Un activiste anti-Netanyahu interrogé par la police
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Un activiste anti-Netanyahu interrogé par la police

Haim Shadmi, qui aurait menacé le fils du Premier ministre, a dit à ses soutiens avant son interrogatoire que "la justice et la vérité éclateront"

Environ 200 manifestants du mouvement de protestation contre la corruption "Drapeau noir" ont manifesté devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 3 mai 2020. (Autorisation)
Environ 200 manifestants du mouvement de protestation contre la corruption "Drapeau noir" ont manifesté devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 3 mai 2020. (Autorisation)

Haim Shadmi, activiste de gauche qui aurait menacé le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu en début de semaine, a été interrogé vendredi par la police après la lecture de ses droits.

Shadmi a été convoqué par l’unité des crimes graves du Lahav 433 suite à deux plaintes : l’une a été déposée par le Premier ministre mercredi et l’autre, distincte, a été soumise par Yair Netanyahu.

Des dizaines de partisans attendaient Shadmi au siège de l’unité dans la matinée de vendredi, a fait savoir la Treizième chaîne. L’activiste s’est adressé à ses soutiens en affirmant que « la justice et la vérité éclateront ; il n’y a pas de forces plus puissantes ».

Cet interrogatoire a eu lieu après la diffusion d’un vidéo-clip par le Premier ministre qui a filmé une manifestation organisée aux abords de sa résidence officielle et dans laquelle un protestataire portant un masque, Shadmi, semblait dire : « Yair, souviens-toi de notre promesse. Ca semble farfelu. Il faut nous croire, on te l’a toujours dit, on sait pourquoi tu as besoin de gardes du corps. Crois-moi, on le sait, peut-être qu’un jour tes gardes du corps ne seront pas là et ce jour-là… »

Le quartier général de l’Unité des crimes majeurs Lahav 443 de la police israélienne dans le centre d’Israël. L’unité est chargée de diriger les enquêtes contre Netanyahu. (Yossi Zeliger/Flash 90)

L’homme s’est interrompu avant de hausser les épaules en disant : « Qui sait ? »

« Les incitation de l’extrême-gauche ont franchi des limites », avait alors déclaré Netanyahu dans un communiqué. « Ce sont de véritables menaces faites à la vie de mon fils. Elles ne doivent pas être ignorées. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ajouté que l’activiste de gauche avait menacé de lancer un cocktail Molotov sur sa résidence de Jérusalem, même si aucune image n’est venue corroborer cette affirmation.

Dans un post publié sur Facebook, Shadmi a écrit : « Je n’ai pas, je n’ai jamais et je n’aurai jamais l’intention d’utiliser la violence physique ou de menacer la vie d’un homme, pas même de quelqu’un qui est, selon moi, un être vil, qui détruit la démocratie israélienne. »

« Dans le feu de la manifestation – comme dans celui qui règne sur les gradins lors des matchs de football – on dit parfois des choses de manière trop passionnées et irréfléchies… Je ne soutiens pas la violence, je n’ai jamais frappé ni blessé physiquement qui que ce soit, je ne le ferai jamais et je n’appellerai jamais personne à le faire », a-t-il ajouté.

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Flash90)

Shadmi, journaliste freelance, auteur et réalisateur de documentaires, a publié des articles d’investigation pour Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israël, notamment un reportage consacré au système de soins israélien paru le mois dernier.

Yair Netanyahu, 28 ans, vit à la résidence du Premier ministre. Conservateur de premier plan, il est devenu célèbre pour ses publications souvent grossières et controversées sur les réseaux sociaux.

Le mois dernier, Netanyahu avait désavoué son fils, qui avait semblé souhaité la mort de manifestants de gauche à l’occasion d’un rassemblement contre le Premier ministre organisé à Tel Aviv.

Nitzan Horowitz, leader du parti de gauche Meretz, avait posté une photo de lui sur Twitter où il apparaissait, portant un masque, parmi les manifestants, à l’écart les uns des autres pour respecter les directives de distanciation sociale, ce qui avait amené Yair Netanyahu à l’accuser de mettre en danger la santé publique.

« J’espère que les plus âgés qui vont mourir des suites de cette manifestation appartiendront bien à votre camp », avait écrit Netanyahu fils.

Il avait ultérieurement ajouté qu’il pensait que la manifestation était une forme de rassemblement de masse qui aiderait à faire se propager l’épidémie de coronavirus.

« Et donc, statistiquement, il y a une chance assez bonne que les manifestants de gauche, ce soir, soient à l’origine de la mort prochaine de personnes âgées. Je préfèrerai que ces dernières ne soient pas des nôtres », avait-il ajouté.

Les propos tenus avaient entraîné des critiques immédiates et féroces, y-compris de la part du Premier ministre dont le bureau avait émis un communiqué disant que le chef du gouvernement « rejette catégoriquement ces écrits ».

« Il n’y a pas de camps politiques dans la lutte contre le coronavirus et il ne doit pas y en avoir », avait noté le bureau du Premier ministre dans une déclaration.

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