Un ancien chef de la police : Ben Gvir n’est « absolument pas qualifié » pour ce poste
Moshe Karadi estime que les propositions du ministre de la Sécurité nationale pour rétablir la sécurité sont du "populisme peu sérieux" digne d'un "pyromane"
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Un ancien chef de la police a critiqué samedi le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après que ce dernier a déclaré qu’il allait ordonner une importante répression antiterroriste à Jérusalem-Est suite à l’attentat meurtrier à la voiture-bélier de vendredi, l’accusant de populisme.
Peu après l’attentat, le ministre d’extrême-droite Ben Gvir a publié une déclaration indiquant qu’il avait demandé à la police de se préparer à une grande répression antiterroriste à partir de dimanche, évoquant spécifiquement une célèbre campagne militaire de 2002 contre les groupes terroristes de Cisjordanie. Cependant, Ben Gvir n’a pas l’autorité nécessaire pour approuver seul une telle opération et ses commentaires ont été rejetés par un haut fonctionnaire du gouvernement.
« Ben Gvir est un pyromane doté d’un réservoir de gaz », a déclaré Karadi, lors d’une conférence à Rishon Lezion.
Karadi a fait remarquer qu’une telle opération nécessiterait des préparatifs importants, qui dureraient des mois. « Ben Gvir ne comprend pas cela, car il n’a jamais commandé ne serait-ce qu’une demi-escouade et n’a jamais porté d’uniforme », a-t-il ajouté. (Tsahal a refusé d’enrôler Ben Gvir en raison de son activisme politique d’extrême-droite).
L’ancien chef de la police, qui a dirigé la force entre 2004 et 2007, a déclaré que Ben Gvir n’était pas à sa place. « On lui a confié un travail pour lequel il n’est absolument pas qualifié », a-t-il déclaré.
« Ben Gvir ne comprend pas que la police doit prévenir les crimes, enquêter et traduire les suspects en justice », a-t-il ajouté. « Si vous voulez verrouiller des quartiers en guise de punition, vous devez faire appel au tribunal, pas à la police. »
« Il ne comprend probablement même pas que Shuafat fait partie de l’État d’Israël », a ajouté Karadi, faisant référence à un quartier de Jérusalem-Est. « La comparaison entre Jénine et Issawiya est ridicule. »
Ben Gvir a déclaré qu’il avait ordonné à la police de mettre en place des barrages routiers autour d’Issawiya, d’où venait le terroriste, « et d’arrêter et de vérifier chaque voiture ».
« Je ne me souviens pas d’un ministre de la Défense qui ait informé le Hamas que mercredi, nous entrerons dans un quartier de Gaza. Seul quelqu’un qui ne comprend rien à la police pourrait faire cela », a déclaré Karadi.
Il a également critiqué Ben Gvir pour avoir fait cette annonce alors qu’il visitait le site de l’attaque de vendredi.
« S’il était vraiment sérieux, pourquoi avait-il besoin de le faire depuis le trottoir en plein milieu de la journée », a déclaré Karadi, en faisant référence à l’appel de Ben Gvir en faveur d’une opération. « C’est du populisme peu sérieux. »
La critique de Karadi à l’égard de Ben Gvir est intervenue un jour après qu’un haut fonctionnaire du gouvernement a déclaré à plusieurs médias israéliens, sous couvert d’anonymat, que « les décisions d’une telle ampleur ne sont pas prises dans les déclarations d’un ministre ou de qui que se soit sur un trottoir, sur les lieux d’un attentat. »
Le fonctionnaire a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne déciderait d’une opération qu’après avoir consulté les services de sécurité et après une discussion ordonnée au sein du cabinet, qui devait se réunir dimanche.
Le fonctionnaire a ajouté qu’il n’y avait aucune intention « de punir tous les habitants de Jérusalem-Est » et que toute action devrait également tenir compte de la prochaine fête du Ramadan et de la nécessité de permettre la liberté de culte dans la capitale.
L’attaque de vendredi s’est produite à un arrêt de bus près du site de Nebi Samuel, entre Jérusalem et la ville palestinienne de Ramallah. Le terroriste, Hussein Qaraqa, a foncé avec sa voiture sur un groupe de personnes, tuant à ce jour trois personnes, dont deux enfants.
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