Un ancien conseiller de Netanyahu devient témoin de l’Etat dans l’affaire Bezeq
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Affaire 4 000

Un ancien conseiller de Netanyahu devient témoin de l’Etat dans l’affaire Bezeq

Dans un développement qui porte un autre coup au Premier ministre, Nir Hefetz a signé un accord pour se joindre à Shlomo Filber pour témoigner contre Netanyahu

Nir Hefetz, assistant de longue date du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de la famille, arrive pour une prolongation de sa détention provisoire dans l'affaire 4000 au tribunal de première instance de Rishon Letzion, le 18 février 2018. (Flash90)
Nir Hefetz, assistant de longue date du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de la famille, arrive pour une prolongation de sa détention provisoire dans l'affaire 4000 au tribunal de première instance de Rishon Letzion, le 18 février 2018. (Flash90)

Nir Hefetz, ancien haut conseiller des médias auprès de la famille du Premier ministre Benjamin Netanyahu, est devenu témoin de l’Etat dans l’enquête concernant une corruption présumée autour de Bezeq – un développement dramatique qui pourrait renforcer les preuves contre le Premier ministre dans cette affaire qui évolue rapidement.

« L’accord de témoin d’Etat a été signé hier soir entre le Département des enquêtes, le Département du renseignement et de la surveillance des marchés, l’Autorité israélienne des titres, l’unité nationale anti-fraude du Lahav 433 et Nir Hefetz », a indiqué la police dans un communiqué.

Grâce à l’accord, Hefetz bénéficiera d’une immunité totale, selon le site d’information Ynet. Il est ainsi immunisé face à une peine de prison ou à une amende.

Hefetz rejoint Shlomo Filber, ancien directeur général du ministère des Communications et confident de longue date de Netanyahu, qui a également signé un accord le mois dernier afin de bénéficier du statut de témoin de l’Etat et qui incriminera peut-être Netanyahu dans l’affaire.

Un avocat de Hefetz a rencontré à plusieurs reprises la semaine dernière des hauts responsables de la police afin de discuter des détails de l’accord, a rapporté lundi Ynet.

Hefetz a été remis en liberté surveillée dimanche matin, après 15 jours de garde à vue. L’actionnaire majoritaire de la compagnie de télécommunications Bezeq, Shaul Elovitch, un autre suspect important dans l’affaire, a également été libéré.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la conférence Muni World, à Tel Aviv, le 14 février 2018 (AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Dans l’Affaire 4000, Elovitch est accusé d’avoir ordonné au site d’information Walla, qui lui appartient, d’accorder une couverture médiatique positive aux actions de Netanyahu et de sa famille en échange de la mise en avant de politiques au profit du géant des télécommunications.

Hefetz témoignera également contre Netanyahu dans l’enquête de corruption dite « affaire 1000 », a rapporté le site d’information Ynet.

Ilan Sofer, un avocat pénaliste qui a précédemment conduit un autre suspect – Miki Ganor – à devenir témoin d’Etat dans un dossier séparé lié à Netanyahu, l’affaire 3000, a secrètement travaillé avec la police et l’Autorité des titres israélienne concernant l’enquête en cours, selon l’article.

Sofer n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire du Times of Israël.

Shlomo Filber, le directeur général du ministère de la Communication, lors d’une réunion de la Knesset tenue le 24 juillet 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Bien que Filber ait déjà accepté de devenir témoin de l’Etat, on estime que les enquêteurs ont pensé que Hefetz pourrait contribuer de manière significative à l’enquête et ont donc tenté de lui faire signer un accord similaire.

Yaron Kostelitz, l’avocat principal de Hefetz, a déclaré à Ynet qu’il ne représentait pas des témoins de l’Etat, et a démissionné.

Netanyahu a servi en tant que ministre des Communications de novembre 2014 à février 2017. Durant cette période, la couverture de Walla a évolué afin de favoriser la famille Netanyahu, et Bezeq a été autorisé, entre autres, à acheter le fournisseur de télévision satellite Yes, malgré la législation anti monopole, et à renier son engagement de mise en location de son infrastructure à des concurrents télécoms afin qu’ils puissent fournir eux aussi des services de ligne téléphonique fixe et d’Internet.

Les autorités ont également déclaré vendredi à Hadashot TV que les soupçons contre Netanyahu dans l’enquête étaient plus graves que les accusations dans les affaires précédentes – 1000 et 2000 –, dans lesquelles la police a recommandé qu’il soit inculpé pour fraude, abus de confiance et pots-de-vin.

Ari Harow, chef d’état-major de Netanyahu pour un an à partir de la mi-2014, est devenu l’année dernière témoin d’Etat et a accepté de fournir des informations sur ces deux affaires en échange d’une peine plus légère dans des affaires distinctes de conflit d’intérêts le concernant concernant un magasin qu’il gérait.

Netanyahu a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible dans ces différentes affaires.

Il a réagi à cette annonce selon laquelle Nir Hefetz est devenu témoin d’Etat en affirmant que « cela prouve qu’il n’y a rien ».

« Quand il y a quelque chose, [vous] n’avez même pas besoin du témoignage d’un seul témoin d’Etat. Quand il y a [quelque chose], pas même des milliers de témoins d’Etat n’aideront [à l’enquête] », aurait déclaré Netanyahu selon des sources proches de lui.

« La course sans fin après des témoins d’Etat est la meilleure preuve qu’il n’y a rien. »

Raoul Wootliff a contribué à cet article

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