Un anti-vax inculpé pour avoir menacé une ministre et sa famille
Rechercher

Un anti-vax inculpé pour avoir menacé une ministre et sa famille

"Nous ne parlons pas, nous assassinons et tuons des gens", aurait écrit l'homme sur un groupe public WhatsApp, citant le meurtre récent de l'assistant de la ministre de l'Éducation

La ministre de l'Éducation Yifat Shasha-Biton à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)
La ministre de l'Éducation Yifat Shasha-Biton à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Un résident de Tel Aviv de 63 ans a été inculpé vendredi au tribunal de première instance de Petah Tikva pour avoir menacé la vie de la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton et de sa famille.

L’homme, dont les activités en ligne montrent qu’il est un anti-vax, est accusé d’avoir envoyé un message de menace à un groupe WhatsApp qu’il gère avec des centaines d’autres personnes, dans lequel il fait référence au meurtre du conseiller de la ministre pour les Affaires arabes, Sahar Ismail, devant son domicile au début du mois.

« Un dernier avertissement et une dernière alerte à la ministre de l’Éducation Shasha-Biton avant que votre famille ne subisse un préjudice », a écrit l’homme. « Votre assistant personnel qui a été assassiné par balles… était un dernier avertissement… Vous devez noter que nous ne parlons pas, nous assassinons et tuons des gens. »

L’homme a avoué ses actes et a dit au tribunal qu’il s’en excusait. Sa détention provisoire a été prolongée jusqu’à nouvel ordre. Son avocat, Rafat Nshef, a déclaré qu’il n’avait pas de casier judiciaire et qu’ « il affirme qu’il voulait seulement protester contre la politique de vaccination et qu’il n’avait pas l’intention de nuire à la ministre de l’Éducation ».

La raison pour laquelle l’homme a spécifiquement ciblé Shasha-Biton avec ses menaces n’a pas été immédiatement clarifiée. La ministre a par le passé exprimé une certaine méfiance à l’égard des vaccins. Elle s’est récemment opposée à ce que les autorités puissent vacciner les enfants dans les écoles (avec l’autorisation de leurs parents) pendant les heures de classe, affirmant que la question était controversée. Toutefois, le ministère de la Santé a rejeté sa position sur ce point.

Comme partout ailleurs dans le monde, un mouvement anti-vaccination s’est développé dans le contexte de la pandémie de COVID-19, allant des théoriciens du complot à ceux qui ne s’opposent pas à la plupart des vaccinations mais craignent la rapidité avec laquelle les vaccins contre le coronavirus ont été développés.

Le conseiller aux Affaires arabes du ministère de l’Éducation et membre de Tikva Hadasha Sahar Ismail, 50 ans, qui a été abattu dans son habitation de Rameh, le 15 août 2021. (Autorisation)

Certains extrémistes ont proféré des injures et des menaces à l’encontre de divers responsables liés au ministère de la Santé et aux efforts de vaccination.

La Dr Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, a récemment déclaré que les autorités l’avaient équipée d’un système d’alarme pour alerter la police de tout danger potentiel, suite au harcèlement et aux menaces continues des anti-vax.

Le Dr Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, s’exprime lors d’une conférence de presse à Jérusalem le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce ne sont pas des jours faciles, il faut se rappeler qu’à part être une fonctionnaire, je suis aussi un être humain, avec une famille. Quand mon fils de sept ans me demande pourquoi des gens se sont postés devant la maison et m’ont traité de ‘tueuse d’enfants’, c’est très difficile », avait déclaré Alroy-Preis à la Douzième chaîne le 13 août.

Des dizaines d’anti-vax ont organisé une manifestation devant le domicile d’Alroy-Preis le mois dernier, certains participants l’ayant traitée de « fille du diable » et de « meurtrière nazie ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...