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Un conseiller spécial à la lutte contre l’antisémitisme nommé au Canada

« Jamais, au cours de ma vie, les Canadiens juifs ne se sont sentis aussi menacés qu’aujourd’hui », a déclaré Anthony Housefather

Anthony Housefather au parlement canadien. (Capture d'écran : YouTube)
Anthony Housefather au parlement canadien. (Capture d'écran : YouTube)

C’est dans un contexte de dangereuse recrudescence de l’antisémitisme au Canada que le bureau du Premier ministre a annoncé la nomination du député libéral Anthony Housefather au poste de conseiller spécial du gouvernement pour les relations avec la communauté juive et la lutte contre l’antisémitisme.

Deux synagogues de Toronto ont été attaquées le week-end dernier, avec des vitres brisées, et en mai, des coups de feu ont été tirés dans des écoles juives lors d’incidents distincts, l’un à Montréal et l’autre à Toronto. Un incendie criminel a été déclenché dans une synagogue de Vancouver.

L’annonce est également intervenue deux semaines après que le parti libéral de Trudeau a perdu les élections dans un bastion libéral de la région de Toronto, qui compte une importante population juive. Les médias canadiens ont décrit cette défaite comme un message des Canadiens juifs mécontents de la montée de l’antisémitisme et des politiques gouvernementales jugées hostiles à Israël.

Housefather a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’il chercherait à adopter une approche pangouvernementale pour lutter contre la montée de l’antisémitisme, en s’affranchissant de la bureaucratie par la législation ou la persuasion morale.

« Nous disons ‘ceci est fédéral, ceci est municipal’, les gens sont redirigés dans tous les sens et ils sont tout simplement frustrés », a-t-il déclaré. « Nous avons besoin d’une coordination entre les différents niveaux de gouvernement. »

Dans une déclaration, il a fait allusion à des informations faisant état de cas de harcèlement d’étudiants juifs et pro-israéliens sur les campus. « Si nous ne pouvons pas faire disparaître l’antisémitisme, tous les niveaux de gouvernement, les universités et la police peuvent prendre des mesures concrètes pour que les Canadiens juifs se sentent plus en sécurité dans ce pays », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avant de s’entretenir avec son homologue polonais, à Varsovie, le 26 février 2024. (Crédit : Sergei Gapon/AFP)

Né à Montréal, Housefather a fréquenté le lycée Herzliah, une école juive, et est diplômé en droit et en commerce. Il a été maire avant d’entrer au Parlement en 2015, où il représente une circonscription essentiellement juive de Montréal, Mont-Royal. Il joue un rôle important au sein du groupe de travail interparlementaire sur l’antisémitisme et défend ouvertement Israël et les questions juives.

Il a personnellement été visé par des attaques antisémites répétées depuis le pogrom du 7 octobre perpétré par le Hamas contre Israël.

Début juillet, il dénonçait des affiches, collées dans les rues de Montréal, le traitant de « néo-nazi » et l’appelant à « quitter le Canada ».

« Je n’irai nulle part. Désolé pour les antisémites », avait-il répondu sur X. « Vous n’aimez peut-être pas ce que j’ai à dire, mais je continuerai à le dire et je continuerai à être un juif fier et un sioniste ».

Le député s’est dit « reconnaissant » de cette nomination, avant d’ajouter que « les Canadiens d’origine juive doivent se sentir en sécurité dans nos collectivités, sur les campus et dans la vie canadienne ».

Dans son communiqué, il s’est également exprimé sur le climat actuel : « Jamais, au cours de ma vie, les Canadiens juifs ne se sont sentis aussi menacés qu’aujourd’hui ».

L’un des objectifs immédiats de Housefather dans le cadre de ses nouvelles fonctions est l’adoption d’une législation faisant de l’interdiction d’entrer dans une institution juive un délit, à l’instar des lois à l’époque de la crise sanitaire du coronavirus visant les manifestants qui cherchaient à empêcher les gens d’entrer dans les hôpitaux et d’autres établissements médicaux pour se faire vacciner.

« L’une des infractions pénales que je préconise fortement en termes de législation serait ce que nous appelons la législation sur les bulles, à savoir qu’il existe une zone de protection pour entrer ou sortir d’un lieu de culte, d’une école ou d’un centre communautaire », a-t-il déclaré. « Si vous bloquez le bâtiment, vous m’empêchez d’exercer ma liberté d’expression. »

En mars, des manifestants pro-palestiniens ont tenté d’empêcher les gens d’assister à une présentation dans une synagogue de Toronto, au cours de laquelle des agents immobiliers ont présenté la vente de propriétés en Israël et en Cisjordanie, cette dernière étant considérée comme occupée en vertu de la législation canadienne.

Il restera au Parlement et travaillera en parallèle avec l’envoyée spéciale du Canada pour la commémoration de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme, Deborah Lyons.

Des étudiants et des militants prient à l’intérieur d’un campement anti-israélien sur le campus de l’Université de Toronto à Toronto, Ontario, Canada, le 2 mai 2024. (Crédit : Cole Burston/AFP)

« La lutte contre l’antisémitisme est l’affaire de tous. Je suis heureux de continuer à travailler avec [Housefather] – dans cette nouvelle capacité – pour relever l’immense défi auquel le Canada et les Canadiens sont confrontés », a écrit Lyons sur X. « Le dévouement d’Anthony à la lutte contre l’épidémie d’antisémitisme normalisé et systémique, tout en élevant la communauté juive et ses contributions, fait de lui un partenaire idéal dans ce travail. »

Les principaux organismes juifs et pro-israéliens canadiens, dont le Center for Israel and Jewish Affairs et B’nai B’rith Canada, se sont félicités de cette nomination, de même que l’ambassadeur d’Israël au Canada, tout comme Trudeau.

« Ces derniers mois, nous avons assisté à une montée inquiétante de l’antisémitisme dans le monde entier, y compris ici même au Canada. Cela ne doit pas continuer », a déclaré Trudeau dans un communiqué. « Le rôle de Housefather sera de conseiller le Premier ministre et les ministres sur l’élaboration et la coordination du travail du gouvernement du Canada pour lutter contre l’antisémitisme et veiller à ce que les Canadiens juifs puissent vivre dans la vitalité, la sécurité et la dignité. »

M. Trudeau, dont le parti de centre-gauche est en chute libre dans les sondages, mène une politique sur Israël qui vise à concilier le soutien dont les libéraux bénéficient depuis des décennies au sein de la communauté juive canadienne et les critiques croissantes de la gauche canadienne à l’égard du soutien apporté par le pays à l’Etat hébreu.

« Au cours des derniers mois, la communauté juive s’est montrée très mécontente de la manière dont tous les gouvernements ont traité l’antisémitisme », a déclaré Housefather dans l’interview. « Il s’agit d’une mesure très importante prise par le Premier ministre pour répondre aux préoccupations de la communauté. »

Des étudiants et des militants pro-palestiniens manifestant lors d’un campement anti-Israël, sur le campus de l’Université McGill, à Montréal, au Canada, le 29 avril 2024. (Crédit : Graham Hughes/AFP)

Cette critique a également été formulée par Housefather. Il a publiquement envisagé de quitter les libéraux parce que la plupart des députés du parti ont voté en faveur d’une motion non contraignante présentée par un parti situé à la gauche des libéraux, le NPD, qui reconnaîtrait le statut d’État palestinien. Israël et ses alliés considèrent le mouvement naissant des gouvernements occidentaux de gauche en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien comme une récompense pour le Hamas qui a perpétré un massacre dans le sud d’Israël le 7 octobre, et déclenché la guerre actuelle. Le gouvernement minoritaire de Trudeau est soutenu par un accord avec le NPD.

Housefather est revenu sur sa décision en partie grâce à des conversations avec Trudeau, qui lui a promis de l’impliquer davantage dans la politique relative à l’antisémitisme et à Israël.

« J’ai eu des discussions très, très douloureuses au cours desquelles nous avons parlé de ce que j’estimais être un manque d’action de la part du gouvernement », a déclaré Housefather à la CBC à l’époque. « Et il m’a dit : ‘Viens travailler avec moi, viens travailler avec Deborah Lyons, joue un rôle de leader dans ce dossier et nous le réglerons' ».

Selon la CBC, la nomination de Housefather a été retardée parce que certains législateurs du parti libéral estimaient qu’il était trop clivant et que d’autres se demandaient quelle serait la distinction entre son travail et celui de Lyons.

Housefather a déclaré que sa double casquette de législateur et de conseiller compléterait celui de Lyons. « Je pourrai parler aux membres de la Chambre et du Sénat. Je pourrai travailler avec nos ministres [du gouvernement] », a déclaré Housefather.

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