Tsahal réduit les contrats avec des éducateurs extérieurs
Rechercher

Tsahal réduit les contrats avec des éducateurs extérieurs

Seulement 15 organisations sur 97, seront autorisées à enseigner aux soldats, et seulement sur la Shoah, le patrimoine militaire et la bonne hygiène de vie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des officiers israéliens écoutent un commandant lors d'un exercice dans le nord d'Israël le 12 septembre 2017. (Forces de défense israéliennes/Flickr)
Des officiers israéliens écoutent un commandant lors d'un exercice dans le nord d'Israël le 12 septembre 2017. (Forces de défense israéliennes/Flickr)

L’armée a annoncé lundi qu’elle réduirait considérablement le nombre de groupes extérieurs autorisés à instruire les soldats et les sujets qu’ils sont autorisés à aborder, dans une tentative apparente de dépolitiser l’armée.

Au fil des ans, l’armée israélienne a été critiquée par tous les partis politiques pour avoir fait venir des orateurs que l’une ou l’autre partie trouve inacceptables, ainsi que pour avoir accusé l’armée de laver le cerveau des troupes.

Plus récemment, des groupes de droite ont critiqué l’armée en 2016 pour avoir autorisé des conférences de l’Institut Shalom Hartman et de la Yeshiva séculière du BINA, qui enseignait le pluralisme religieux, les deux groupes ayant reçu un soutien financier du New Israel Fund, un fonds de gauche.

Cette nouvelle mesure vise à mettre un terme à ces questions et à écarter l’armée des débats politiques.

Il y a actuellement 97 institutions – musées, organisations, conférenciers – qui ont des contrats avec l’armée leur permettant de donner des conférences et une formation éducative sur une variété de questions aux conscrits. En vertu de cette nouvelle décision, ce nombre serait ramené à 15, a déclaré un officier supérieur de Tsahal aux journalistes, parlant sous couvert de l’anonymat.

Des soldats israéliens contemplent le « Hall of Names » lors d’une visite à Yad Vashem quelques jours avant le jour du souvenir de l’Holocauste (Miriam Alster/Flash 90).

En outre, les sujets approuvés se limiteraient à la mémoire de l’Holocauste, au patrimoine militaire et à un mode de vie sain, ce qui comprendrait la lutte contre la drogue, la lutte contre l’alcoolisme, la sécurité routière et la sensibilisation à la sécurité des armes à feu.

Tout autre sujet sera enseigné aux soldats conscrits par des unités internes de l’armée, dirigées par le Corps d’éducation de Tsahal, a précisé le haut responsable.

Ces sujets seront également limités à des questions non controversées et apolitiques portant sur des valeurs militaires et sociétales convenues, comme le renforcement de la force personnelle et la compréhension de l’importance de la chaîne de commandement, selon l’officier.

Les officiers supérieurs de Tsahal peuvent encore assister à des conférences données par des groupes autres que les 15 groupes agréés et sur des sujets autres que ceux mentionnés ci-dessus, mais ce sera au cas par cas, a-t-il dit.

« Le commandant est un éducateur et nous voulons qu’ils soient à l’avant-garde de l’effort d’éducation et qu’ils ne comptent pas sur d’autres groupes dans ce domaine », a ajouté l’officier.

Cette décision était basée sur une lettre envoyée par le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot en 2016, dans laquelle il notait : « il est clair que l’éducation du soldat est la responsabilité du commandant, et qu’il est de leur devoir d’assumer cette responsabilité éducative, de renforcer l’esprit de combat et de discuter des valeurs avec ses subalternes ».

Cette décision a été prise à la suite de discussions approfondies entre les groupes concernés au sein de l’armée. Il a été présenté aux représentants des 97 institutions précédemment approuvées lors d’une conférence dimanche, a dit l’officier.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...