe terroriste Hezbollah, que l’armée a combattu pendant l’occupation du Sud-Liban et lors d’une guerre en 2006 et qu’elles se préparent constamment à combattre à nouveau.

« Le Liban doit savoir que ce que Gaza a vécu il y a quelques semaines n’est que la partie émergée de l’iceberg », a déclaré Gantz.

« Les cibles sont prêtes. Quiconque cache des armes dans sa maison met en danger ses enfants », a-t-il ajouté, faisant référence à la présence, selon les estimations, d’importants stocks de missiles et de rampes de lancement du Hezbollah dans les maisons des civils des villes et villages situés le long de la frontière.

Dans un message manifestent adressé au Hamas, qui retient en captivité les corps de deux soldats de Tsahal et deux civils israéliens vivants, Gantz a déclaré qu’Israël ferait tout ce qui est nécessaire pour récupérer ses citoyens en captivité. Ces commentaires sont intervenus alors qu’Israël était en pleine négociation avec le Hamas sur la question et au lendemain de la publication, par le groupe terroriste, d’un enregistrement audio qu’il prétendait provenir de l’un des civils israéliens, bien que cela ait été contesté par les familles de chacun des hommes.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, remet une médaille de campagne marquant les 18 ans d’occupation du Sud-Liban par Israël à la famille du général de brigade Erez Gerstein, qui a été tué pendant la campagne, lors d’une cérémonie au nord de Tel Aviv, le 7 juin 2021. (Crédit : armée israélienne)

Après avoir reçu la première médaille, Kohavi en a remis une à la veuve du brigadier-général Erez Gerstein, le plus haut gradé de Tsahal tué dans la campagne ; aux parents du sergent Tzahi Itah, le dernier soldat tué pendant la campagne ; à un représentant des anciens combattants blessés pendant la campagne, Eyal Ben-Tzvi ; à un aide-soignant militaire qui a été gravement blessé qu Sud-Liban ; ainsi qu’à un représentant de l’armée du Sud-Liban, Rabia Karim Raida, qui a servi pendant 13 ans dans la zone de sécurité du Liban.

Le ruban de service est composé d’une série de lignes colorées, symbolisant différents aspects de la campagne. Au centre, des lignes horizontales bleues et blanches représentent le drapeau israélien ; de part et d’autre, des lignes verticales grises représentent la couleur des forteresses de Tsahal au Sud-Liban ainsi que les opérations prolongées qui y ont été menées ; à côté, deux lignes vertes représentent les forêts du Liban ; et à côté, deux lignes rouges symbolisent le tribut physique et mental de la campagne. Les lignes vertes et rouges représentent également le drapeau libanais.

Les médailles de la campagne seront distribuées par les unités concernées dans les semaines et les mois à venir. Contrairement aux guerres, où chaque soldat ayant servi dans l’armée à l’époque reçoit une médaille, seules les troupes ayant servi dans la zone de sécurité libanaise auront droit à l’insigne.

Un insigne de campagne marquant les 18 années d’occupation du sud du Liban par Israël, distribuée aux soldats qui y ont servi, le 7 juin 2021. (Crédit : armée israélienne)

L’occupation par Tsahal d’une bande du Sud-Liban – totalisant environ 10 % du territoire libanais – visait à défendre le nord d’Israël contre les attaques terroristes, notamment par le Hezbollah, bien que la présence de l’armée dans cette région pendant 18 ans, au cours desquels quelque 675 soldats ont été tués et des milliers d’autres blessés, soit très controversée en Israël et a soulevé de profondes questions quant à l’efficacité de la campagne.

Cette période a été couverte dans le documentaire télévisé « War with No Name », qui a été diffusé au début de l’année en signe de reconnaissance officielle de la présence israélienne au Sud-Liban pendant 18 ans.

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Israël a démantelé la zone de sécurité et s’est empressé de se retirer à la frontière internationale fin mai 2000, sous la direction du Premier ministre Ehud Barak. L’Armée du Sud-Liban, une milice soutenue par Israël qui a combattu a ses côtés dans la zone, s’est effondrée au moment du retrait d’Israël. Le groupe terroriste chiite du Hezbollah soutenu par l’Iran s’est ensuite installé dans la zone, et un raid transfrontalier du Hezbollah a débouché sur la seconde guerre du Liban en 2006.

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