Un dirigeant des implantations secoué par des accusations de harcèlement sexuel
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Un dirigeant des implantations secoué par des accusations de harcèlement sexuel

Davidi Perl, président du conseil régional du Gush Etzion, affirme que les importants pots-de-vin payés à l’accusatrice ne sont pas une preuve de culpabilité

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Davidi Perl, chef du conseil local du Gush Etzion, le 6 octobre 2014. (Photo: Elhanan Miller/Times of Israel)
Davidi Perl, chef du conseil local du Gush Etzion, le 6 octobre 2014. (Photo: Elhanan Miller/Times of Israel)

Un important dirigeant des implantations est confronté depuis dimanche à des appels à démissionner après que la presse a révélé qu’il avait accepté de payer une compensation à une femme contre un abandon de plainte contre lui pour harcèlement sexuel.

Davidi Perl, dirigeant du conseil régional du Gush Etzion, a clamé son innocence et a déclaré qu’il avait remis de l’argent à cette femme uniquement pour protéger sa famille et pour empêcher que ces accusations ne soient révélées au grand jour.

La Dixième chaine a annoncé la semaine dernière que Perl avait accepté de payer des centaines de milliers de shekels à une jeune femme de 20 ans, habitante de Jérusalem, qui avait porté plainte contre lui par le biais du Forum Takana, spécialisé dans la gestion de dossiers d’abus sexuel au sein de la communauté orthodoxe moderne en toute discrétion. En retour, la femme a retiré sa plainte et Perl a accepté de ne se représenter à aucune des élections à venir pour le Conseil.

Takana, constitué d’importants rabbins et responsables du mouvement orthodoxe moderne, a essayé en vain pendant des mois de persuader Perl de venir à une audition. Finalement, l’un des rabbins a embauché un avocat pour représenter la jeune femme et a réussi il y a deux mois à obtenir l’accord de Perl pour un accord négocié. En échange du paiement, qui serait de 200 000 shekels selon le site internet national religieux Srugim, la plaignante devait retirer sa plainte et Perl ne pas se présenter aux prochaines élections.

Perl, qui a déjà refusé de commenter cette affaire, a envoyé une lettre vendredi à d’autres membres du conseil, dans laquelle il a souligné que la somme qu’il a réglée n’est pas une reconnaissance de sa culpabilité.

« Les choses ayant été publiées dans différents articles n’ont aucun fondement si ce n’est d’affirmer que j’ai payé pour empêcher la publication de diffamation. Il m’est apparu clairement que tout serait publié si je ne payais pas, a-t-il écrit.

« Ne voyez pas mon empressement à payer comme une forme d’aveu, a continué Perl. Parfois, une personne abandonne un combat s’il est juste, et c’est ce que j’ai fait pour protéger ma famille. »

Des éléments de cette lettre ont d’abord été publiés par le site national religieux, Kippa, puis ont été repris par d’autres médias israéliens.

La députée Rachel Azaria du parti Koulanou lors d'une séance d'une commission de la Knesset le 26 octobre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée Rachel Azaria du parti Koulanou lors d’une séance d’une commission de la Knesset le 26 octobre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La députée Rachel Azaria, députée orthodoxe du parti centriste Koulanou, a appelé les mouvements religieux ainsi que l’association des résidents des implantations du Conseil de Yesha à contraindre Perl à démissionner de ses fonctions immédiatement.

Sur sa page Facebook dimanche, Azaria a écrit que « le moment est arrivé de demander à Davidi Perl de démissionner. Je demande, où est le Conseil de Yesha ? Où est la direction orthodoxe et les partis de la Torah ? Pourquoi nos voix ne sont-elles pas entendues ? Qu’enseignons-nous à nos filles et nos fils ?

Yuval Cherlow, un rabbin modéré sioniste religieux et l’un des fondateurs de Takana a déclaré à la radio publique israélienne que si les articles annonçant que Perl a payé son accusatrice en échange du silence sont vrais, alors il ne peut plus continuer à diriger le Conseil. Cherlow a souligné qu’il n’était pas personnellement au courant de tous les éléments du dossier, mais a indiqué qu’il se rapprocherait des autres membres du forum et leur demanderait expressément de soutenir pleinement la jeune femme.

Selon la Dixième chaine, l’affaire a commencé il y a un an lorsque la jeune femme a déposé plainte avec l’aide du Forum Takana. Le Forum a interrogé la jeune femme en détail et est arrivé à la conclusion que ses accusations étaient valables. Takana a consulté le procureur général Avichai Mandelblit, qui a recommandé au forum de gérer cette affaire au mieux, en prenant en compte que la victime présumée avait refusé de porter plainte auprès de la police par crainte de rendre son identité publique.

Cette exposition médiatique a placé la communauté du Gush Etzion face à un dilemme, a annoncé la Dixième chaine, puisque jusqu’à présent, le Forum Takana avait appliqué une politique de discrétion totale sur les dossiers qu’il traitait, refusant même de confirmer s’il y avait ou non un dossier à propos de Perl.

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