Un député du Meretz entraîne la polémique au sein de son parti
Yair Golan rejette l'utilisation du terme "occupation" ; un haut-responsable de la formation dit qu'il est "très triste que des propos pareils" viennent d'un élu du parti de gauche
Le député du Meretz Yair Golan a été âprement critiqué au sein de son parti par un haut-responsable de cette formation de gauche parce qu’il a déclaré refuser d’utiliser le terme « occupation » pour décrire le contrôle militaire israélien en Cisjordanie.
« Ce que Golan ne comprend pas, c’est que ‘l’occupation’ ne fait pas référence à la capture des territoires mais à la situation dans laquelle 3,5 millions de Palestiniens se trouvent depuis 54 ans », a écrit sur Twitter Uri Zaki, membre du parti du Meretz, dans la journée de samedi.
Il a ajouté que l’occupation était, à ses yeux, « vivre sous occupation militaire sans jouir des droits fondamentaux ou de la citoyenneté, avec la présence d’un nombre toujours plus grand de citoyens israéliens, sur le même territoire, qui bénéficient de l’intégralité des droits démocratiques ».
Zaki, le conjoint de Tamar Zandberg, ministre au sein de la coalition, a ajouté qu’il était « très triste que des propos pareils proviennent d’un député figurant sur la liste électorale du Meretz ».
Ces critiques de Golan surviennent vingt-quatre heures après une interview accordée par ce dernier à la Douzième chaîne. A cette occasion, le journaliste avait fait remarquer au législateur que le terme « occupation » apparaissait à de nombreuses reprises dans le programme du parti.
« Ce mot a une connotation d’insensibilité, comme si nous nous saisissions d’un territoire qui ne nous concerne en rien. En fin de compte, nos racines sont ancrées dans les terres de Judée-Samarie et de Jérusalem », avait répondu Golan à la journaliste en employant les noms bibliques de la Cisjordanie.
« Je rêve de la terre de la bible », avait-il ajouté. « Je le dis à mes amis de droite, le lien que j’entretiens avec toutes les parcelles de la terre d’Israël n’est pas moins important que le vôtre ».
Golan, ancien chef d’État-major adjoint, qui est aujourd’hui vice-ministre de la Sécurité intérieure, avait également expliqué que l’évacuation d’un grand nombre d’habitants d’implantation serait un « arrêté terrible ».
La veille de l’interview, Golan et plusieurs autres députés pacifiques avaient retiré leur soutien à un courrier signé par 90 députés à Unilever, critiquant la firme Ben & Jerry’s pour sa décision d’arrêter de vendre des glaces « dans les territoires palestiniens occupés ».
« J’ai compris que ce n’était pas mon positionnement », avait écrit sobrement Golan sur Twitter après avoir signé la lettre. Il avait noté s’opposer à la description des implantations comme étant des « villes et des villages d’Israël », demandant que sa signature soit retirée.
Golan avait été le seul législateur du Meretz à apposer sa signature à cette missive, parrainée par la députée Merav Ben-Ari, de Yesh Atid, en réponse à l’annonce faite la semaine dernière par Ben & Jerry’s.