Tsahal : le Hezbollah stocke un énorme dépôt d’armes à côté d’une école
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Tsahal : le Hezbollah stocke un énorme dépôt d’armes à côté d’une école

L'armée israélienne révèle l'emplacement d'une importante quantité d'explosifs, dans une tentative apparente de "dénonciation" au groupe terroriste

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un dépôt d'armes présumé du Hezbollah (en rouge) est visible  d'une école (en jaune) dans la ville d'Ebba, au centre du Liban, sur une image satellite prise le 1er juin 2020. (Crédit : Google Earth, contours ajoutés par The Times of Israel)
Un dépôt d'armes présumé du Hezbollah (en rouge) est visible d'une école (en jaune) dans la ville d'Ebba, au centre du Liban, sur une image satellite prise le 1er juin 2020. (Crédit : Google Earth, contours ajoutés par The Times of Israel)

Tsahal a révélé mercredi l’emplacement d’une cache d’armes présumée du Hezbollah dans le centre du Liban, affirmant qu’une grande quantité d’explosifs était stockée dans un bâtiment situé en face d’une école.

Selon les évaluations israéliennes, des explosifs dont le pouvoir destructeur est environ deux fois moins important que celui de l’explosion massive qui a rasé de vastes pans de Beyrouth l’année dernière, étaient conservés dans le bâtiment du village d’Ebba.

L’armée a refusé de donner des précisions sur la nature des armes qu’elle soupçonne d’être conservées dans le bâtiment.

Tsahal s’attendait à ce qu’après avoir découvert le site, le Hezbollah vide rapidement la structure et déplace ailleurs les munitions qui s’y trouvaient.

Bien que cela prive l’armée d’une cible d’attaque dans tout conflit futur, l’armée a déclaré qu’elle était prête à montrer son jeu maintenant, faisant montre, au Hezbollah de la capacité israélienne en matière collecte de renseignements et en exposant au monde l’apparente mise en danger des enfants par le groupe terroriste.

Tsahal a déclaré avoir des informations sur des « milliers » d’autres cibles du Hezbollah.

« Le Hezbollah avait l’intention de les utiliser contre les soldats de Tsahal et les citoyens d’Israël. Cet entrepôt était situé au cœur d’une population civile au Liban, à quelques mètres d’une école », a écrit l’armée israélienne.

« Comme cette cible, il en existe des milliers d’autres similaires appartenant au Hezbollah, qui mettent en danger la vie des citoyens libanais », a ajouté l’armée.

Les images satellites de l’entrepôt présumé montrent un bâtiment de quatre étages situé en face de l’école publique Ebba, qui, selon Tsahal, est fréquentée par environ 300 élèves. En plus d’identifier l’emplacement de la cache d’armes présumée, l’armée a également publié des photographies de l’école elle-même.

Des élèves se rassemblent dans l’école publique Ebba, qui, selon les Forces de défense israéliennes, est située en face d’un dépôt d’armes du Hezbollah, comme on peut le voir sur une photo non datée distribuée par l’armée le 14 juillet 2021. (Crédit : Tsahal)

Ces dernières années, Israël a adopté une politique de « dénonciation » du personnel et des biens du Hezbollah dans le but de forcer le groupe terroriste à changer de tactique sans avoir à recourir à des frappes militaires qui pourraient augmenter la probabilité d’une confrontation violente et de grande envergure.

Ce fut le cas en 2018 et en 2020, lorsque le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, a révélé, lors de discours prononcés devant l’Assemblée générale des Nations unies, l’emplacement de plusieurs sites utilisés par le groupe terroriste pour développer des missiles à guidage de précision à Beyrouth.

Israël accuse depuis longtemps le Hezbollah de maintenir des dépôts d’armes à l’intérieur de maisons civiles et dans des zones densément peuplées, en utilisant les habitants comme boucliers humains. Le Hezbollah a rejeté les allégations spécifiques faites par Israël au fil des ans, en emmenant des journalistes lors de visites étroitement contrôlées des sites pour prouver qu’il n’y avait pas d’armes, mais il n’a pas nié de manière générale opérer dans des zones civiles.

La décision de révéler le site mercredi semble être liée à la conviction émergente au sein de Tsahal qu’elle doit établir de manière proactive ses justifications d’attaque avant et pendant les conflits. Cette décision a été prise à la suite d’importantes critiques internationales concernant une frappe aérienne sur un bâtiment de la ville de Gaza, pendant le conflit du mois de mai dans la bande de Gaza, qui abritait un certain nombre de grands médias, dont l’Associated Press, et qui, selon Israël, contenait également des bureaux de renseignement du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

Il a fallu plusieurs jours avant que l’armée ne divulgue des informations sur le bâtiment. Tsahal estime désormais qu’elle devrait agir beaucoup plus rapidement pour fournir des preuves et ses raisons de mener des attaques.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu montre ce qu’il dit être l’emplacement d’un dépôt d’armes du Hezbollah à côté d’une station-service dans le quartier de Janah à Beyrouth, dans un discours vidéo à l’Assemblée générale des Nations unies, le 29 septembre 2020 (Crédit : capture d’écran de l’ONU).

Le village d’Ebba est situé au centre du Liban, dans la région de Nabatieh, au nord-est de la ville de Tyr et à environ 20 kilomètres d’Israël.

Le stockage d’armes par le Hezbollah constituerait une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a mis fin à la deuxième guerre du Liban en 2006 et a exigé que tous les groupes armés libanais autres que l’armée restent au nord du fleuve Litani.

« Nous constatons que le Hezbollah, en tant que tactique opérationnelle, utilise systématiquement des biens civils pour des activités militaires. D’autre part, Tsahal et le Commandement du Nord utilisent tous les moyens disponibles afin de réduire les dommages causés aux civils, mais en même temps, Tsahal n’hésitera pas à frapper les cibles actives », a déclaré l’armée dans un communiqué.

La FINUL, la force de maintien de la paix de l’ONU chargée de maintenir le sud du Liban libre de membres armés du Hezbollah, n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

La dernière fois qu’Israël a combattu le Hezbollah dans un conflit de grande ampleur, c’était en 2006. Cette guerre de 34 jours, au cours de laquelle des milliers de roquettes du Hezbollah ont frappé des villes du nord, a coûté la vie à 165 Israéliens, dont 44 civils. Plus de 1 100 Libanais, dont des combattants du Hezbollah et des civils, ont été tués.

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