Turquie : des mosquées diffusent « Bella Ciao », enquête ouverte
Rechercher

Turquie : des mosquées diffusent « Bella Ciao », enquête ouverte

Des inconnus ont piraté le système d'appel à la prière à Izmir et l'hymne antifasciste a été diffusé par plusieurs mosquées à l'heure de l'appel à la prière

Illustration : Un employé de la municipalité de Fatih désinfecte la place Sultanhamet à Istanbul avec la mosquée Bleue à l'arrière pour prévenir la propagation du COVID-19, le 21 mars 2020 (Crédit :  BULENT KILIC / AFP)
Illustration : Un employé de la municipalité de Fatih désinfecte la place Sultanhamet à Istanbul avec la mosquée Bleue à l'arrière pour prévenir la propagation du COVID-19, le 21 mars 2020 (Crédit : BULENT KILIC / AFP)

Les autorités turques ont ouvert une enquête jeudi après que des inconnus ont piraté le système d’appel à la prière à Izmir pour diffuser le chant de révolte italien « Bella Ciao » à partir des minarets de plusieurs mosquées de cette ville de l’ouest de la Turquie.

L’hymne antifasciste a été diffusé par plusieurs mosquées mercredi après-midi, à l’heure de l’appel à la prière. La séquence a été largement partagée sur les réseaux sociaux.

La division locale de l’Autorité turque des Affaires religieuse a confirmé l’incident dans un communiqué diffusé mercredi soir sur son compte Twitter et annoncé avoir ouvert une enquête interne et porté plainte auprès de la police.

« Bella Ciao » a été diffusé après que « des inconnus ont saboté et illégalement piraté le système d’appel à la prière », a précisé cet organisme.

Le parquet d’Izmir a ouvert une enquête sur cet incident et aussi contre des usagers des réseaux sociaux soupçonnés de « dénigrement des valeurs religieuses » pour l’avoir applaudi, selon l’agence de presse étatique Anadolu.

Une femme a été arrêtée dans le cadre de ces investigations, a annoncé Anadolu en début de soirée jeudi sans plus de précisions.

Izmir, la troisième plus grande ville turque, est un bastion laïque et le fief du CHP, le principal parti d’opposition fondé par le père de la Turquie moderne Mustafa Kemal Atatürk.

Omer Celik, le porte-parole de l’AKP, le parti islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, a « vigoureusement condamné » ce piratage, affirmant sur Twitter que « les auteurs de cet acte répugnant seront retrouvés ».

Les médias soutenant le gouvernement ont également condamné ce piratage, le qualifiant de « scandale » et de « vile attaque contre les mosquées ».

L’incident s’est produit en plein ramadan, le mois de jeûne musulman, à un moment où les mosquées sont fermées, depuis deux mois, pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus en Turquie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...