Un ancien général israélien : les actions d’Assad ressemblent à un « génocide »
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Un ancien général israélien : les actions d’Assad ressemblent à un « génocide »

Amos Yadlin dit que le régime syrien a causé beaucoup plus de morts que l'État islamique, mais reçoit beaucoup moins d'attention des médias

Amos Yadlin
Amos Yadlin

L’ancien chef du renseignement militaire d’Israël a décrit les actions du régime syrien dans la ville d’Alep comme « une réminiscence du génocide » et a dit que la nécessité pour la communauté internationale d’agir contre le président Bashar el-Assad était beaucoup plus urgente que la lutte contre l’État islamique.

S’adressant au journal allemand Bild cette semaine, le major général (retraité) Amos Yadlin, qui a également servi comme attaché de Tsahal à Washington et qui est actuellement directeur de l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), a qualifié la situation humanitaire dans la ville assiégée d’ « insupportable » d’un point de vue moral.

« Alors que le monde se concentre sur la lutte contre l’Etat islamique, le régime syrien peut continuer à tuer » ses citoyens, a-t-il noté. Il a ajouté que ce sont les loyalistes d’Assad, pas l’Etat islamique, qui sont « responsables de 90 % des décès dans cette guerre dans laquelle 400 000 personnes ont déjà été tuées et plus de deux millions blessées ».

Alep, qui fut la puissance économique de la Syrie, a été ravagée par la guerre civile qui a commencé en mars 2011.

La ville a été plus ou moins divisée entre le contrôle du gouvernement à l’ouest et le contrôle des rebelles à l’est, peu de temps après le début des combats à la mi-2012.

Un Syrien réagit alors que les secouristes recherchent des victimes sous les décombres d'un bâtiment effondré suite à une frappe aérienne sur le quartier rebelle de Sakhur dans la ville du nord, Alep, le 19 juillet, 2016 (Crédit : AFP / Thaer Mohammed)
Un Syrien réagit alors que les secouristes recherchent des victimes sous les décombres d’un bâtiment effondré suite à une frappe aérienne sur le quartier rebelle de Sakhur dans la ville du nord, Alep, le 19 juillet, 2016 (Crédit : AFP / Thaer Mohammed)

L’est d’Alep est en état de siège depuis deux semaines, depuis que les forces gouvernementales ont sectionné la seule route d’approvisionnement restant menant aux districts tenus par les rebelles. L’avance du gouvernement a soulevé des craintes pour les plus de 200 000 personnes qui restent dans cette partie de la ville, où les pénuries alimentaires et la spirale des prix ont déjà été signalées.

« La communauté internationale ne peut pas laisser cette horreur se produire (ne serait-ce qu’) un jour de plus », a dit Yadlin.

Yadlin a partiellement accusé la soif des médias de l’Etat islamique ainsi que leur empressement à « se vanter de leurs crimes de guerre » pour cette couverture de l’actualité des atrocités commises par le groupe, alors qu’Assad tente de minimiser toute faute de son armée et de ses alliés au Hezbollah et en Iran.

Il a ajouté que les actions d’Assad contre son propre peuple étaient un outil de recrutement majeur pour l’Etat islamique, et donc que la fin du régime affaiblirait également le groupe terroriste.

Le président syrien Bashar el-Assad, le 12 février 2016 dans son bureau à Damas (Crédit : AFP/JOSEPH EID)
Le président syrien Bashar el-Assad, le 12 février 2016 dans son bureau à Damas (Crédit : AFP/JOSEPH EID)

Yadlin a également affirmé qu’ « il y a des rapports de coopération secrète entre l’armée syrienne et l’Etat islamique contre les parties modérées de l’opposition. Le régime syrien et l’Etat islamique ont un ennemi commun, à savoir les forces laïques démocratiques de l’opposition ».

Il a dit qu’une coalition de nations arabes modérées, aux côtés des Etats-Unis, de la Russie et peut-être d’Israël pourrait marquer une victoire contre Assad et ses alliés chiites du Hezbollah et de l’Iran. Comme possibilités d’action contre l’armée syrienne, Yadlin propose de déclarer des zones d’exclusion aérienne et de détruire les avions syriens utilisés pour larguer des bombes sur les enclaves rebelles.

Le général à la retraite a également suggéré que, lors de l’expulsion des forces de l’Etat islamique de la frontière sud de la Syrie avec Israël et la Jordanie, cette zone pourrait être transformée en une zone de sécurité pour les réfugiés à la fois de l’Etat islamique et d’Assad.

En mars, Yadlin a déclaré que la guerre civile en Syrie avait épuisé 90 % des stocks de missiles du pays qui présentaient auparavant une menace pour la sécurité d’Israël.

Mais il a averti que la situation instable en Syrie était encore potentiellement dangereuse pour Israël, davantage que la menace posée par l’Iran et le Hezbollah, selon la radio israélienne.

L’AFP a contribué à cet article.

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