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Turquie/Kurdes : une médecin arrêtée pour avoir réclamé une enquête sur l’usage d’armes chimiques

Evoquant la possible utilisation de "gaz toxiques", la médecin avait appelé à une "enquête indépendante afin d'établir la responsabilité des Etats qui utilisent ce genre d'armes"

Illustration : Des soldats turcs montent la garde sur le site d'une explosion à la voiture piégée attribuée aux rebelles du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à Diyardakir, le 15 août 2016. (Crédit : Ilyas Akengin/AFP)
Illustration : Des soldats turcs montent la garde sur le site d'une explosion à la voiture piégée attribuée aux rebelles du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à Diyardakir, le 15 août 2016. (Crédit : Ilyas Akengin/AFP)

La présidente de l’Union des médecins de Turquie (TTB), Sebnem Korur Fincanci, a été arrêtée mercredi, une semaine après avoir réclamé une enquête sur l’éventuelle utilisation d’armes chimiques par l’armée turque en Irak contre les rebelles kurdes du PKK, a annoncé le parquet d’Ankara.

« La présidente de l’Union des médecins de Turquie (…) a été arrêtée le 26/10/2022, accusée de faire la propagande d’une organisation terroriste », a déclaré le bureau du procureur général d’Ankara, réclamant le remplacement de Mme Fincanci dans ses fonctions.

Des accusations de recours à des armes chimiques, relayées par des médias prokurdes et des membres de l’opposition turque, étaient apparues la semaine dernière et les combattants kurdes avaient diffusé une liste de 17 noms, accompagnés de photos, de personnes présentées comme des « martyrs » tués par des gaz toxiques dans le nord de l’Irak.

Ankara avait aussitôt dénoncé une campagne de « désinformation ».

Mme Fincanci avait pour sa part dit avoir « regardé et examiné les images sur les réseaux sociaux » de ces victimes supposées des armes chimiques.

Evoquant la possible utilisation de « gaz toxiques », la médecin avait appelé à une « enquête indépendante afin d’établir la responsabilité des Etats qui utilisent ce genre d’armes », toutes interdites sur le champ de bataille, avait-elle rappelé.

Le bureau du procureur général d’Ankara avait annoncé dans la foulée l’ouverture d’une enquête à l’encontre de Mme Fincanci.

Contactée par l’AFP, Mme Fincanci avait affirmé avoir simplement appelé à une « enquête effective ». « A la place, ils ont ouvert une enquête à mon encontre. Ce n’est pas étonnant. A travers moi, ils intimident la société », avait-elle réagi.

Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a de nouveau démenti lundi l’utilisation d’armes chimiques par Ankara : « Il n’y a pas d’armes chimiques dans l’inventaire des forces armées turques », a-t-il assuré.

Ankara dispose depuis 25 ans d’une quarantaine de positions militaires au Kurdistan irakien et y a déclenché plusieurs opérations contre le Parti des travailleurs kurdes (PKK), un groupe qui mène une insurrection contre l’Etat turc depuis 1984 et classé comme « terroriste » par la Turquie et les Occidentaux.

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