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Tsahal va autopsier le corps exhumé de Yuval Castleman pour faciliter l’enquête

Ce civil a été tué par le sergent-chef (res.) Aviad Frija, qui l'avait pris pour un terroriste lors d'un attentat à Jérusalem ; de nouvelles preuves ont motivé cette décision

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

À gauche, Aviad Frija, au tribunal militaire, le 5 décembre 2023 ; Yuval Castleman, abattu alors qu'il venait d'ouvrir le feu sur des terroristes, à Jérusalem, le 1er décembre 2023. (Crédit : Capture d'écran Walla ; Autorisation)
À gauche, Aviad Frija, au tribunal militaire, le 5 décembre 2023 ; Yuval Castleman, abattu alors qu'il venait d'ouvrir le feu sur des terroristes, à Jérusalem, le 1er décembre 2023. (Crédit : Capture d'écran Walla ; Autorisation)

L’armée israélienne a annoncé vendredi qu’elle avait exhumé le corps de Yuval Castleman, civil abattu par réserviste – qui n’était pas en service – lors d’une attaque terroriste à Jérusalem la semaine dernière, et qu’elle allait procéder à une autopsie pour les besoins de l’enquête.

Le corps de Castleman a en effet été inhumé après les faits sans que soit pratiquée d’autopsie.

Par voie de communiqué, l’armée israélienne a déclaré que des représentants de l’avocat général militaire s’étaient entretenus jeudi avec la famille de Castleman pour les informer des développements de l’enquête.

Le communiqué précise que la police militaire « a pratiqué des examens complémentaires avec des spécialistes, à partir desquels de nouvelles informations ont émergé » en lien avec l’enquête sur la mort de Castleman.

Sur les lieux de la fusillade terroriste à l’arrêt de bus, le sergent-chef (réserviste) Aviad Frija, l’un des deux soldats qui n’étaient pas en service et qui ont répondu à l’attaque, a ouvert le feu sur les deux assaillants, mais aussi sur Castleman, un civil armé qui avait également tiré sur les terroristes.

Les images de la scène montrent que Frija a tiré sur Castleman alors que ce dernier avait baissé son arme et levait les mains en l’air. Il a été interrogé en garde à vue le dimanche et arrêté le lendemain, puis libéré et assigné à résidence mercredi. Il est soupçonné d’avoir commis un homicide par imprudence.

L’armée israélienne a affirmé que ces nouvelles informations requièrent de procéder à une autopsie.

Tsahal a déclaré que les nouvelles informations de l’enquête ont conduit à la nécessité de procéder à une autopsie, ajoutant que la famille de Castleman a accepté que son corps soit exhumé pour les besoins de l’enquête.

« Après un examen minutieux de toutes les informations pertinentes, l’unité d’enquête de la police militaire et l’avocat général militaire ont ouvert la tombe en vue de transférer le corps à l’Institut médico-légal [Abou Kabir] pour une autopsie », a déclaré l’armée, ajoutant que les unités avaient demandé et obtenu une ordonnance du tribunal autorisant l’exhumation du corps.

Une source ayant connaissance des détails de l’enquête a déclaré vendredi au site d’information Walla qu’un précédent scanner suggérait que des balles pouvaient encore être présentes dans le corps de Castleman.

« Après l’autopsie, nous pourrons savoir avec certitude s’il s’agit de balles ou de parties de balles. J’estime avec prudence qu’il s’agit bien de balles », a souligné la source.

Dans un communiqué, la famille de Castleman a déclaré avoir accepté la procédure dans l’espoir que « justice soit faite ».

Le deuxième soldat impliqué, qui a ouvert le feu et a été blessé, a également été interrogé dimanche.

Trois autres personnes ont été tuées et cinq ont été blessées dans l’attentat. Castleman conduisait de l’autre côté de la rue lorsque l’attaque s’est produite ; il a arrêté sa voiture, traversé la route et s’est précipité sur les terroristes avec son arme à feu et a tiré sur eux.

Yuval Castleman tué par balle après avoir empêché la poursuite d’un attentat terroriste meurtrier à Jérusalem, le 30 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Les soldats, qui sont arrivés sur les lieux au même moment, ont vraisemblablement pris Castleman pour un troisième terroriste, et au moins l’un d’entre eux, Frija, lui a tiré dessus.

Une vidéo de la scène montre Castleman jetant son arme, tombant à genoux et levant les mains en l’air tout en criant « Ne tirez pas » alors que les soldats s’approchent de lui. On lui tire alors à nouveau dessus.

Selon des informations supplémentaires rapportées dimanche, Castleman a également crié aux soldats avant de s’effondrer : « Regardez ma carte d’identité, je suis Juif. »

S’exprimant sur l’incident, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Herzi Halevi, a déclaré mardi que les soldats ne devaient pas tirer sur quelqu’un qui mettait les mains en l’air, et a salué l’action « courageuse » de Castleman, qui a éliminé les tireurs du Hamas.

« C’est vraiment de l’héroïsme », a-t-il déclaré.

S’adressant à la Quatorzième chaîne – une chaîne de télévision qui a adopté une position de droite –  peu après l’attaque, Frija a déclaré que « quelqu’un a crié ‘terroriste’ ».

« L’autre soldat et moi étions allongés sur le sol, puis nous avons fait le tour derrière la gare [routière]. Nous avons réalisé que [les terroristes] étaient derrière nous. »

Les services d’urgence israéliens sur les lieux d’une attaque terroriste par balles, à l’entrée de Jérusalem, le 30 novembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90/Dossier)

« Lentement, nous les avons cherchés, nous avons marché accroupis derrière la gare, et quand nous avons passé le bâtiment, nous les avons soudainement vus et nous les avons alors abattus », a déclaré Frija. « Il y avait un terroriste là et nous l’avons abattu. »

Interrogé par la chaîne pour savoir s’il confirmait que les terroristes avaient été tués, Frija a répondu : « Oui, nous avons tiré jusqu’à ce qu’ils tombent. »

Les avocats de Frija, le colonel (res,) Shlomi Tzipori et le colonel (res) Ran Cohen Rochberger, ont déclaré aux médias lundi que les vidéos montrant l’attaque terroriste et la fusillade mortelle « créent une impression partielle et fausse qui ne reflète pas ce qui a été vu et entendu par le soldat ».

« Les tirs supplémentaires effectués par le soldat et d’autres personnes dans la zone en direction de Yuval [qu’il repose en paix] doivent être examinés en fonction de toutes les circonstances et de la situation qui se tenait sous les yeux du soldat en temps réel », ont souligné les avocats.

À l’issue de l’enquête de la police militaire, Tsahal décidera si des poursuites pénales peuvent être engagées contre Frija. Les protocoles de l’armée israélienne ne permettent pas aux soldats de tirer sur quelqu’un qui lève les mains en l’air. Par ailleurs, des responsables ont affirmé que la conduite du soldat au cours de « l’incident » ne correspondait pas à ce que l’on attendait de lui d’après les normes et les valeurs de Tsahal.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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