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Un autre manifestant pendu en Iran, où les exécutions se multiplient

Ali Fahim, 23 ans, est le 4e des 7 "éléments ennemis" reconnus coupables d'avoir participé à une attaque contre une base des Basij, à être exécuté

Illustration. Exécution par pendaison en Iran. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)
Illustration. Exécution par pendaison en Iran. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Lundi, l’Iran a pendu un autre homme condamné à mort pour son implication dans les manifestations anti-régime de janvier, alors que les exécutions de personnes considérées comme des prisonniers politiques par des ONG se multiplient, dans un contexte de guerre contre Israël et les États-Unis.

Ali Fahim, 23 ans, a été pendu après avoir été reconnu coupable d’avoir participé à une attaque contre une base de la milice Basij, force paramilitaire du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), à Téhéran, lors des manifestations, selon des ONG qui suivent l’affaire.

Le site officiel d’information du pouvoir judiciaire iranien, Mizan Online, le décrit comme « l’un des éléments ennemis impliqués dans les émeutes terroristes » et précise qu’il a été exécuté après validation du verdict initial par la Cour suprême.

Sept hommes, dont Fahim, avaient été condamnés à mort en février pour ces faits. Quatre d’entre eux, dont deux adolescents, ont depuis été exécutés, laissant les trois autres exposés à un risque imminent d’exécution, selon les ONG.

Après une première pause consécutive au déclenchement de la guerre le 28 février, les autorités iraniennes ont exécuté, au cours des huit derniers jours, dix « prisonniers politiques », selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.

Sur cette période, quatre personnes ont été pendues en lien avec les manifestations, tandis que six autres ont été exécutées pour appartenance au groupe d’opposition interdit l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI ou MEK).

Des Iraniens participant à une manifestation anti-régime, à Téhéran, en Iran, le 9 janvier 2026. (UGC via AP)

Selon IHR, Fahim et ses coaccusés ont été « soumis à la torture et privés d’accès à un avocat », puis condamnés à mort à l’issue d’un procès expéditif « grossièrement inéquitable », présidé par le juge Abolqasem Salavati.

Ce juge a été sanctionné en 2019 par les États-Unis, qui affirment qu’il est connu sous le nom de « juge de la mort » en raison de son recours fréquent à la peine de mort.

« Ces exécutions s’inscrivent dans la stratégie de survie de la République islamique, qui mène une guerre contre son propre peuple à l’ombre d’un conflit extérieur », a déclaré Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d’IHR.

« La communauté internationale doit réagir d’urgence. La situation des prisonniers et l’usage systématique de la peine de mort par le régime doivent devenir une condition centrale de toute négociation ou engagement avec la République islamique », a-t-il ajouté.

« Semer la peur »

Selon Mizan Online, Fahim a été condamné pour avoir agi contre l’Iran au profit du « régime sioniste et des États-Unis », ainsi que pour s’être introduit sur un site militaire classifié afin de s’emparer d’armes.

Les manifestations nationales ont été réprimées avec brutalité par les autorités, une répression qui, selon les ONG, a fait des dizaines de milliers de morts.

L’Iran a exécuté dimanche deux hommes – Mohammad-Amin Biglari, 19 ans, et Shahin Vahedparast, 30 ans – et pendu jeudi Amir Hossein Hatami, 18 ans, tous condamnés dans la même affaire.

Leurs exécutions ont été confirmées par le pouvoir judiciaire iranien, et leurs âges ont été fournis par les ONG.

Pour Amnesty International, ces exécutions montrent que le système judiciaire est « un outil de répression, qui envoie des individus à la potence pour semer la peur et se venger de ceux qui réclament un changement politique fondamental ».

Ces exécutions interviennent alors que le régime iranien est en guerre contre Israël et les États-Unis, un conflit déclenché le 28 février par des frappes conjointes ayant éliminé le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, et qui embrase depuis lors le Moyen-Orient.

Le 19 mars, l’Iran a également exécuté trois hommes accusés d’avoir tué des policiers lors des manifestations de janvier, lors des premières pendaisons liées à ces protestations.

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