Un adolescent juif reconnu coupable d’actes terroristes anti-palestiniens
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Un adolescent juif reconnu coupable d’actes terroristes anti-palestiniens

Le suspect a été notamment reconnu coupable d'avoir jeté des grenades fumigènes et des cocktails Molotov sur des habitations et d'avoir violemment agressé un fermier

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Graffiti sur le mur d'une maison du village de Beitillu en Cisjordanie, le 22 décembre 2015, disant «Vengeance. Salutations des prisonniers de Sion» (Crédit : Police israélienne)
Graffiti sur le mur d'une maison du village de Beitillu en Cisjordanie, le 22 décembre 2015, disant «Vengeance. Salutations des prisonniers de Sion» (Crédit : Police israélienne)

Le bureau du procureur du district de Lod a annoncé mardi la condamnation d’un adolescent membre d’une cellule terroriste juive pour s’en être pris à des Palestiniens et à leurs biens dans le centre de la Cisjordanie entre 2013 et 2016.

Le suspect, dont l’identité n’a pas été révélée car mineur au moment des faits, est membre d’un groupe, avec trois frères condamnés au mois de mars dans le cadre d’un accord judiciaire.

Jugeant que ses actes étaient particulièrement répréhensibles, les procureurs ont jugé et condamné séparément ce dernier suspect, impliqué dans neuf attaques différentes, sans proposer de négociation de peine préalable. Le jugement a été prononcé la semaine dernière mais n’a été rendu public que mardi par la cour.

Jeudi, le tribunal a déclaré le jeune homme de 19 ans coupable de 25 chefs d’inculpation, notamment d’appartenance à une organisation terroriste, d’agression aggravée à mobile raciste, de destruction de biens à mobile raciste, de jets de pierre sur des véhicules et d’incendie.

C’est la deuxième fois seulement qu’un suspect juif est reconnu coupable d’appartenance à une organisation terroriste, dans le cadre d’attaques « prix à payer » – des attaques menées par des extrémistes juifs d’extrême-droite contre des Palestiniens et leurs biens en riposte aux actions et politiques mises en œuvre contre les entreprises d’implantation.

L’un des trois frères, un adolescent, a été également condamné pour appartenance à un groupe terroriste au mois de mars.

Les trois frères issus de l’implantation ultra-orthodoxe de Nahliel ont été condamnés l’année dernière à cinq ans, quatre ans et demi et deux ans et demi de prison.

L’adolescent, originaire d’une implantation différente du centre de la Cisjordanie, a été jugé la semaine dernière et devrait écoper d’une sanction plus lourde. La sentence n’est pas attendue avant le mois de juin.

Un policier palestinien inspecte les dégâts à l’intérieur d’une maison incendiée appartenant à un témoin clé d’un incendie criminel perpétré par des extrémistes juifs qui ont tué une famille palestinienne, dans le village de Duma, en Cisjordanie, après l’incendie qui a éclaté dans la maison aux premières heures du 20 mars 2016. (AFP/Jaafar Ashtiyeh)

Selon le jugement, le suspect et ses complices « ont cherché entre autres à instiller la peur et la panique chez les résidents palestiniens de Judée-Samarie [Cisjordanie] et à envoyer un message aux forces de sécurité et au public en Israël en termes sécuritaires ».

Au milieu de la nuit, en décembre 2015, le suspect et un complice ont pris la direction du village de Beitillu. Aux abords de ce village du centre de la Cisjordanie, ils ont brisé la fenêtre d’une habitation qu’ils savaient occupée et jeté deux grenades fumigènes à l’intérieur, avant de prendre la fuite. Selon le jugement, le père palestinien a entendu le bruit du verre cassé, puis est allé réveiller son épouse et leur bébé de neuf mois pour les sortir de la maison avant que cette dernière ne soit entièrement remplie de fumée. Sur le mur d’une maison avoisinante, les assaillants avaient écrit à la bombe « Vengeance – Salutations des prisonniers de Sion ».

Lors d’un second incident survenu un mois auparavant, les deux adolescents juifs avaient jeté des cocktails Molotov dans une maison du village de Mazraa al-Qibliya alors qu’une famille palestinienne dormait à l’intérieur. L’un des projectiles avait rebondi sur la fenêtre et une catastrophe avait donc pu être évitée. Sur les murs de l’habitation étaient tagués à la bombe : « Vengeance », « Mort aux Arabes » et « Les Juifs se réveillent ».

Encore un mois plus tôt, le suspect ainsi que trois autres membres de la cellule terroriste avaient jeté des pierres sur des véhicules palestiniens à proximité de Ramallah et en avaient incendié un autre à Beitillu en représailles au meurtre de Naama and Eitam Henkin, un couple israélien.

Au mois de juin 2015, le suspect ainsi que cinq autres personnes avaient violemment agressé un fermier palestinien aux alentours du village de Ras Karkar.

lllustration : Un membre des « Jeunes des Collines » sur un âne dans un avant-poste illégal du nord de la Cisjordanie (Crédit : Zman Emet, Kan 11)

Les services de sécurité du Shin Bet avaient démantelé la cellule terroriste au mois d’avril 2016, mais les adolescents avaient été placés en liberté conditionnelle dans l’attente de leur jugement.

« Cette affaire montre que les autorités chargées de l’application de la loi travaillent avec une détermination pleine et entière à éliminer les actions violentes qui constituent des actes de terrorisme pour des mobiles clairement nationalistes », ont déclaré Dan Cohen et Reut Aviri, chargés du dossier pour le compte du bureau du procureur.

Hay Heber, de l’organisation d’aide juridique Honenu, qui représentait le suspect, a rejeté l’idée selon laquelle son client appartiendrait à un groupuscule terroriste. « C’est une accusation sans fondement, émise en toute démagogie. Placer mon client dans la même catégorie qu’un combattant du Hamas est non seulement erroné sur le plan juridique mais également factuel ».

L’avocat a expliqué que son client avait exprimé des remords et qu’il était utilisé de manière injuste par la cour, désireuse d’en faire un exemple pour prouver sa volonté de réprimer les violences commises par les Juifs.

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