Tsahal estime que les attaques du Hezbollah pourraient s’intensifier
Au total 20 roquettes ont été tirées par le Hezbollah dans la journée de jeudi ; l'armée de l'air continue de frapper les cibles du groupe terroriste au Liban alors que Tsahal renforce sa présence dans le pays
Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Alors que le rythme des tirs de missiles balistiques iraniens a diminué, l’armée israélienne a estimé jeudi que les attaques du Hezbollah contre Israël depuis le Liban pourraient bien s’intensifier.
Jusqu’à présent, le groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran a lancé des dizaines de roquettes et de drones sur Israël, principalement vers le nord du pays, mais aussi quelques projectiles en direction du centre de l’État juif.
Après les frappes qui ont été lancées par les États-Unis et par Israël contre l’Iran, le Hezbollah a lancé lundi des missiles et des drones en direction de l’État juif pour la première fois depuis plus d’un an – et Tsahal a riposté en visant des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth, ce qui a entraîné de nouvelles attaques du Hezbollah.
Deux roquettes du groupe terroriste ont ainsi touché des villes du nord d’Israël cette semaine, faisant un blessé. Israël a promis de faire payer un lourd tribut au groupe terroriste en réponse à ces agressions et les militaires ont renforcé leur présence dans le sud du Liban.
Jeudi après-midi, moins de 20 roquettes avaient été lancées depuis le Liban vers le nord d’Israël depuis le début de la journée – des tirs qui ont provoqué l’activation des sirènes dans le secteur de la Galilée. Selon l’armée israélienne, certains projectiles ont été interceptés tandis que d’autres se sont abattus, avec l’aval des forces israéliennes, dans des champs, « conformément au protocole ». Aucun blessé n’a par ailleurs été signalé.
Un général américain a indiqué, dans la journée de mercredi, que le nombre de tirs de missiles iraniens visant Israël et d’autres pays avait chuté de 86 % depuis le début du conflit.
Mercredi, l’armée israélienne a encore une fois émis des avertissements en direction des civils qui vivent dans le sud du Liban, leur demandant d’évacuer leurs habitations en raison des combats contre le Hezbollah et de se déplacer au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres au nord de la frontière israélienne.
Le porte-parole de Tsahal, le colonel Avichay Adraee, a souligné que « toute personne se trouvant à proximité des terroristes du Hezbollah, de ses installations ou de ses [armes] met sa vie en danger. Toute maison utilisée par le Hezbollah à des fins militaires peut être prise pour cible ».
L’armée israélienne estime que plus de 300 000 civils libanais ont jusqu’à présent évacué leurs villages dans le sud du Liban. Au cours des combats entre Israël et le Hezbollah en 2024, près de 1,2 million de Libanais avaient été déplacés de leurs foyers, ainsi que 60 000 Israéliens.
Tsahal a poursuivi ses frappes contre le groupe terroriste dans la nuit de mercredi à jeudi, touchant des centres de commandement à Beyrouth – l’un d’entre eux servait aux forces aériennes du Hezbollah qui ont la responsabilité des frappes aux drones sur l’État juif, a fait remarquer l’armée. Les militaires ont également tué une cellule de terroristes du Hezbollah lors d’une attaque au drone qui a pris pour cible un centre de commandement, dans le sud du Liban.
Le ministère libanais de la Santé a précisé qu’une attaque qui avait visé un bâtiment du camp palestinien de Beddawi, dans la ville côtière de Tripoli, avait tué deux personnes. L’armée israélienne n’a pas précisé qui elle avait pris pour cible dans ce bombardement.
Ces attaques ont eu lieu alors que les soldats se sont enfoncés plus profondément dans le sud du Liban au cours de ces derniers jours, l’armée israélienne déclarant qu’elle a pris « des positions défensives avancées dans le but d’établir une couche défensive supplémentaire pour éliminer les menaces qui pèsent sur les habitants du nord d’Israël ».
Depuis que le Hezbollah s’est joint au conflit dans la journée de lundi, l’armée a frappé plus de 320 cibles au Liban.
Le nombre de personnes tuées au Liban depuis la reprise des hostilités est passé à 77, et le nombre de blessés s’élève à 527, a expliqué jeudi le ministère libanais de la Santé.
Il est difficile de dire combien de civils figurent parmi ces victimes. Le ministère libanais de la Santé avait précédemment affirmé que sept enfants avaient été tués.
Dans une allocution télévisée qui a eu lieu mercredi soir, le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a affirmé que la reprise des attaques à la roquette à l’encontre Israël, cette semaine, était une réponse à la présence continue d’Israël au Liban et aux frappes aériennes qui ont eu lieu dans le pays depuis que l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah du mois de novembre 2024 a mis fin à un an de conflit entre les deux parties.
Le président libanais Joseph Aoun a lui demandé jeudi à son homologue français Emmanuel Macron d’intervenir auprès d’Israël afin d’empêcher le bombardement de la banlieue sud de Beyrouth, après un ordre d’évacuation appelant les populations à quitter la zone.
Macron a dit vouloir « établir un plan » pour « mettre un terme aux opérations militaires » du Hezbollah et d’Israël.







