Un dirigeant juif autrichien se bat pour que l’extrême-droite ne gouverne pas
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Un dirigeant juif autrichien se bat pour que l’extrême-droite ne gouverne pas

Même s’il a demandé que le Parti de la Liberté n’entre pas au gouvernement, Oskar Deutsch “ne pense pas que l’Etat d’Autriche écoutera”

Heinz-Christian Strache, dirigeant du Parti de la liberté autrichien (FPÖ), et son épouse Philippa Beck pendant le dernier meeting de la campagne législative, à Vienne, le 13 octobre 2017. (Crédit : Joe Klamar/AFP)
Heinz-Christian Strache, dirigeant du Parti de la liberté autrichien (FPÖ), et son épouse Philippa Beck pendant le dernier meeting de la campagne législative, à Vienne, le 13 octobre 2017. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Le parti autrichien d’extrême-droite, le Parti de la Liberté, fera « probablement partie de la coalition », malgré les plaidoyers des Juifs pour que ce ne soit pas le cas, a indiqué le président de la communauté juive de Vienne.

Oskar Deutsch a fait cette prévision la semaine dernière, suite à l’élection du 15 octobre qui a vu le Parti de la Liberté arriver en troisième position, derrière le Parti du Peuple de centre-droit, dirigé par Sebastian Kurz, 31 ans, et le parti social démocrate.

« Je suis le président d’une toute petite communauté », a dit Deutsch, qui a appelé à l’exclusion du Parti de la Liberté du gouvernement avant et après les élections. Environ 7 000 Juifs vivent en Autriche. « Je ne pense pas que l’Etat d’Autriche écoutera – ou peut-être qu’ils écouteront, mais mon influence n’est pas très importante. »

La communauté juive d’Autriche a déclaré que le Parti de la Liberté, fondé dans les années 1950 par un ancien officier SS nazi, est teinté de tendances et de discours fascistes, et que le rejet public de l’antisémitisme par le parti anti-islam n’est qu’un vœu pieux.

Sebastian Kurz, au centre, à Vienne, en 2014. (Crédit : Bundesministerium für Europa, Integration und Äusseres/Creative Commons/Wikimedia)
Sebastian Kurz, au centre, à Vienne, en 2014. (Crédit : Bundesministerium für Europa, Integration und Äusseres/Creative Commons/Wikimedia)

Kurz a refusé d’exclure tout partenaire de la coalition particulier, déclarant qu’il ne s’associerait pas à un parti qui soutient l’antisémitisme ou porte un discours de haine, une définition qui peut – ou pas – s’appliquer au Parti de la Liberté, puisque son porte-parole et son dirigeant ont démenti que leur parti incite à la haine ou à l’antisémitisme.

Mercredi, Kurz a commencé à négocier avec les responsables du Parti de la Liberté sur un potentiel accord de partage du pouvoir, a annoncé lundi le quotidien Der Standard.

Deutsch, dont la communauté boycotte le Parti de la Liberté, comme le rabbin Pinchas Goldschmidt, qui préside la Conférence des rabbins européens, ont appelé Israël à lui aussi rejeter le Parti de la Liberté et ses cadres, qu’ils entrent ou non au gouvernement.

« Israël devrait chercher des alliés qui partagent ses valeurs fondamentales », a dit Goldschmidt, dont l’organisation a annulé une réunion de son conseil d’administration en 2000 à Vienne pour protester contre l’inclusion du Parti de la Liberté cette année-là dans la coalition gouvernementale autrichienne pour la première fois.

Le rabbin Pinchas Goldschmidt. (Crédit : Flash90)
Le rabbin Pinchas Goldschmidt. (Crédit : Flash90)

Même si l’organisation de Goldschmidt et d’autres associations juives internationales pourraient reprendre leurs protestations contre l’Autriche si le Parti de la Liberté rejoint son gouvernement, il a indiqué que travailler avec des responsables liés au parti pourrait être inévitable pour la communauté juive locale.

« Toute communauté juive doit travailler avec son gouvernement », a dit Goldschmidt, qui a présenté la semaine dernière au parlement européen un livre qu’il a écrit sur la montée de l’extrémisme.

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