Un document présente 9 exemples de l’antisémitisme de Corbyn au Labour
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Un document présente 9 exemples de l’antisémitisme de Corbyn au Labour

Un rapport de 53 pages écrit par le Jewish Labour Movement explique que la parti d'opposition britannique cultive un "antisémitisme endémique, institutionnel"

Jeremy Corbyn, chef du parti d'opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)
Jeremy Corbyn, chef du parti d'opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)

Le leader de la formation britannique du Labour, Jeremy Corbyn, est accusé par un groupe de son propre parti d’avoir pris personnellement part à des actes antisémites à neuf occasions.

Ces accusations sont présentées dans un rapport accablant de 53 pages établi par le Labour Jewish Movement – l’un des plus anciens groupes affiliés au parti – qui a été transmis à l’instance chargée d’enquêter sur la haine antijuive au sein du principal parti d’opposition, et qui évoque également l’échec de la formation à prendre en charge le problème de manière appropriée.

Les groupes juifs accusent Corbyn, politicien d’extrême-gauche, d’avoir permis une hausse massive de l’antisémitisme dans les rangs des Travaillistes – la formation qui était, dans le passé, le foyer naturel des Juifs.

Des milliers de cas de discours de haine présumés contre les Juifs ont été rapportés au sein du Labour depuis 2015, depuis que Corbyn a été élu à sa tête. Une enquête officielle a été par ailleurs ouverte sur la haine antijuive dans le parti par l’observatoire de lutte contre le racisme du royaume.

Les médias britanniques ont fait part de la diffusion du rapport dans la journée de jeudi – une semaine avant les élections générales où Corbyn va se présenter contre le Premier ministre en exercice Boris Johnson et son parti conservateur.

Le rapport du Jewish Labour Movement clame que la formation présente un « antisémitisme endémique, institutionnel » et qu’il y « de nombreuses preuves attestant du fait que les comportements antisémites pénètrent la formation à tous les niveaux », en détaillant d’innombrables exemples.

Parmi ces derniers qui impliquent directement Corbyn, l’écriture de la préface d’un livre qui affirmait que les Juifs contrôlaient les banques et les médias, les soutiens à un négationniste de la Shoah avoué et à d’autres personnes accusées d’antisémitisme, ainsi que le dépôt d’une gerbe sur la tombe de terroristes palestiniens qui avaient assassiné 11 athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de 1972.

Ce rapport élargi se base sur les témoignages de 70 employés actuels et passés du parti travailliste.

L’un d’entre eux a fait part de 22 occasions de violences antisémites durant des rencontres du parti, durant lesquelles il a raconté avoir été qualifié de « tueur d’enfants », de « Juif Tory » et « d’ordure sioniste ». Il lui a été également dit qu’il savait « faire avec l’argent » et que « Hitler avait raison ».

Des militants anti-israéliens manifestent en marge d’une réunion du Comité exécutif national du Labour à Londres, le 4 septembre 2018. (Stefan Rousseau/PA via AP)

Un autre employé travailliste a dit avoir entendu que « la seule raison pour laquelle il y a des prostituées à Seven Sisters, c’est les Juifs ».

Seven Sisters est le nom d’une station de métro desservant le quartier juif de Stamford Hill, qui compte une importante population juive]

Des réunions ont été par ailleurs organisées pendant Shabbat, journée juive de repos, même après que des Juifs aient déploré ne pas pouvoir s’y rendre, a témoigné un autre.

Le rapport accuse également le parti de tenter de « maintenir le secret autour de l’ampleur des plaintes pour antisémitisme qu’il n’est pas parvenu à prendre en charge », et d’avoir aussi essayé d’entraver l’enquête sur le problème.

Un porte-parole de la formation a répondu aux médias britanniques que « ce document comprend des affirmations infondées sur la charge de travail du personnel actuel et des allégations mensongères au sujet des cas actuellement traités. Le parti du Labour n’est pas antisémite au niveau institutionnel et les plaintes ne concernent qu’une petite minorité des membres. Nous avons significativement réformé nos procédures au cours de l’année passée ».

Une grande partie des inquiétudes suscitées par Corbyn ont été attisées par des révélations qui ont émergé depuis qu’il est devenu chef du Labour. L’homme avait ainsi qualifié le Hamas et le Hezbollah « d’amis », il avait pris la défense d’une fresque antisémite qui avait été réalisée dans l’est de Londres, et il a semblé montrer sa volonté de se lier avec des antisémites, des terroristes et des négationnistes de la Shoah.

Le ministre des Affaires étrangères israélien a déclaré jeudi qu’il espérait que Corbyn ne serait pas élu lors du prochain vote.

« J’espère personnellement qu’il ne sera pas élu », a dit Israel Katz au micro de la radio militaire concernant le scrutin du 12 décembre. Il a cité, pour justifier son opinion, une vague d’antisémitisme que Corbyn « ne renie pas ».

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