Un cycliste juif britannique en pleine forme durement affecté par le Covid-19
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Un cycliste juif britannique en pleine forme durement affecté par le Covid-19

Sa femme, Anna Schuchman, a d'abord pensé que les mesures drastiques de confinement étaient exagérées, mais elle a changé d'avis quand son mari s'est retrouvé grièvement atteint

Dani Schuchman, âgé de 40 ans, parcourt régulièrement des sorties de 50 kilomètres sur son vélo. (Crédit)
Dani Schuchman, âgé de 40 ans, parcourt régulièrement des sorties de 50 kilomètres sur son vélo. (Crédit)

LONDRES — Après avoir passé sept jours très éprouvants à lutter pour sa vie contre le Covid-19, Dani Schuchman, âgé de 40 ans, a pu sortir de l’hôpital. Aujourd’hui, afin de combattre cette fausse idée que les personnes jeunes et en bonne santé ne peuvent pas contracter la maladie, sa femme, Anna, veut dire au monde : si son mari très sportif a pu être affecté par le virus, tout le monde est concerné.

Le couple, parent de quatre enfants, vit à Hendon, dans une banlieue de Londres où résident des centaines de Juifs. Anna a expliqué au Times of Israël que sa famille, qui est membre de la grande Kinloss Synagogue (aussi connue sous le nom de Finchley United Synagogue), a participé ces dernières semaines à des événements pour la fête de Pourim et à deux bar mitzvahs.

Anna Schuchman estime qu’avant l’annonce du confinement général en Grande-Bretagne, elle et son mari ont facilement pu être en contact avec 1 000 personnes à la fois dans leur vie de tous les jours et à l’occasion des événements communautaires.

« Chaque personne à laquelle j’ai parlé dans le nord-ouest de Londres a eu des symptômes », a-t-elle déclaré. « Nous connaissons beaucoup de gens qui ont eu des symptômes légers, dont la perte du goût et de l’odorat, qui vient juste d’être ajoutée à la liste » des symptômes.

Anna est coach personnel et Dani travaille dans les technologies de l’information. « Il y a deux semaines, il a pris la décision de faire travailler son équipe à la maison, il n’utilisait donc plus les transports publics. J’imagine que nous avons pensé que nous n’aurions pas de problème. Nous sommes tous les deux en forme, probablement plus que le grand public », a-t-elle commenté.

La maladie de Dani, qui a conduit Anna à l’emmener d’urgence à l’hôpital Northwick Park, pour des difficultés respiratoires aiguës, a eu l’effet d’un choc terrible aussi bien pour le couple que pour leurs enfants.

Dani Schuchman à l’hôpital, branché sur respirateur, à cause du COVID-19. (Crédit)

« Dani est très en forme et en bonne santé, a-t-elle dit, ajoutant qu’il parcourt 50 kilomètres à vélo le dimanche matin et qu’il a participé à une course de charité juive à Norwood au profit des enfants.

« Quand nous avons entendu parler pour la première fois du coronavirus et de ce qu’Israël faisait, nous avons pensé qu’ils exagéraient un petit peu », a-t-elle concédé.

Israël a imposé des mesures strictes pour endiguer la propagation du virus, avec notamment la fermeture temporaire des commerces, la réduction des transports publics et le confinement des personnes à domicile, à de rares exceptions près.

Quand son mari a développé une toux le 15 mars, Anne, qui travaillait avec son associée Charlotte Winkler, s’est inquiétée. Deux jours plus tard, son « grand mari robuste était tassé sur sa chaise, il ne pouvait même pas lever le menton », s’est souvenue Anna.

Les secouristes du service d’ambulance locale juive, Hatzalah, ont bien fait le déplacement jusqu’à la maison des Schuchman, mais ils ont décidé de ne pas emmener Dani à l’hôpital. Le lendemain, Dani était complètement désorienté et avait des difficultés à respirer. Anna a donc pris la décision de l’emmener elle-même à l’hôpital.

On ne l’a pas autorisée à voir son mari pendant son séjour à l’hôpital Northwick Park Hospital, où il a été placé sous oxygène et sous surveillance médicale.

Le 25 mars, après que Dani a pu montrer qu’il était capable de respirer de lui-même pendant une heure sans oxygène. « Ils l’ont plus au moins jeté dehors parce qu’ils avaient besoin de lits », a-t-elle relaté.

Le 23 mars, le Premier ministre britannique Boris Johnson (lui-même porteur du coronavirus) avait donné l’instruction à l’ensemble de la population de « rester à la maison » à quelques exceptions près. Il a ensuite annoncé une forte réduction des activités quotidiennes, dont l’interdiction de tout rassemblement de plus de deux personnes. Il a également ordonné la fermeture immédiate de tous les magasins qui ne vendent pas de produits alimentaires ou des médicaments.

Anna et Daniel Schuchman avec leur quatre enfants, Ella, 16 ans, Gabe, 13 ans, Micah 10 ans, et Amalya, 6 ans. (Crédit)

Dani est actuellement en quarantaine, et dans six semaines, il devra passer une radio de contrôle de ses poumons.

« Cela m’a beaucoup affectée, a confié Anna. Soulagement et choc. Nous étions vraiment blasés au sujet du COVID-19. Je disais, ‘bon, on va tous finir par l’avoir’. Mais je n’avais jamais imaginé quelque chose de la sorte. Les gens doivent savoir qu’ils ne sont pas invincibles et qu’ils pourraient être en train de propager le virus ».

Anna publie régulièrement sur Instagram des messages sur sa propre activité de coach, mais elle a arrêté quand son mari est tombé malade. Maintenant, Charlotte Winkler l’a convaincue de partager son histoire en ligne. « Les gens ne se rendent pas compte que cela pourrait arriver à n’importe qui », a prévenu Anna.

Dani se rétablit à la maison, mais Anna a dit que ni le couple ni les médecins ne savent si lui et la famille sont maintenant immunisés, « Il y a encore tellement de choses qui nous ignorons ».

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