Un député parodie une lettre de Netanyahu, l’État demande une enquête pour falsification
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Un député parodie une lettre de Netanyahu, l’État demande une enquête pour falsification

Le gouvernement a demandé au procureur général d'ouvrir une enqêuête sur Yoel Hasson après qu'il a retouché et publié sur les réseaux sociaux la lettre de démission du Premier ministre

Yoel Hasson, député de l'Union sioniste. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Yoel Hasson, député de l'Union sioniste. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le secrétaire du cabinet du gouvernement a demandé ce mardi au procureur général d’ouvrir une enquête criminelle pour falsification après qu’un député de l’opposition a publié, sur ses réseaux sociaux, une lettre de démission retouchée numériquement pour y faire apparaitre la signature du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La fausse lettre de démission publiée par le député de l’Union sioniste Yoel Hasson semblait être une version revue et corrigée d’une lettre du Premier ministre dans laquelle Netanyahu a annoncé sa démission du ministère des Communications.

« Je viens par la présente annoncer ma démission du poste de Premier ministre », pouvait-on lire dans la version postée par Hasson sur son compte Facebook et son compte Twitter.

Dans une lettre au procureur général Avichai Mandelblit, le secrétaire du cabinet Tzachi Braverman a décrit le document retouché avec la signature de Netanyahu comme « une tromperie délibérée du public sans autre but que celui de porter atteinte au statut du Premier ministre ».

Il a ajouté que l’utilisation de la signature du Premier ministre était « sans aucun doute » une violation d’une loi de 1977 qui classe la falsification comme un délit criminel.

Il a ajouté que le fait que la « falsification » a été commise par un député « augmente la gravité de l’action ».

La lettre publiée par Hasson était accompagnée du message suivant : « pourquoi uniquement du portefeuille des Communications ? Voilà, @Netanyahu, je me suis occupée de ça pour vous, il ne vous reste qu’à l’envoyer ».

En réponse à la demande de Braverman, Hasson a écrit sur sa page Facebook que la lettre du secrétaire du cabinet était une tentative pour détourner l’attention de l’enquête dont fait l’objet Netanyahu.

« Bien sûr, Netanyahu comprend que la fin de sa [carrière] politique est plus proche que jamais, et donc toutes les blagues sur Twitter résonnent comme une menace chez lui. Même une mesure aussi violente et brutale de la part de Netanyahu ne m’empêchera pas d’œuvrer pour le remplacer » en tant que Premier ministre.

Hasson a écrit que plutôt que de « gérer les menaces sérieuses telles que l’Iran, le Hezbollah ou le Hamas, [Netanyahu] préfère s’occuper d’une blague sur Twitter ». Il a ajouté qu’il était ironique que le Premier ministre l’accuse de falsification, étant donné que Netanyahu « est le maitre des fausses nouvelles et des falsifications ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire du Cabiner Tzachi Braverman durant une réunion hebdomadaire au bureau du Premier ministre, ele 29 janvier 2017. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire du Cabiner Tzachi Braverman durant une réunion hebdomadaire au bureau du Premier ministre, ele 29 janvier 2017. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

L’ « Affaire 1000 » porte sur les cadeaux illégaux qu’auraient reçu Netanyahu et sa famille de la part de bienfaiteurs milliardaires, et notamment des centaines de milliers de shekels en champagne et en cigares, de la part du producteur hollywoodien Arnon Milchan.

Netanyahu et sa femme auraient démenti que le fait d’avoir reçu ces cadeaux constituerait un délit. Ils auraient affirmé que la valeur desdits cadeaux était inférieure à ce qui a été annoncé, et qu’il ne s’agissait que de « broutilles » échangées entre amis.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l'actrice Kate Hudson lors d'un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l’actrice Kate Hudson lors d’un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

L’ « Affaire 2000 » s’intéresse à un accord secret de contrepartie conclu entre Netanyahu et Arnon « Noni » Mozes, éditeur et propriétaire du Yediot Aharonoth. Dans cet accord, le Premier ministre aurait promis à Mozes de faire adopter une loi visant à réduire la distribution du principal concurrent du Yedioth, le journal gratuit Israel Hayom, en échange d’une couverture plus favorable. Aucun accord n’a été appliqué et Netanyahu dément avoir fait quoi que ce soit de répréhensible.

Isaac Herzog à une réunion de l'Union sioniste au parlement israélien, le 22 février 2016 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)
Isaac Herzog à une réunion de l’Union sioniste au parlement israélien, le 22 février 2016 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

La décision de Netanyahu concernant sa démission du ministère des Communications, qui a pris effet mardi, semblait être étroitement liée aux enquêtes en cours.

Il s’agissait également d’une réaction à la demande déposée à la Cour suprême le mois dernier par le chef de l’opposition et dirigeant du parti de l’Union sioniste le député Isaac Herzog. Il a demandé à ce que le Premier ministre soit suspendu de son poste de ministre des Communications, étant donné que les dernières révélations de l’enquête criminelle dont il fait l’objet le disqualifient pour occuper ce poste.

Dans sa réponse à la demande déposée à la Cour suprême, le gouvernement a déclaré qu’étant donné que Netanyahu a démissionné, les « circonstances spécifiques de la demande qui s’adressent à lui comme ministre des Communications ne sont plus pertinentes ».

Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi, considéré comme un confident du Premier ministre, a été nommé pour remplacer Netanyahu au ministère des Communications.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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