Un dirigeant druze du Golan conteste la déclaration de l’ONU sur la “difficulté de l’occupation israélienne”
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Un dirigeant druze du Golan conteste la déclaration de l’ONU sur la “difficulté de l’occupation israélienne”

Pour le maire de Majdal Shams, les habitants jouissent d’une bonne vie et trouvent toujours une “oreille attentive” auprès du gouvernement

Des druzes israéliens de Majdal Shams manifestent pour soutenir leurs frères druzes syriens, dans le nord d'Israël, le 15 juin 2015. (Crédit : Jule Gamal/Flash90)
Des druzes israéliens de Majdal Shams manifestent pour soutenir leurs frères druzes syriens, dans le nord d'Israël, le 15 juin 2015. (Crédit : Jule Gamal/Flash90)

Un dirigeant de la population druze du plateau du Golan a contesté l’affirmation d’un comité des Nations unies qui accusaient Israël d’imposer des épreuves économiques et sociales à sa communauté.

Dulan abu-Saleh, le maire de Majdal Shams, la plus grande ville druze du Golan, a déclaré à Makor Rishon que la récente déclaration sur la région du Conseil économique et social de l’ONU était une « farce totale », a annoncé vendredi le quotidien.

Contrairement aux autres populations druzes d’Israël qui servent dans l’armée israélienne, la population druze du Golan, qui compte environ 20 000 personnes, a soigneusement fait attention à ne pas s’aligner publiquement avec l’Etat juif, qui a annexé le plateau du Golan en 1981 après l’avoir conquis à la Syrie pendant la guerre des Six Jours en 1967.

L’éruption de la guerre civile syrienne en 2011 a changé cela, entraînant une forte hausse du nombre de Druzes du Golan qui demandent la nationalité israélienne, qui leur est proposée depuis 1981.

Manifestation pro-Syrie à Majdal Shams, le 15 juin 2015. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Manifestation pro-Syrie à Majdal Shams, le 15 juin 2015. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Abu-Saleh a contesté l’inclusion de sa région natale dans la déclaration de l’ONU ce mois-ci, qui a affirmé que « les répercussions économiques et sociales de l’occupation sur les conditions de vie du peuple palestinien dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem Est et la population arabe dans le Golan syrien occupé. »

« Je ne comprends pas de quoi ils parlent, c’est risible », a déclaré abu-Saleh. Les Druzes du Golan « ne servent pas dans l’armée israélienne et n’ont jusqu’à présent que reçu de l’Etat ». Au sujet de la guerre en Syrie, il a demandé « pourquoi ne condamnent-ils pas les horreurs en Syrie, où des dizaines d’enfants sont tués tous les jours ? Les habitants du Golan ont une bonne vie. »

Il a ajouté que « bien que nous ne soyons pas inclus dans des décisions gouvernementales importantes sur les budgets, quand nous construisons et faisons des projets, nous ne sentons jamais de discrimination. Au contraire, nous trouvons toujours une oreille attentive. »

Avant l’éclatement de la guerre civile en Syrie en 2011, 1 700 Druzes du Golan avaient demandé la citoyenneté israélienne qui leur était proposée. Des centaines de personnes l’ont depuis demandée.

Plateau du Golan (Crédit : Flash90)
Plateau du Golan (Crédit : Flash90)

Très rarement engagée dans les hostilités, la communauté a ouvert des centaines de restaurants et de chambres d’hôtes aux touristes et aux Israéliens qui visitent les nombreuses réserves naturelles du Golan. Mais les dirigeants de la communauté druze ont toujours souligné qu’ils étaient des citoyens syriens, cherchant à retourner en Syrie après l’occupation israélienne.

Karim Batkhish, habitant de la ville de Masaada, a déclaré que « la guerre en Syrie ne nous concerne pas. Certains pourraient dire qu’ils soutiennent [le président syrien Bachar el-]Assad, mais c’est un mensonge pour montrer à la Syrie que nous sommes avec eux. Ils mentent, personne ne veut voir la Syrie ici. »

D’autre part, l’organisation non gouvernementale internationale Human Rights Watch (HRW), qui comme l’ONU, a fait face à des accusations de partis-pris contre Israël, a été critiquée jeudi pour avoir écrit dans un rapport sur la détention des enfants que les « tribunaux militaires [israéliens] n’ont pas de justice juvénile spécialisée. »

Cette déclaration est « complètement fausse », a déclaré jeudi le groupe de surveillance NGO Monitor. « Une cour militaire juvénile spéciale a été mise en place en 2009, et selon le ministère israélien de la Justice, seuls ‘les juges ayant reçu une formation professionnelle pertinente, similaire à la formation proposée aux juges des cours juvéniles en Israël, sont qualifiés pour être juge juvénile’. »

L’accusation apparaît dans un rapport publié jeudi par HRW et intitulé « Mesures extrêmes : les abus contre les enfants détenus pour menaces à la sécurité nationale ». Il cite également un document de 2013 de la Commission des droits de l’enfant de l’ONU, qui affirme qu’Israël « a ‘totalement rejeté’ les recommandations précédentes pour se conformer au droit international. »

Mais cette accusation est également fausse, selon NGO Monitor. En février 2015, l’Unicef a publié un rapport sur ses relations avec le gouvernement israélien, citant « des développements positifs dans l’administration de la justice militaire juvénile. »

Le rapport « reflète clairement la priorité de l’agenda politique d’HRW sur la rigueur méthodologique et la diligence requise », a écrit NGO Monitor.

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