Un Américain accusé d’abus sexuels arrêté en Israël après 10 ans de cavale
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Un Américain accusé d’abus sexuels arrêté en Israël après 10 ans de cavale

L'Etat va demander l'extradition de l'homme de Brooklyn qui aurait agressé des proches, avec ses fils ; sa femme l'a conduit à l'aéroport le jour où une victime s'est manifestée

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Photo illustrative d'un homme menotté (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Photo illustrative d'un homme menotté (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La police a arrêté dimanche un homme originaire de Brooklyn qui réside illégalement en Israël depuis 2010, sur la base d’allégations selon lesquelles il aurait abusé sexuellement de ses proches de sexe féminin, a déclaré un responsable de l’application des lois.

En dépit du fait que l’identité du suspect ait été révélée dans la presse américaine peu après sa fuite du pays, le ministère de la Justice a imposé un embargo sur l’identité de l’homme afin de protéger l’identité des victimes présumées.

Le suspect a été arrêté dans le sud d’Israël et déféré lundi devant le tribunal de district de Jérusalem, où un représentant de la Division des affaires internationales du Bureau du procureur général a déposé une demande d’extradition vers les États-Unis.

Cette arrestation a mis fin à une chasse à l’homme de plus de quatre ans qui avait débuté en 2015, après que le ministère de la Justice a déclaré avoir reçu une demande d’extradition du suspect de la part des États-Unis. Les médias américains ont toutefois indiqué que la demande avait été déposée en 2011. Un fonctionnaire du ministère de la Justice n’a pas répondu immédiatement à une demande d’éclaircissement à ce sujet.

Selon la demande d’extradition américaine, le suspect a abusé de ses proches de sexe féminin dans sa maison de Brooklyn de 1996 à 2004 alors que les filles étaient mineures. En octobre 2010, l’une des victimes présumées s’est manifestée et la police de New York a ouvert une enquête. « Le même jour, la conjointe de l’homme l’a conduit à l’aéroport JFK et de là, il s’est envolé pour Israël », indique la déclaration du ministère de la Justice. Des rapports locaux de l’époque indiquaient que la femme du suspect avait emmené son fils de 20 ans avec son père, car le fils aurait pris part aux sévices avec au moins deux de ses frères.

Le visa de touriste du suspect a expiré plusieurs mois après son entrée et il réside depuis lors illégalement en Israël, a indiqué le ministère de la Justice.

Une source ayant connaissance de l’enquête a indiqué que le suspect est un rabbin ultra-orthodoxe et qu’il résidait à Jérusalem jusqu’à l’année dernière, lorsque le fils qui avait fui New York avec lui a été arrêté par la police et extradé vers les États-Unis. Depuis l’arrestation, le suspect a déménagé dans une ville plus isolée du sud d’Israël.

L’organisation Jewish Community Watch, qui soutient les victimes d’agressions sexuelles et qui a été impliquée dans les derniers développements de l’affaire, a déclaré dans un communiqué : « Nous avons été choqués par le processus horrible et interminable que les victimes ont été forcées d’endurer… La douleur de l’attente de réponses et de la résolution du problème, jour après jour pendant 10 ans, est une tragédie qu’aucune victime ne devrait jamais avoir à subir. »

« Les autorités américaines et israéliennes doivent répondre de beaucoup de choses, étant donné qu’elles ont laissé cette affaire traîner pendant si longtemps », a ajouté le groupe, avant de remercier les autorités israéliennes d’avoir finalement procédé à l’arrestation.

Shana Aaronson, du JCW, a déclaré au Times of Israël que cette affaire prouvait la nécessité pour Israël de contrôler les personnes qui arrivent de l’étranger. « Dans l’état actuel des choses, les gens peuvent venir et vivre ici, peu importe ce qu’ils ont fait », a-t-elle expliqué. « Les efforts qui doivent être faits pour attirer l’attention de quiconque sont incroyables et choquants. »

Cette enquête a pour toile de fond une affaire similaire impliquant l’ancienne directrice d’une école australienne, Malka Leifer, qui a pris un aller-simple à destination d’Israël en 2008, alors que des allégations d’abus sexuels sur des enfants étaient portées à sa connaissance. Elle a été arrêtée en Israël en 2014 après que l’Australie a demandé son extradition, mais un tribunal de Jérusalem a suspendu la procédure en 2016, la jugeant mentalement inapte à subir un procès. Elle a été de nouveau arrêtée en 2018 après avoir été filmée alors qu’elle semblait mener une vie normale.

Ses avocats ont continué à soutenir la thèse de la folie et les procédures contre elle sont en cours, au grand dam de ses nombreux accusateurs et du gouvernement australien.

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