Un ancien du FBI enquête pour savoir qui a dénoncé Anne Frank
Rechercher

Un ancien du FBI enquête pour savoir qui a dénoncé Anne Frank

Le projet utilisera des techniques policières modernes et des documents récemment déclassifiés pour trouver des réponses sur la plus célèbre victime de la Shoah

Les portraits d'Anne, sa soeur Margot, et sa mère Edith, à la Maison d'Anne Frank. (Crédit :  Matt Lebovic)
Les portraits d'Anne, sa soeur Margot, et sa mère Edith, à la Maison d'Anne Frank. (Crédit : Matt Lebovic)

La manière exacte dont la plus célèbre victime de la Shoah a été capturée par les nazis intrigue le public depuis des années. A présent, une équipe dirigée par un ancien agent du FBI espère découvrir exactement qui a dénoncé Anne Frank et sa famille, conduisant à sa capture et sa mort, dans le cadre d’une révision d’une affaire classée qui a été lancée dimanche.

Selon le site internet du projet, le réalisateur Thijs Bayens et le journaliste Pieter Van Twisk ont rassemblé une équipe de 19 experts, dirigée par l’ancien agent du FBI Vince Pankoke.

Ils utiliseront des techniques modernes de police pour examiner des éléments récemment déclassifiés, réexaminer tous les anciens éléments et faire appel à d’éventuels témoins pour découvrir qui a informé les nazis de l’annexe secrète où se cachait la famille Frank.

L’objectif est de présenter les résultats de l’enquête et ses conclusions le 4 août 2019, 75 ans exactement après la découverte de l’annexe. Les avancées de l’enquête seront partagées en ligne, et l’investigation est présentée dans un « Journal d’une affaire classée« .

Pankoke va diriger une équipe de 19 enquêteurs criminels, avec différents domaines d’expertise.

« L’enquête sera menée en utilisant les techniques d’investigation modernes », précise le site internet.

La bibliothèque qui cachait l'entrée de l'annexe où la famille d'Anne Frank et d'autres Juifs se cachaient des Nazis en 1945, à la Maison Anne Frank d'AMsterdam (à gauche, en 1950). (Crédit : Matt Lebovic/Times of Israël)
La bibliothèque qui cachait l’entrée de l’annexe où la famille d’Anne Frank et d’autres Juifs se cachaient des Nazis en 1945, à la Maison Anne Frank d’Amsterdam (à gauche, en 1950). (Crédit : Matt Lebovic/Times of Israël)

« L’équipe de recherche est pluridisciplinaire et emploie les méthodes des détectives spécialisés dans les affaires classées, les méthodes des historiens, mais aussi des psychologues, des profilers, des analystes de données, de la médecine légale et des criminologues. D’une certaine manière, une nouvelle lumière sera portée sur ces événements. »

L’enquête utilisera également « un programme informatique spécialement développé » qui permettra à l’équipe d’analyser des données et de rechercher des connexions qui pourraient ne pas apparaître autrement, a-t-on expliqué.

« Dans le futur, ces informations pourront être utilisées pour résoudre d’autres cas d’arrestations et de dénonciation pendant l’occupation nazie », précise le site internet.

Sur le site internet du projet, Pankoke a écrit : « même si nous n’avons pas commencé officiellement l’enquête, j’ai déjà trouvé des éléments uniques qui n’avaient jamais été liés à Anne Frank auparavant. »

La Maison Anne Frank d’Amsterdam a bien accueilli l’enquête et a ouvert ses archives à l’équipe, malgré la publication en décembre de ses propres conclusions qui mettaient en évidence le fait qu’Anne Frank et sa famille n’avaient pas forcément été « dénoncées », mais auraient pu être les victimes du hasard dans une ville occupée par les nazis, où il existait d’importantes activités de résistance.

La maison où Anne Frank et sa famille se sont cachés à Amsterdam pendant la Shoah. (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)
La maison où Anne Frank et sa famille se sont cachés à Amsterdam pendant la Shoah. (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)

Pourtant, le journal britannique The Guardian a expliqué que Pankoke espère que son équipe pourra dévoiler la vérité.

« Nous ne voulons pas pointer quelqu’un du doigt ou poursuivre quelqu’un. J’essaie juste de résoudre le dernier cas de ma carrière, a-t-il déclaré. Il ne devrait pas y avoir de limite à la vérité. »

Pankoke a déclaré qu’il avait déjà trouvé de nouveaux éléments qui pourraient être pertinents pour l’enquête mais qui n’avaient pas été analysés.

« J’ai passé beaucoup de temps dans les Archives nationales des Etats-Unis et j’y ai trouvé des documents d’Amsterdam dont on m’avait dit qu’ils n’existaient pas, a indiqué Pankoke. Certains ont été endommagés par l’eau ou le feu, et ils sont écrits dans un allemand militaire technique, alors ça va prendre du temps. Mais nous avons trouvé des listes de noms de Juifs arrêtés après avoir été dénoncés, des listes de délateurs et les noms des agents de la Gestapo qui vivaient à Amsterdam. Tout cela peut être inclus dans la base des données, et nous pouvons trouver des liens. »

Anne Frank, sa famille et quatre autres Juifs étaient cachés des nazis dans des pièces secrètes d’un immeuble de bureaux à Amsterdam, qui appartenait à l’entreprise du père d’Anne, Otto Frank. Les nazis ont fait une descente dans l’annexe le 4 août 1944, et ont déporté toute la famille vers les camps de concentration.

Anne et sa sœur, Margot, ont été transférées d’Auschwitz vers le camp de concentration de Bergen-Belsen, où elles sont mortes (probablement du typhus) quelques mois plus tard. Otto Frank est le seul habitant de l’annexe à avoir survécu à la Shoah.

Matt Lebovic a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...