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Tsahal : Forte hausse des exportations de Gaza grâce au maintien du calme par Israël

Selon le responsable militaire, la politique visant à aider les civils tout en empêchant un renforcement des groupes terroristes a contribué à la hausse de plus de 300 %

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un camion-citerne entre dans la bande de Gaza par le point de passage de Kerem Shalom avec Israël, le 8 août 2022 (Crédit : SAID KHATIB/AFP)
Un camion-citerne entre dans la bande de Gaza par le point de passage de Kerem Shalom avec Israël, le 8 août 2022 (Crédit : SAID KHATIB/AFP)

Dimanche, le responsable militaire chargé de la liaison avec les Palestiniens a vanté les mesures prises par Israël pour renforcer l’économie de la bande de Gaza tout en empêchant les groupes terroristes de développer leurs activités militaires.

Lors d’une réunion avec la presse, le général de division Ghassan Alian, coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires – plus connu sous l’acronyme COGAT – a déclaré qu’Israël employait une « politique mixte » envers Gaza.

« Cette politique consiste en un effort militaire visant à empêcher tout renforcement militaire et à frapper de manière critique toute tentative de nuire à la sécurité d’Israël, en parallèle à une politique civile proactive en faveur de la population », a déclaré Alian.

Selon les données partagées par le COGAT, les exportations de Gaza vers la Cisjordanie devraient augmenter de 27 % cette année, poursuivant ainsi une tendance. En 2020, le nombre total de camions exportant des marchandises de Gaza vers la Cisjordanie était de 3 397 ; en 2021, il était de 4 003 ; et à la fin de cette année, il devrait atteindre 5 117, selon les estimations.

Les exportations depuis Gaza vers Israël devraient également connaître une hausse sans précédent de 93,8 %, selon le COGAT. En 2020, quelque 1 181 camions transportant des exportations sont entrés en Israël depuis Gaza ; 2 588 en 2021 ; et cette année, ce nombre devrait atteindre 5 016.

Toujours selon le COGAT, les passages entre Gaza et Israël ont augmenté de 311 % cette année. En 2020, quelque 122 400 passages ont été enregistrés ; en 2021, le nombre est passé à 163 500 ; et cette année, le nombre est passé à 672 000.

Des Palestiniens se préparant à passer d’Israël dans la bande de Gaza au passage d’Erez, le 3 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À l’heure actuelle, quelque 14 000 Palestiniens de Gaza ont un permis de travail leur permettant d’entrer en Israël. Le ministère de la Défense a approuvé un plan provisoire visant à porter le nombre de permis à 20 000, une augmentation sans précédent. Au milieu de l’année 2021, seuls 7 000 Palestiniens de Gaza avaient un permis de travail ou de commerce en Israël.

Les responsables de la Défense affirment qu’autoriser davantage de Gazaouis à travailler en Israël permettra d’injecter des revenus essentiels dans l’enclave côtière appauvrie tout en favorisant la stabilité.

La bande de Gaza fait l’objet d’un blocus de la part d’Israël et de l’Égypte depuis plus de 15 ans, dans le but de contenir les dirigeants du Hamas de l’enclave. Israël affirme que les restrictions strictes imposées aux biens et aux personnes sont nécessaires en raison des efforts déployés par le groupe terroriste qui cherche à se procurer d’importantes quantité d’armes afin de lancer des attaques contre l’État juif.

Les critiques déplorent l’impact du blocus sur les habitants ordinaires de Gaza. Le taux de pauvreté très élevé fait de l’emploi en Israël une option très attrayante pour ceux qui ont l’opportunité de recevoir un permis.

Selon le COGAT, le taux de chômage local de Gaza a baissé de 5,5 % au cours du dernier trimestre pour atteindre 44,7 %, et le salaire journalier moyen a légèrement augmenté pour atteindre 61,7 shekels.

Les travailleurs autorisés à passer en Israël pour y travailler gagneraient jusqu’à 400 shekels par jour, selon un article paru sur le site frère du Times of Israel, Zman Yisrael.

Le chef du COGAT, le général de division Ghassan Alian, dans un message vidéo adressé aux habitants de Gaza, le 5 août 2022. (Crédit : Capture d’écran/COGAT)

Selon Alian, au lendemain des affrontements de la semaine dernière contre le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique, Israël « a repris sa politique civile à l’égard de la bande de Gaza tout en maintenant ses restrictions en matière de reconstruction, et ce jusqu’à ce que des progrès soient réalisés concernant les prisonniers et les disparus ».

En effet, après la guerre de 11 jours de l’année dernière, Israël avait interdit toute reconstruction à grande échelle dans la bande de Gaza, tant que le Hamas ne restituait pas les civils capturés Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, ainsi que les dépouilles des soldats de Tsahal Hadar Goldin et Oron Shaul, tués lors de la guerre de 2014.

Le Hamas a rejeté cette condition.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Oron Shaul, Avera Mengistu, Hadar Goldin et Hisham al-Sayed. (Crédit : Flash 90)

« Les habitants de Gaza doivent savoir que nous n’avons aucun intérêt à être entraînés dans une guerre contre eux », a déclaré Alian. « Et les services de sécurité israéliens continueront à autoriser la politique humanitaire civile envers la population de Gaza, mais sous réserve du maintien de la stabilité sécuritaire. »

« Si le Hamas et les autres groupes terroristes de la bande de Gaza essayent de rompre la paix, la politique d’Israël changera en fonction », a-t-il ajouté.

« Je suggère aux habitants de Gaza de jeter un coup d’œil à [la Cisjordanie], notamment aux démarches entreprises par Israël pour faire avancer les choses là-bas, pour se rendre compte de ce qui est en jeu et des dommages que le Hamas leur cause », a poursuivi Alian.

« Le Hamas est un ennemi de l’État d’Israël et, malheureusement, aussi des résidents de Gaza », a-t-il ajouté.

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