Un candidat d’extrême-droite défend Kahane après la fusion avec HaBayit HaYehudi
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Un candidat d’extrême-droite défend Kahane après la fusion avec HaBayit HaYehudi

Huitième sur la liste de fusion négociée grâce au Premier ministre, Itamar Ben Gvir réfute les accusations de terrorisme associées au rabbin Kahane

Itamar Ben Gvir avant une audience à Rishon Lezion, sur l'affaire des jeunes juifs suspectés dans une grande enquête de sécurité dont les détails sont sous embargo, le 31 décembre 2018. (Crédit : Flash90)
Itamar Ben Gvir avant une audience à Rishon Lezion, sur l'affaire des jeunes juifs suspectés dans une grande enquête de sécurité dont les détails sont sous embargo, le 31 décembre 2018. (Crédit : Flash90)

Jeudi, alors que nombreux sont ceux à dénoncer l’accord de fusion conclu sous la pression de Benjamin Netanyahu, un candidat de la formation d’extrême-droite Otzma Yehudit, qui vient de s’allier à HaBayit HaYehudi, a défendu le rabbin défunt Meir Kahane, dirigeant de mouvements jugés terroristes par Israël et les États-Unis après sa mort.

Lors d’un entretien avec la Radio de l’armée, Itamar Ben Gvir a soutenu que le système judiciaire était partial à l’égard de la droite. En 1988, la Haute-cour de justice avait confirmé la décision de la Commission centrale électorale d’interdire le parti de Kahane de se présenter aux législatives, jugeant qu’il s’agissait d’un parti raciste et non démocratique.

« Un tribunal l’a jugé coupable, et alors ? Waouh. Le même tribunal qui valide Hanin Zoabi et d’autres anti-Israël ? » a-t-il réagi.

« C’est à eux de se livrer à une introspection, » a-t-il surenchéri.

Le rabbin Meir Kahane (Crédit photo : Yossi Zamir/Flash90)

Kahane, un Juif orthodoxe et fervent défenseur du nationalisme juif extrémiste, est le fondateur de la Ligue de défense juive (LDJ) aux États-Unis et du mouvement Kach en Israël, tous les deux interdits dans le cadre de lois anti-terroristes.

En 1985, Kahane et son parti Kach avaient remporté un seul siège à la Knesset, mais il fut interdit de se présenter au scrutin de 1988 en raison de ses idées racistes. Son mouvement Kach fut prohibé en 1994 en Israël, et sa LDJ a été placée sur la liste des organisations terroristes du FBI en 2001.

Adolescent, Ben Gvir était un membre actif du Kach. Il avait connu un bref moment de gloire lors d’une interview télévisée dans laquelle il brandissait fièrement l’insigne Cadillac qu’il avait arrachée de la voiture du Premier ministre Yitzhak Rabin. « Nous avons la voiture. Nous aurons aussi Rabin, » pétaradait Ben Gvir devant les caméras, quelques semaines avant l’assassinat du Premier ministre en 1995. L’ultra-nationaliste est par la suite devenu avocat et s’est spécialisé dans la défense des Juifs soupçonnés de terrorisme.

Netanyahu a grandement contribué à la conclusion de ce pacte d’union entre HaBayit HaYeyudi et Otzma Yehudit, pour lequel il a joué les intermédiaires dans le but de renforcer le bloc de droite nationaliste en vue des élections d’avril.

Le parti HaBayit HaYehudi vote en faveur d’une alliance préélectorale avec Otzma Yehudit à Petah Tikva, le 20 février 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Les récents sondages attribuent 30 sièges au Likud, alors que HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit, lequel s’est autoproclamé successeur du mouvement kahaniste interdit, pourraient chacun ne pas obtenir le nombre suffisant de voix pour entrer à la Knesset. Désormais unies, les deux petites formations ont plus de chances de passer le seuil électoral et d’obtenir plusieurs sièges.

Cet accord a déclenché de nombreuses critiques à l’encontre de Netanyahu, accusé de faire les yeux doux aux extrémistes.

Depuis la gauche, Orit Strok, Yifat Erlich, Betzalel Smotrich, Rafi Peretz et Ofir Sofer
prennent la pose après un accord sur une liste conjointe entre HaBayit HaYehudi et Ihoud Leoumi pour les élections à la Knesset du mois d’avril, le 14 février 2019. (Autorisation)

En début de journée jeudi, la candidate HaBayit HaYehudi Yifat Erlich a remis sa démission au parti, évoquant la fusion avec Otzma Yehudit.

Erlich, journaliste de longue date ayant rejoint le parti la semaine dernière à la 3e place de la liste, a publiquement fait part de son opposition à la fusion encouragée par Netanyahu.

Au cours de la semaine, Erlich a promis de quitter HaBayit HaYehudi si la fusion était opérée, mais lors de la réunion du comité central du parti mercredi soir, elle a assuré à ses collègues qu’elle soutiendrait la décision qui serait prise.

Mercredi soir, Erlich avait réfuté, auprès de ses collègues, les mauvais sondages prévoyant l’échec électoral de HaBayit HaYehudi. Mais ils semblaient peu nombreux à abonder dans son sens, les membres du comité ayant largement voté en faveur de la fusion.

Selon le pacte conclu, le Likud réservera la 28e place sur la liste parlementaire à un candidat HaBayit HaYehudi et lui accordera deux ministères en échange d’une alliance avec Otzma Yehudit.

Michael Ben Ari s’est vu octroyer la 5e place sur la liste d’union, et Ben Gvir y occupe la place suivante réservée à Otzma Yehudit, soit la huitième.

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