Un dirigeant de synagogue à Meron : arrêtez les feux de joie, sources de profit
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Un dirigeant de synagogue à Meron : arrêtez les feux de joie, sources de profit

Selon le responsable, la tendance croissante de ces dernières années à la multiplication des cérémonies d'allumage de feux de joie par diverses communautés haredi doit cesser

Le directeur d'une synagogue de Meron, Haim Ben-Shimon, le 2 mai 2021. (Capture d'écran vidéo)
Le directeur d'une synagogue de Meron, Haim Ben-Shimon, le 2 mai 2021. (Capture d'écran vidéo)

Le gabai, ou responsable, de la synagogue locale du Mont Meron a déclaré à la Douzième chaîne qu’il pensait que la tendance croissante de ces dernières années à la multiplication des cérémonies d’allumage de feux de joie par diverses communautés haredi devait cesser.

« Je suis ici depuis 33 ans. Ce n’est pas possible que chaque année il y ait un autre feu de joie pour un autre guide hassidique. Je pense et je suggère à toutes les autorités… d’annuler ces feux de joie », a déclaré Haim Ben-Shimon.

« Tous ces allumages de feux de joie sont pour faire de l’argent, et je le sais. Ce n’est pas par piété. Quiconque veut allumer une bougie peut le faire chez lui et prendre un repas de fête chez lui », a-t-il déclaré.

« L’allumage original du feu de joie ici, pendant des générations, était seulement le fait du leader hassidique de Boyan [dynastie]. Mais les autres chefs hassidiques qui ont soudainement décidé de faire des allumages, je sais personnellement que ces [événements] sont achetés pour des centaines de milliers de dollars. » Il semble faire référence aux recettes des événements.

Le pape François donne sa bénédiction depuis la fenêtre de ses appartements donnant sur la place Saint-Pierre, au Vatican, pendant la prière de l’Angélus du dimanche, le 2 mai 2021. (Filippo MONTEFORTE / AFP)

À Rome, lors de son homélie dominicale, le pape François a déclaré : « Avec tristesse, j’exprime ma proximité avec le peuple d’Israël [pour la catastrophe de Meron]. »

François a déclaré qu’il se souviendrait des 45 victimes et de leurs familles dans ses prières.

Dans une interview accordée deux heures avant la catastrophe de Meron, le responsable de l’administration des lieux saints du ministère des Affaires religieuses a fait part de son appréhension face à l’affluence sur le site et a affirmé que la police était en fin de compte responsable de l’événement – une affirmation que les responsables de la police contestent depuis la bousculade qui a tué 45 personnes jeudi.

« Nous sommes constamment dans l’appréhension que tous les systèmes fonctionnent correctement », a déclaré Yossi Schwinger, chef du Centre national pour le développement des lieux saints, à un journaliste haredi. « Qu’à Dieu ne plaise, il ne faudrait pas que l’enfant d’une mère risque de suffoquer à cause de la bousculade et de la promiscuité ».

Lorsque le journaliste a fait remarquer que la police semblait particulièrement tendue en raison de l’énorme affluence, Schwinger a indiqué qu’il avait lui aussi été bousculé par la foule et qu’à un moment donné, « des enfants ont presque été écrasés. C’était un spectacle très désagréable ».

Mais il a ajouté : « Les gens pensent que s’il y a eu une forte affluence, c’est que le [Centre] n’a pas géré les choses correctement. » Cependant, a-t-il dit, « le gestionnaire [de l’événement] est la police israélienne. Nous budgétisons tout, planifions tout, mais ici, sur le terrain, en matière de sécurité, c’est la police israélienne. »

Depuis la tragédie, les responsables de la police, anciens et actuels, ont déclaré que la police ne pouvait pas faire grand-chose, compte tenu de la pression politique exercée pour que l’événement puisse avoir lieu sans limitation de nombre. Chaque année, ils ont fait de leur mieux pour sécuriser le site, mais ils n’ont pas reçu les moyens nécessaires pour garantir véritablement la sécurité des fidèles en limitant la participation.

L’ancienne juge de la Cour suprême, Dalia Dorner, s’attend de son côté à ce que le gouvernement forme une commission d’enquête nationale sur les événements survenus à Meron. Dorner a déclaré à Kan Bet Radio : « Il est clair qu’il y a de nombreux problèmes avec les avertissements remontant à des décennies. » Elle reconnaît que le gouvernement actuel est dysfonctionnel mais « nous avons toujours besoin de quelqu’un pour nous gouverner ». Selon elle, une telle commission n’aurait pas pour but de désigner des coupables, mais d’enquêter et de formuler des recommandations. « Nous devons vérifier ce qui s’est passé de manière objective ».

Le chef du parti Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, a lui déclaré à la radio Kan Bet que le site du mont Méron « ressemble à l’Asie orientale. L’endroit n’a pas été touché depuis la création de l’État ». « On ne peut pas faire venir autant de personnes dans un si petit espace et ne pas avoir de catastrophe ». Il dit connaître personnellement plusieurs personnes dont des membres de la famille ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi. « C’est horrible », a-t-il déclaré. « L’État d’Israël n’a jamais connu une telle chose. Chacun d’entre eux était un monde entier. »

Moshe Gafni de Yahadout HaTorah participe à une conférence à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le grand rabbin ashkénaze David Lau a quant à lui déclaré à la radio de l’armée qu’à la suite de la tragédie de Meron, la gestion du site doit être formellement déterminée. « Le site doit être traité différemment. Ce qui se passe en ce moment ne respecte pas le lieu ni la vie humaine. L’État est obligé d’en assumer la responsabilité », a-t-il déclaré.

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