Un dépôt d’armes iranien en Syrie visé par des frappes aériennes – médias
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Un dépôt d’armes iranien en Syrie visé par des frappes aériennes – médias

Un avion non identifié a ciblé l'aéroport près de la frontière irakienne, une zone qui a été le théâtre d'attaques israéliennes présumées ces derniers mois

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un drone Heron de l'armée israélien surovle Ashdod le 13 novembre 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Un drone Heron de l'armée israélien surovle Ashdod le 13 novembre 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Un avion non-identifié a bombardé un dépôt d’armes contrôlé par l’Iran dans l’est de la Syrie mercredi soir et causé une importante explosion, selon un site d’information de l’opposition syrienne.

Selon l’agence de presse Step News, les avions ont tiré plusieurs missiles sur des entrepôts appartenant au Corps des Gardiens de la révolution islamique à l’aéroport d’al-Hamdan, aux abords de Deir Ezzor, dans la région d’Abulkamal en Syrie, région qui aurait été la cible à plusieurs reprises de frappes aériennes israéliennes sur des installations iraniennes l’année passée.

Les troupes au sol ont tiré des armes anti-aériennes sur les avions attaquants, a rapporté le site.

Aucun blessé n’a été immédiatement signalé.

En règle générale, l’armée israélienne ne commente pas ses frappes aériennes en Syrie, à l’exception de celles qui sont menées en guise de représailles aux attaques contre Israël.

Image satellite montrant les conséquences d’une attaque aérienne de nuit sur une base militaire iranienne présumée dans la région de Boukamal, en Syrie, près de la frontière irakienne, le 9 septembre 2019. (ImageSat International)

La région syrienne d’Abulkamal, près de la frontière avec l’Irak, est considérée comme une région cruciale pour l’Iran et ses plans visant à établir un corridor terrestre vers la mer Méditerranée afin de faciliter le transport de matériel et de combattants à travers le Moyen-Orient.

L’attaque signalée contre les caches d’armes des Gardiens de la Révolution, mercredi, a eu lieu environ deux semaines après une flambée entre Jérusalem et Téhéran, au cours de laquelle les troupes iraniennes ont tiré plusieurs roquettes sur le nord d’Israël depuis la Syrie et l’armée israélienne a riposté par une série d’attaques aériennes contre des cibles militaires iraniennes et syriennes.

Selon l’armée, quatre roquettes ont été tirées depuis la Syrie vers le plateau du Golan et le nord de la Galilée avant l’aube du 21 novembre. Le système de défense antimissile du Dôme de Fer a intercepté les quatre projectiles entrants.

Lors de raids de représailles le lendemain matin, l’armée de l’air israélienne a bombardé plusieurs installations iraniennes en Syrie, notamment un bâtiment de l’aéroport international de Damas utilisé par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, où se trouvaient alors des agents iraniens, ainsi qu’un certain nombre de batteries syriennes de défense aérienne.

« Nous avons frappé un immeuble occupé par des Iraniens à l’aéroport de Damas. Nous estimons qu’il y a des Iraniens tués et blessés », avait déclaré un responsable de la défense israélienne à l’époque, sous couvert d’anonymat.

On peut voir une grande explosion qui frappe Damas. Les images auraient été enregistrées dans la nuit de mardi à mercredi, le 20 novembre 2020. (Capture d’écran)

Selon un observateur syrien, au moins 23 combattants ont été tués lors de ces frappes, dont 16 probablement Iraniens. Le responsable israélien a déclaré que l’armée estimait qu’il s’agissait d’un nombre sur-estimé, le nombre réel de morts étant estimé à une dizaine.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a condamné Israël pour les frappes, affirmant qu’il s’agissait d’une « mauvaise manœuvre » qui enfreignait le droit international, selon l’agence russe Interfax.

La Russie soutient le gouvernement Assad et a critiqué les précédentes frappes israéliennes dans le pays, en particulier celles qui visent les bases militaires syriennes en plus des installations iraniennes.

Bogdanov a ajouté que Moscou avait pris contact avec ses alliés au sujet de l’incident, selon le rapport. Toutefois, l’armée israélienne a assuré avoir coordonné ses frappes aériennes avec Moscou.

Israël a déclaré à maintes reprises qu’il n’accepterait pas que l’armée iranienne s’implante en Syrie et qu’il riposterait à toute attaque de la Syrie contre l’État juif.

Israël a effectué des centaines de frappes aériennes en Syrie contre des cibles iraniennes au cours des dernières années, mais ne commente généralement pas d’attaques spécifiques. L’Iran a des forces basées en Syrie, le voisin du nord d’Israël, et soutient les terroristes du Hezbollah et de Gaza.

La Force al-Qods, dirigée par le général de division Qassem Soleimani, fait partie du Corps des Gardiens de la Révolution de la République islamique responsable des opérations extraterritoriales et est un acteur clé en Syrie, tant contre les rebelles que dans les efforts déployés par Téhéran pour s’installer le long de la frontière israélienne et menacer l’État juif à partir de là.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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