Un bloc de pierre découvert à Jérusalem lié à l’arche de l’Alliance ?
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Un bloc de pierre découvert à Jérusalem lié à l’arche de l’Alliance ?

Les archéologues auraient trouvé une table en pierre dans un temple vieux de 3 100 ans, à Beit Shemesh, qui rappelle ce lieu où avait été placé l'arche

Les fouilles de Tel Beit Shemesh, le 17 mars 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
Les fouilles de Tel Beit Shemesh, le 17 mars 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Un bloc de pierre ancien découvert lors de fouilles effectuées dans un temple situé aux abords de Jérusalem pourrait être lié à l’arche de l’Alliance, selon un article paru jeudi.

Les archéologues ont découvert ce bloc lors de fouilles organisées sur un site vieux de 3 100 ans, à proximité de Beit Shemesh, à l’ouest de la capitale. Les travaux d’excavation avaient commencé en 2002.

Les archéologues ont pu identifier un vieux temple dans ces vestiges de bâtiment en raison de ses murs épais et de sa situation, à l’écart des maisons, dans le village antique. Une plateforme était par ailleurs probablement utilisée pour les cérémonies religieuses.

A l’intérieur de la structure, les chercheurs ont retrouvé des ossements d’animaux, des morceaux de poteries, des coupes, des pierres taillées qui ont pu être utilisées comme pressoirs à olives ou pour verser le vin – des éléments qui ont tous pu entrer dans le cadre d’une pratique religieuse, a expliqué l’archéologue de l’université de Tel Aviv Shlomo Bunimovitz à Haaretz.

Au milieu du 12e siècle avant l’ère commune, le bâtiment avait été rasé et certains des artéfacts présents dans la structure détruits. La zone avait été transformée en parc à animaux et enterrée sous des couches de fumier – que les archéologues ont pris de prime abord, à tort, pour des cendres.

Bunimovitz explique qu’installer des animaux à cet endroit avait été probablement « une profanation intentionnelle du site », sans doute de la part des Philistins. Beit Shemesh se trouvait alors sur une frontière agitée séparant les Philistins et les secteurs contrôlés par les Israélites antiques.

La ville de Beit Shemesh a été abandonnée ou détruite, puis reconstruite à plusieurs occasions en l’espace de 2 000 ans.

Josué passant la rivière du Jourdain avec l’arche d’alliance, par Benjamin West, 1800. (Crédit : Wikipedia)

L’été dernier, l’équipe a découvert une pierre énorme, plate sur le dessus, appuyée sur deux autres pierres plus petites, formant une sorte de table. Pour les archéologues, il est improbable que ce petit édifice soit tombé lui-même dans cette position.

La manière dont les blocs sont arrangés rappelle la description de la pierre sur laquelle l’arche de l’Alliance avait été placée dans la premier livre de Samuel et les périodes sont les mêmes, a indiqué le docteur Zvi Lederman, archéologue de l’université de Tel Aviv responsable du projet, à Haaretz.

Le texte dit que l’arche avait été d’abord laissée dans la communauté de Shiloh, au nord de Jérusalem, après l’arrivée des Israélites dans le secteur pour la première fois.

Les Philistins s’étaient alors emparés de l’arche lors d’une bataille mais elle avait été ensuite restituée aux Israélites, les Philistins ayant subi la punition de Dieu par une maladie.

Lorsque les Philistins avaient rendu l’arche à Beit Shemesh, « une vaste pierre était là », dit le livre de Samuel. Les résidents de la ville « ont repris l’arche du seigneur et le coffre qui l’accompagnait, et qui contenait les articles d’or, et ils les ont placés sur la vaste pierre », dit encore le texte.

L’arche devait plus tard rejoindre Kiriath-Jearim puis Jérusalem.

Il y a des éléments contradictoires, toutefois, entre le récit antique et le site moderne – le texte dit que la pierre se trouvait dans une zone ouverte, par exemple dans une vallée, alors que le bloc de pierre a été découvert dans un temple, au dessous de la ville.

Le lien entre le texte et la trouvaille faite à Beit Shemesh ne confirme pas le lieu où avait été placée l’arche sur le site mais suggère qu’il pourrait y avoir un caractère historique dans le livre.

Le texte a été probablement écrit plusieurs centaines d’années après la destruction du site mais l’auteur semble connaître la pierre et la signification religieuse de Beit Shemesh, clame Bunimovitz.

La manière même dont les résidents de Beit Shemesh, à cette époque, s’identifiaient eux-mêmes reste indéterminée, explique l’article.

Beit Shemesh est une communauté et un pôle de transports depuis environ 3 000 ans. Des fouilles ont révélé l’existence d’implantations humaine depuis la fin de l’Age de bronze. Cette histoire prébiblique est préservée dans le nom de la ville, empruntée à la déesse cananéenne du soleil, Shamash.

De nombreux personnages importants de la bible avaient également transité par Beit Shemesh qui signifie littéralement la maison du soleil – jusqu’à ce que le roi assyrien Sennacherib prenne d’assaut ces terres en l’an 701 avant l’ère commune, comme c’est inscrit dans le livre 2 des Rois.

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