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Un banquier arabe israélien souligne les « opportunités incroyables » en Arabie saoudite

Samer Haj-Yehia, du conseil d'administration de Leumi, n'a pas voulu s'exprimer sur les obstacles auxquels font face les entreprises israéliennes pour pénétrer le marché saoudien

Samer Haj-Yehia (sur l'écran), président de la banque israélienne Leumi, assiste à un panel lors du troisième jour de la conférence annuelle Future Investment Initiative (FII) à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, le 27 octobre 2022. (Crédit : Fayez Nureldine / AFP)
Samer Haj-Yehia (sur l'écran), président de la banque israélienne Leumi, assiste à un panel lors du troisième jour de la conférence annuelle Future Investment Initiative (FII) à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, le 27 octobre 2022. (Crédit : Fayez Nureldine / AFP)

Le président d’une banque israélienne a participé jeudi à un forum d’investisseurs en Arabie saoudite et souligné les « opportunités incroyables » dans la riche monarchie pétrolière du Golfe, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.

L’Arabe israélien Samer Haj-Yehia, qui pilote le conseil d’administration de la banque Leumi depuis 2019, était l’un des invités de la Future Investment Initiative (FII), un forum de trois jours dans la capitale saoudienne Ryad, surnommé parfois le « Davos du désert ».

Selon la banque Leumi, l’apparition de Haj-Yehia est « la première visite publique officielle d’un haut responsable d’une entreprise israélienne » dans la monarchie du Golfe, première économie du monde arabe.

« Les opportunités sont incroyables et l’industrie fintech en particulier est en pleine expansion », a déclaré Samer Haj-Yehia devant un panel d’experts, auquel participaient aussi le PDG du groupe saoudien EXIM Bank et des banquiers occidentaux.

Samer Haj Yehia, président de la Banque Leumi, quatrième à partir de la gauche, Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre d’État au Commerce extérieur des Émirats arabes unis, cinquième à partir de la gauche, et Hanan Friedman, PDG, deuxième à partir de la droite, en compagnie de responsables des Émirats arabes unis ; 14 septembre 2020 (Autorisation)

« L’économie est très saine, contrairement à d’autres économies dans le monde, et les perspectives d’avenir sont très favorables », a-t-il ajouté, soulignant l’abondance du capital dans le royaume et l’accès de sa jeune population à une « technologie mobile très avancée ».

L’Arabie saoudite ne reconnaît pas Israël et n’a pas adhéré aux accords d’Abraham qui ont normalisé les relations entre l’État hébreu et deux autres pays du Golfe – les Émirats arabes unis et Bahreïn – conclus en 2020 sous l’égide des Etats-Unis.

La visite du président américain Joe Biden à Jeddah en juillet avait alimenté les spéculations sur un éventuel rapprochement entre Israël et le royaume, où s’étaient rendus plusieurs journalistes israéliens détenteurs de passeports étrangers.

L’autorité saoudienne de l’aviation civile avait annoncé pendant cette visite la levée des restrictions de survol pour « tous les transporteurs », ouvrant la voie à l’utilisation de l’espace aérien saoudien par les avions israéliens.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères avait toutefois affirmé que cette décision n’avait « rien à voir » avec Israël et qu’elle n’était « en aucun cas un prélude à une quelconque étape » vers la normalisation.

Dénonçant régulièrement la colonisation et les opérations militaires de l’Etat hébreu dans les territoires palestiniens, Ryad a toujours conditionné la reconnaissance d’Israël à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Interrogé par les journalistes, Samer Haj-Yehia n’a pas voulu s’exprimer sur les obstacles auxquels font face les entreprises israéliennes pour pénétrer le marché saoudien.

Il a également refusé de répondre aux questions concernant son voyage et le passeport qu’il a utilisé.

Sa participation au forum représente néanmoins « un nouveau petit pas vers une relation israélo-saoudienne plus importante mais toujours limitée, une coopération et même du commerce », a estimé Hussein Ibish de l’Arab Gulf States Institute, un centre de réflexion basé à Washington.

Selon le chercheur, « les Israéliens accepteront tout ce qu’ils peuvent obtenir des Saoudiens ».

Quant à l’Arabie saoudite, le pays semble, a-t-il souligné, de plus en plus « à l’aise avec tout ce qui ne crée pas trop de polémique publique: des mesures limitées, des choses qui semblent ne pas signaler un changement majeur ».

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