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Un artiste israélien affirme que Marvel a copié son super-héros Sabra

Alors que Shira Haas a été choisie comme actrice, Uri Fink dit qu'il ne fera pas de procès, faute de moyens, et prévient que la représentation pourrait être anti-israélienne

L'artiste et écrivain israélien de bandes dessinées Uri Fink tient un livre lors du festival annuel Animix pour l'animation, la bande dessinée et la caricature à la Cinémathèque de Tel Aviv, le 2 août 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
L'artiste et écrivain israélien de bandes dessinées Uri Fink tient un livre lors du festival annuel Animix pour l'animation, la bande dessinée et la caricature à la Cinémathèque de Tel Aviv, le 2 août 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un dessinateur de bandes dessinées israélien a attiré l’attention depuis que Marvel a annoncé samedi qu’il avait confié à l’actrice Shira Haas le rôle de la super-héroïne israélienne Sabra. Il affirme que le personnage est basé sur un super-héros qu’il a créé lorsqu’il avait 15 ans – tout en précisant qu’il ne poursuivra pas le géant américain du divertissement car il n’en a pas les moyens.

En 1978, Uri Fink a créé Sabraman, une série de bandes dessinées sur un super-héros israélien dont la tenue, les couleurs et les symboles semblent ressembler à ceux associés à Sabra, un personnage peu connu qui était apparu pour la première fois dans les bandes dessinées Marvel deux ans plus tard.

Haas, qui a acquis une renommée internationale grâce à son rôle principal dans la série Netflix à succès « Unorthodox« , jouera Sabra dans le prochain film « Captain America », dans l’univers cinématographique Marvel et intitulé « New World Order », selon de multiples médias samedi.

Dans les bandes dessinées, Sabra, alias Ruth Bat-Seraph, est un ancien agent surhumain de l’agence d’espionnage du Mossad qui se heurte parfois à d’autres personnages surhumains tels que Hulk et les X-Men. Ses pouvoirs incluent une force et une endurance surhumaines, et son costume incorpore souvent le drapeau israélien et l’étoile de David.

Sabra, en hébreu « tsabar », est le terme local pour le fruit du cactus (communément appelé figue de barbarie). Il est depuis longtemps utilisé pour désigner les Juifs nés en Israël.

Fink a tweeté dimanche matin qu’il s’était réveillé avec d’innombrables tags et messages lui disant qu’il était « temps de poursuivre en justice Marvel et de gagner beaucoup d’argent ».

Il a déclaré que son éditeur et son co-créateur David Herman avaient envisagé de le faire lorsque Sabra est apparu en 1980, mais que Fink l’a convaincu du contraire. Il a dit qu’il n’avait aucune chance de réussir contre les avocats de Marvel et qu’il doutait que son affaire soit recevable, puisqu’il ne possède pas de droit d’auteur pour le mot « sabra », et que les superpouvoirs de Sabra étaient différents de ceux de Sabraman.

« Rien n’a changé depuis lors, sauf que Marvel fait maintenant partie de Disney, avec des avocats encore plus monstrueux, donc cela ne vaut pas la peine de faire des efforts », a écrit Fink.

« Il est assez clair pour moi qu’à l’époque, quelqu’un [chez Marvel] a vu le battage médiatique autour de Sabraman – il y avait un article dans People Magazine ! – et s’est lancé dans l’idée « , a-t-il ajouté. « Mais je ne peux rien faire, sauf peut-être essayer d’attirer l’attention sur le super-héros avec lequel j’ai commencé ma carrière ».

Fink a déclaré au site d’information Ynet que s’il avait eu les moyens, il aurait « certainement » poursuivi Marvel, mais que dans l’état actuel des choses, il serait « fou » de porter plainte contre un énorme conglomérat comme Disney.

L’actrice israélienne Shira Haas reçoit le prix de la meilleure actrice de soutien lors des Ophir Awards 2018, parfois appelés les Oscars israéliens, dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 6 septembre 2018. (Crédit: Flash90)

Fink a également eu quelques mots d’avertissement pour Haas.

« Je ne prédis pas que sa représentation chez Marvel sera positive par les temps ‘wokistes’ qui courent », a-t-il déclaré à Ynet. Il a ajouté, dans une interview séparée accordée à la Douzième chaîne que « ceux qui travaillent chez Marvel aujourd’hui sont toutes sortes de progressistes. Je n’ai rien contre eux, mais nous n’aurons pas la représentation la plus exacte du conflit israélo-palestinien ».

« Je suggère à Shira de lire attentivement [le scénario], afin que le personnage ne soit pas dépeint d’une manière trop problématique », a-t-il ajouté. « D’un autre côté, c’est une opportunité formidable parce que Marvel a appris à prendre leurs personnages les plus ésotériques et à en faire de grands personnages. Shira a une opportunité incroyable. »

Parallèlement, les utilisateurs de réseaux sociaux pro-palestiniens ont critiqué Marvel pour la présence d’un super-héros israélien.

Et certains internautes pro-israéliens ont averti que la trajectoire du personnage pourrait s’avérer peu flatteuse pour l’État juif.

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