Tsahal souhaite au Liban un joyeux Jour de l’Indépendance « libéré du Hezbollah »
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Tsahal souhaite au Liban un joyeux Jour de l’Indépendance « libéré du Hezbollah »

Les vœux sur Twitter surviennent quelques heures après qu'Israël a avoué pour la première fois avoir torpillé par erreur un bateau libanais en 1982, faisant 25 morts

Les forces armées libanaises participent à un défilé militaire à l'occasion des célébrations du Jour de l'Indépendance marquant les 75 ans de la fin du mandat de la France au Liban, le 22 novembre 2018. (ANWAR AMRO / AA / AFP)
Les forces armées libanaises participent à un défilé militaire à l'occasion des célébrations du Jour de l'Indépendance marquant les 75 ans de la fin du mandat de la France au Liban, le 22 novembre 2018. (ANWAR AMRO / AA / AFP)

L’armée israélienne a souhaité au Liban, jeudi, un joyeux Jour de l’Indépendance, en utilisant ce message inhabituel pour exhorter à la fin de l’influence iranienne sur le pays.

Dans un tweet, accompagné d’une photo du drapeau libanais et d’une main faisant le signe de la victoire, l’unité du porte-parole de Tsahal a souhaité que le Liban soit libéré du « terrorisme iranien et du #Hezbollah dans votre pays ».

« Joyeux Jour de l’Indépendance aux habitants du #Liban, nos voisins du nord », pouvait-on lire dans le message.

Le message a été posté sur le compte Twitter de l’armée israélienne en anglais, français et espagnol, mais pas en hébreu.

Le message est arrivé quelques heures après que la censure militaire israélienne a levé un embargo contre la publication d’un incident survenu en 1982, au cours duquel un sous-marin israélien avait torpillé par erreur un bateau transportant des réfugiés et des travailleurs étrangers, tuant 25 personnes au large des côtes du Liban.

Séquence d’illustration d’un reportage de la Dixième chaîne sur un sous-marin israélien qui a coulé un bateau de réfugiés libanais en 1982, tuant 25 personnes, diffusé le 22 novembre 2018 (Capture d’écran : Dixième chaîne)

L’incident a été rapporté pour la première fois par la Dixième chaîne d’information jeudi soir, après avoir déposé une plainte devant la Cour suprême contre cette censure.

Selon la Dixième chaîne, l’incident s’est produit au large des côtes de la ville de Tripoli, au nord du Liban, en juin 1982, alors qu’Israël imposait un blocus naval au Liban.

Des blindés israéliens aux abords de la capitale libanaise de Beyrouth, le 16 juin 1982 (Crédit : AP Photo/Rina Castelnuovo)

Alors qu’Israël et le Liban sont officiellement ennemis, Israël a, dans le passé, clairement établi une distinction entre Beyrouth et l’organisation terroriste du Hezbollah, un puissant mandataire iranien.

Israël a mené deux guerres contre le Hezbollah, la dernière en 2006. L’armée libanaise n’a pas pris part aux combats.

Mais ces dernières années, le Hezbollah étant devenu une force politique au Liban et étant entré au gouvernement libanais, Israël a de plus en plus indiqué qu’il pourrait confondre le Hezbollah et le Liban dans une guerre future, ce qui fait craindre une conflagration plus importante.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2018 et brandit une carte indiquant les sites de missiles présumés du Hezbollah à Beyrouth. (AFP / TIMOTHY A. CLARY)

« Les résultats des élections libanaises renforcent ce qui a été notre approche pendant un certain temps : Hezbollah=Liban », a déclaré en mai le ministre de l’Education Naftali Bennett, à l’intention du ministre de la Défense.

En septembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de cacher des installations au cœur de Beyrouth pour équiper ses roquettes avec une technologie de précision fournie par l’Iran.

Quelques jours plus tard, des représentants du gouvernement libanais ont organisé une visite de certains des sites pour démentir les affirmations de Netanyahu.

Un soldat libanais monte la garde alors que le ministre libanais des Affaires étrangères Gebran Bassil visite un club de football, avec des diplomates et des journalistes, l’un des nombreux endroits qu’ils ont visités près de l’aéroport international de Beyrouth, au Liban, le lundi 1er octobre 2018. (AP /Hassan Ammar)

Israël a mené des centaines de raids en Syrie pour empêcher le transfert d’armes de pointe au Hezbollah. L’armée de l’air s’est généralement abstenue de mener des raids à l’intérieur même du Liban, bien qu’elle ait indiqué qu’elle était prête à le faire.

Une photo d’un avion de combat furtif F-35 israélien survolant la capitale libanaise de Beyrouth, qui aurait fuité aux informations sur la chaîne israélienne Hadashot. (Capture d’écran)

Plus tôt cette année, le chef de l’armée de l’air israélienne Amikam Norkin a montré aux généraux lors d’une visite une photo d’un chasseur F-35 volant près de l’aéroport de Beyrouth, un message considéré comme adressé directement au Hezbollah.

Les tensions entre Israël et le Liban se sont également exacerbées récemment en raison d’un différend sur les gisements de gaz naturel en Méditerranée.

En mars, le Premier ministre libanais Saad Hariri a déclaré qu’il renforçait la présence des troupes le long de la frontière avec Israël. L’armée libanaise a reçu plus d’un milliard de dollars d’aide américaine au cours de la dernière décennie.

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