Tsahal ne voit pas d’alternative au régime du Hamas à Gaza
Rechercher

Tsahal ne voit pas d’alternative au régime du Hamas à Gaza

Le commandant de la région Sud estime que de futures opérations sont inévitables

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le commandant de la région Sud, Sami Turgeman, pendant une conférence de presse, le 5 août 2014. (Crédit : Gideon Markowicz / Flash90)
Le commandant de la région Sud, Sami Turgeman, pendant une conférence de presse, le 5 août 2014. (Crédit : Gideon Markowicz / Flash90)

Le commandant de la région Sud de Tsahal le général Shlomo « Sami » Turgeman a déclaré lundi que le Hamas demeure, dans la pratique, la seule option possible pour gouverner la bande de Gaza.

Il a accusé aussi les médias israéliens d’avoir servi la propagande des organisations terroristes pendant la guerre de l’été dernier en ayant publié le nombre des habitants du Sud qui avait quitté leur domicile pendant les combats.
 
Turgeman a rencontré les chefs des autorités locales situées près de la frontière de Gaza, où il a passé en revue la guerre de 50 jours avec le Hamas, que l’armée israélienne avait baptisée, Opération Bordure protectrice.

Il a réfuté l’affirmation – avancée par plusieurs ministres israéliens de premier plan pendant la guerre – selon laquelle l’armée aurait dû renverser le Hamas ou prendre le contrôle de l’enclave côtière.

« Il y a un pouvoir indépendant à Gaza qui se comporte comme un Etat », a-t-il dit. « Au cœur de cet Etat il y a un pouvoir souverain, le Hamas, et pour le moment il n’y a pas d’alternative au Hamas. A part cela, il n’y a personne d’autre qui puisse faire tenir les choses ensemble. L’alternative est Tsahal ou le chaos ».

Turgeman a également estimé que les Gazaouis n’étaient pas intéressés à évincer leurs dirigeants du Hamas.

« La plupart des citoyens de la bande de Gaza considèrent le Hamas comme la seule adresse pour leurs problèmes », a-t-il dit. « Tout le monde pense à un soulèvement populaire – il n’est pas en vue. Les chances que cela arrive ne sont pas élevées ».

Il a dit que l’Autorité palestinienne, qui gouverne la Cisjordanie, n’était pas non plus une alternative viable au Hamas à Gaza, mais sans dire pourquoi.

Le conflit a vu plus de 2 100 personnes tuées à Gaza et des dizaines de milliers d’autres sans abri, selon un décompte palestinien et des Nations unies, et 72 personnes tuées en Israël.

Israël attribue le bilan élevé au fait que les combattants de Gaza avaient imbriqué leur infrastructure militaire dans des zones habitées. Onze soldats israéliens ont été tués à l’intérieur d’Israël par des hommes armés du Hamas sortant de tunnels transfrontaliers. Détruire la menace des tunnels était l’un des objectifs déclarés d’Israël pendant l’opération.

Le Hamas a également tiré plus de 4 000 roquettes sur les villes israéliennes, principalement sur le Sud. Les médias avaient à l’époque écrit que des responsables estimaient que 70 % des 40 000 habitants des communautés agricoles le long de la frontière de Gaza avait quitté la région pendant les combats.

Des habitants de Nitzan en train de patienter dans un abri pendant l'opération Bordure protectrice le 11 juillet 2014 (Crédit photo: Hadas Parush/Flash90)
Des habitants de Nitzan en train de patienter dans un abri pendant l’opération Bordure protectrice le 11 juillet 2014 (Crédit photo: Hadas Parush/Flash90)

Turgeman a critiqué les médias israéliens pour la façon dont il ont rapporté les événements de la guerre, affirmant que les titres sur le départ des habitants des villes frontalières ont fait le jeu de la propagande du Hamas.

« Il n’y a pas une armée qui se bat, il y a une société qui se bat. Lorsque la Deuxième chaîne fait un reportage sur les gens ‘qui abandonnent la périphérie de [Gaza]’, c’est une victoire pour le Hamas. Le Hamas n’a pas eu un plus grand succès qu’un tel titre ».

Turgeman a prévenu qu’un problème similaire existait concernant le conflit en cours d’Israël face à la milice libanaise du Hezbollah dans le Nord.

« C’est la même chose avec le Hezbollah. Lorsque des civils et des soldats sont tués et les titres des journaux sont « Catastrophe ! » – c’est une réussite [du Hezbollah] ».

L’officier a révélé que, bien que l’armée israélienne savait que les communautés proches de la bande de Gaza souffriraient pendant une opération militaire, elle a été réticente à ordonner l’évacuation.

« J’ai entamé la campagne avec l’idée que l’évacuation de la population aurait été une victoire pour le Hamas, c’est pourquoi nous ne nous sommes pas précipités pas pour l’ordonner », a-t-il dit.

Cependant, a admis Turgeman, dans un futur affrontement avec le Hamas, il serait probablement nécessaire d’évacuer de la zone « la population non essentielle ». « Nous travaillons actuellement sur un tel plan », a-t-il confié.

Turgeman a également fait allusion à l’évolution possible dans le traitement des tunnels transfrontaliers, qui sont très difficiles à détecter et qui ont permis à quelque 45 combattants du Hamas de s’infiltrer en Israël pendant le conflit.

« Le Hamas veut créer une impression de victoire avec ce mode de fonctionnement souterrain, » a-t-il dit. « Il est très difficile de lutter contre cette méthode, car il n’y a pas de technologie pour la localiser à temps. Heureusement, nous faisons des progrès significatifs ».

L'entrée d'un tunnel découvert à Gaza pendant l'opération Bordure protectrice (Crédit : Tsahal)
L’entrée d’un tunnel découvert à Gaza pendant l’opération Bordure protectrice (Crédit : Tsahal)

Turgeman a expliqué qu’Israël n’avait aucun intérêt réel à interférer dans les événements à l’intérieur de la bande de Gaza après le retrait de 2005, lorsque l’armée israélienne avait évacué toutes ses bases et les implantations juives de l’enclave côtière.

« Depuis le retrait, nous avons eu une stratégie de prévention et de dissuasion concernant la bande de Gaza », a déclaré Turgeman.

« Nous n’avons pas d’objectif là-bas. Notre objectif est la prévention – pour prévenir le chaos et une crise humanitaire ».

Israël, a-t-il estimé, doit tirer le meilleur d’une situation mauvaise.

« À mon avis, nous devons aspirer à autant de périodes de calme que possible, sachant que, parfois, il y aura une opération [militaire], et il n’y a pas lieu d’être surpris si cela arrive de temps à autre », a-t-il dit.

« Je souhaite que la période de calme après l’opération Bordure protectrice soit longue ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...