Un aumônier US aurait aidé un rabbin à harceler l’épouse d’un soldat – média
Rechercher

Un aumônier US aurait aidé un rabbin à harceler l’épouse d’un soldat – média

La femme affirme avoir reçu des messages déplacées à caractère sexuel du rabbin Chabad Tacoma

Des soldat américains défilent en formation lors d'une cérémonie de changement de commandement, lundi 3 avril 2017, à la base Lewis-McChord dans l'Eat de Washington. (AP/Ted S. Warren)
Des soldat américains défilent en formation lors d'une cérémonie de changement de commandement, lundi 3 avril 2017, à la base Lewis-McChord dans l'Eat de Washington. (AP/Ted S. Warren)

L’été dernier, Traci Moran, dont le mari Jared est soldat sur la base Lewis-McChord à proximité de Tacoma, à Washington, a affirmé que le rabbin local Zalman Heber lui avait envoyé des sms et des messages vocaux à contenu sexuel déplacé pendant près d’un mois malgré ses refus.

Heber dirige la congrégation Habad à Tacoma, et Moran, qui est orthodoxe moderne, est allée consulter l’aumônier du régiment de son mari, également un rabbin Habad, pour avoir des conseils sur la situation.

En août 2018, elle a parlé à l’aumônier, le rabbin Michael Harari, de son expérience avec Heber, a annoncé lundi News Tribune.

Pourtant, au lieu de l’aider, il semble qu’Harari aurait partagé les remarques de Moran avec Heber, selon une enquête de l’armée.

« Les informations que l’aumônier Harari a fournies semblent avoir été utilisées par le rabbin Heber pour harceler, tenter d’intimider et ostraciser la famille Moran des communautés juives autour de la base », notait le rapport de l’armée, selon News Tribune.

Les conclusions de l’armée sont intervenues au milieu de deux enquêtes séparées sur la même affaire, a rapporté le News Tribune. Une enquête est encore en cours alors que les enquêteurs vérifient certaines allégations, comme par exemple qu’Harari aurait trahi son devoir de confidentialité en partageant les accusations avec Heber.

Les Moran ont également accusé Harari d’avoir fait des commentaires blessants sur la communauté LGBT. Une autre enquête de l’armée a conclu qu’il avait fait plusieurs commentaires insultants sur la communauté LGBT, notamment que « les personnes transgenres, en particulier les enfants, étaient fous et qu’ils devaient être placés dans des institutions ».

On ne sait pas quelles sanctions disciplinaires, s’il y a en eues, ont été prises par l’armée.

« Dans ce genre d’affaires où les enquêtes ont été achevées, le commandement impliqué a pris les sanctions appropriées, a déclaré le porte-parole de l’armée le lieutenant colonel Scot Keith à News Tribune. « Nous ne pouvons pas commenter une enquête en cours de l’Armée, ni les questions où des autorités civiles ont peut-être une juridiction ».

Par le biais de son avocat, Heber a commencé par démentir que les messages envoyés à Moran étaient explicitement sexuels, mais il a ensuite dit à News Tribune dans un entretien qu’il avait envoyé des messages clairs à Moran, mais qu’ils avaient été sortis de leur contexte.

Le News Tribune a eu accès à certains des messages, y compris un enregistrement audio dans lequel Heber parle de comment faire plaisir à une femme et d’un message dans lequel il demande à Moran de lui envoyer des images sexuelles.

Des membres de la communauté ont dit que deux autres femmes ont affirmé avoir été harcelées par Heber. En décembre, trois membres de la communauté se sont confrontées à Heber sur leurs allégations. Le rabbin a ensuite menacé de se suicider, a déclaré Jedidiah Kent, un des membres de cette communauté, à New Tribune. Heber a démenti cela.

Les rabbins du bureau Habad-Loubavitch à Seattle ont présidé une réunion au cours de laquelle ils se sont excusés pour les actions d’Heber et ont déclaré qu’Heber « a été démis de sa fonction jusqu’à nouvel ordre », selon Kent et un autre membre de la communauté.

L’avocat d’Heber a cependant déclaré qu’une enquête menée par le bureau Habad-Loubavitch à Seattle a blanchi Heber de tout mauvais comportement, et « il continue à être rabbin à Tacoma Habad », selon le journal. Moran a dit que personne issue de l’équipe d’enquête du Habad ne l’avait contactée.

La 7ème division d’infanterie a refusé les demandes de News Tribune d’interroger Harari et les commandants de la base.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...