Tsahal ferme l’unique « Bataillon de l’Epée » druze
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Tsahal ferme l’unique « Bataillon de l’Epée » druze

Le chef de l’armée ordonne la fermeture de l’unité afin d’aller vers une intégration sociétale des minorités en Israël

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

Photo d'un des bataillons 299 de l'armée israélienne (Crédit : IDF)
Photo d'un des bataillons 299 de l'armée israélienne (Crédit : IDF)

Dans une décision historique, le commandant en chef de l’armée a décidé lundi de dissoudre le bataillon druze de l’armée, une unité historique qui n’attirait plus les meilleurs recrues de la communauté et semblait symboliser une ségrégation dont le temps était révolu depuis longtemps.

Le Général Gadi Eisenkot, chef de l’armée, a ordonné la réorganisation à la lumière de service réussi de la communauté druze dans l’armée et son « désir de continuer à développer et à s’intégrer dans l’armée », a écrit dans une déclaration le porte-parole de l’armée.

Le bataillon, qui a été établi en 1974, ne prendra pas de nouvelles recrues pendant l’été et sera totalement fermé en septembre.

La communauté de 130 000 citoyens druzes d’Israël a signé un pacte avec l’État naissant en octobre 1948 et a commencé à servir peu après. En 1956, l’État, à la demande des chefs de la communauté, a imposé un service obligatoire pour les hommes en âge d’aller à l’armée. Leur taux de service, 80 % selon les chiffres de l’armée, est plus haut que la moyenne nationale.

Très peu veulent pourtant servir dans l’unité totalement druze, le bataillon 299, ou « le Bataillon de l’Epée ». Selon les statistiques de l’armée, seules 5 % des recrues druzes ont demandé à servir dans l’unité l’année dernière, 19 % étaient contraints à y servir.

« L’armée est un melting-pot et il n’y a pas de raison de trouver un bataillon druze ou un bataillon marocain », a déclaré l’ancien député et ministre druze, Salah Tarif, à Haaretz.

L’unité a été fondée à une époque où la langue était un problème pour les recrues druzes.

Aujourd’hui, lorsque le commandant de la Brigade Golani, le colonel Ghassan Alian, est druze, tout comme l’attaché militaire du président Reuven Rivlin, le général de brigade Hasson Hasson, il n’y a plus de vrai besoin pour une unité séparée qui avait reçu une citation pour son rôle lors de la Seconde Guerre du Liban.

L’intégration totale de tous les soldats druzes dans l’armée « nous demande de continuer à agir vers une intégration totale dans la société israélienne, peu importe la religion, la race, le sexe ou la préférence sexuelle, avec une guerre totale contre le racisme », a écrit le ministre de la Défense Moshe Yaalon sur Twitter peu de temps après l’annonce.

Il a déclaré que le désir de la communauté druze de monter l’échelle de grades du commandement dans l’armée « est significatif et provient d’une éducation pour l’amour de leur patrie et de leur chef à la tête de la communauté ».

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