Un chef de Tsahal aux habitants d’Yitzhar : Les soldats ont « peur » de servir ici
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Un chef de Tsahal aux habitants d’Yitzhar : Les soldats ont « peur » de servir ici

Mais le commandant de la Brigade de Samarie semble établir une équivalence entre la violence des jeunes extrémistes et la réaction agressive des soldats frustrés

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des résidents de Yitzhar masqués et des soldats surveillent les champs palestiniens incendiés dans le village d'Asira al-Qiblyia le 2 juin 2010. (Wagdi Ashtiyeh/Flash90)
Des résidents de Yitzhar masqués et des soldats surveillent les champs palestiniens incendiés dans le village d'Asira al-Qiblyia le 2 juin 2010. (Wagdi Ashtiyeh/Flash90)

Un officier supérieur de l’armée israélienne en Judée-Samarie [Cisjordanie] aurait dit aux habitants de l’implantation d’Yitzhar que les soldats ont « peur » d’être envoyés dans la communauté située au sommet d’une colline dans le nord de la Cisjordanie, où les habitants ont affronté les soldats et les Palestiniens à plusieurs reprises ces derniers mois.

Le commandant de la brigade régionale de Samarie, Sagiv Dahan, a fait cette remarque lors d’une réunion tenue samedi soir avec les habitants d’Yitzhar, dans un contexte de tensions persistantes entre eux et les forces de sécurité, a rapporté mardi le radiodiffuseur public Kan.

« La chose qui me dérange le plus est que les soldats ont peur [d’être envoyés dans la région]… Il est inacceptable qu’un soldat se préoccupe de son bien-être lorsqu’il se déplace dans Yitzhar », a déclaré Kan, citant Dahan.

« Les soldats sont totalement brisés. Ils se sont enrôlés pour un but précis et soudain ils se retrouvent ici où les habitants les filment et leur jettent des pierres. »

Le commandant de la brigade régionale de Samarie de l’armée israélienne, Sagiv Dahan. (Armée israélienne)

Toutefois, le commandant de la brigade semble avoir établi par la suite une équivalence entre les résidents extrémistes d’Yitzhar, ainsi que les avant-postes environnants, et les soldats dépêchés pour les protéger, qui ont été accusés à plusieurs reprises d’avoir fait un usage excessif de la force contre la population locale.

Se référant au bataillon de la police des frontières dépêché dans la région en octobre à la lumière des cas répétés de violence commis par les habitants de la région d’Yitzhar, M. Dahan a déclaré : « Permettez-moi d’être clair, ils ne sont pas non plus exempts d’actes répréhensibles. Ils ont été brisés et cela les a amenés à faire des erreurs et à frapper [des civils]. Je n’accepterai pas qu’un soldat lève la main sur qui que ce soit ici à Yitzhar. De mon point de vue, c’est un désastre. »

Dimanche, une responsable de la sécurité a déclaré au Times of Israel que les responsables de la défense faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour mettre un frein à cette violence et traduire les coupables en justice. Cependant, elle a également adressé des critiques à la police et au système judiciaire israélien qui, selon elle, rendent ces efforts plus difficiles.

La responsable de la sécurité a souligné que l’année 2019 a vu une baisse importante du nombre de ce que l’on appelle les « incidents violents » perpétrés par les Israéliens contre les Palestiniens et les forces de sécurité : de 378 en 2018 à 256. Le nombre d’attaques « Prix à payer », au cours desquelles des Israéliens ont pénétré dans des villages palestiniens, vandalisé des biens et diffusé des slogans de haine en hébreu, est resté inchangé, totalisant 50 pour la deuxième année consécutive, selon les chiffres de la Défense.

Des résidents de l’implantation cisjordanienne d’Yitzhar s’opposent aux forces de sécurité lors de la démolition d’une construction illégale le 25 juin 2017.
(Capture d’écran : YouTube)

Mais les attaques contre les biens palestiniens sont de plus en plus audacieuses, a déclaré la fonctionnaire.

« Alors qu’auparavant, nous assistions à une attaque de Prix à payer au cours de laquelle les auteurs vandalisaient 20 voitures, il y a maintenant des incidents au cours desquels 160 voitures sont vandalisées », a-t-elle expliqué.  » Ils n’ont pas peur. Ils restent dans ce qui est théoriquement un village hostile pendant des heures avant de partir. »

Les milieux de la défense ont également identifié un pic dans le degré de violence des attaques, notamment un incident en novembre au cours duquel les auteurs ont lancé des pierres sur un chauffeur de taxi palestinien qui arrivait, ainsi que diverses attaques incendiaires visant des voitures palestiniennes et même une tente de la police des frontières. « Nous considérons qu’il s’agit d’attaques terroristes dans tous les sens du terme. Les auteurs ne savaient pas s’il y avait quelqu’un à l’intérieur quand ils ont mis le feu », a déclaré la responsable de la sécurité.

La fonctionnaire a souligné que les récents développements entourant l’avant-poste illégal de Kumi Ori dans le quartier de Yitzhar constituaient un « appel d’air » pour une augmentation des attaques contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes au cours des derniers mois.

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